L’EXAGÉRATION DE LA PRESSION ARTÉRIELLE
paroxystiques, llatrouvé que, pendant l’aura, elle pouvait être augmentée de 50, 150 et' même 200 grammes par rapporta l’état normal. Au cours des paroxysmes: vertige, accès, ou même exaltation psychique, la pression reste élevée. Après l’accès, sauf quelques cas rares où il existe de l’excitation post-convulsive, il se produit un abaissement très notable de la pression qui peut atteindre 200 grammes et exister encore, à un certain degré, sept ou huit heures après l’accès. A la suite d’états de mal terminés par la guérison, M. Féré a observé plusieurs fois une dépression qui dépassait 350 grammes (1).
Il existe donc toujours une exagération considérable de la pression artérielle pendant les paroxysmes des épileptiques, expérimentalement démontrée par Vulpian et cliniquement par Féré chez les animaux et dans l’espèce humaine.
Les stigmates de sang chez les épileptiques. — Cette notion doit être très présente à l’esprit du médecin, car elle règle les cas d’urgence. L’augmentation de la pression artérielle se révèle d’ailleurs parfois ostensiblement, pour ainsi dire, par des manifestations qu’il est indispensable de bien connaître pour le diagnostic positif de certains cas d’épilepsie qui, sans cela, risqueraient de rester toujours ignorés. Lorsqu’on les constate, elles fournissent, en outre, des indications de thérapeutique un peu spéciales; elles incitent à prendre des précautions contre l’exagération de la tension artérielle plus marquée dans ces cas particuliers et qui peut devenir alors un danger.
11 n’est pas rare, en effet, de voir apparaître chez certains sujets, au sortir des accès, des sugillations, de véritables ecchymoses siégeant particulièrement sous forme de points d’un rouge noirâtre, d’ilots qui peuvent se réunir en nappes, à la face, au cou et même sur la région thoracique antérieure. J’ai pu, uniquement en considérant ces stigmates, faire à plusieurs reprises le diagnostic d’accès nocturnes d’épilepsie qui étaient jusque-là restés complètement méconnus. Je citerai notamment l’histoire d’une dame de quarante ans environ, qui vint me consulter exclusivement pour des
(1) Ch. Féré. — Les Epilepsies et les Epileptiques , 1890, p. 217.