VII. — LA SUPPRESSION DE LA DOSE SUFFISANTE DE BROMURE
Ceci dit, après avoir exposé comment il faut procéder pour en arriver à établir et à faire tolérer la dose de bromure qui suffit pour éloigner d’abord, pour faire disparaître ensuite les accès, sans trop nuire à l’économie générale des sujets et les empêcher de vaquer à leurs occupations habituelles. Après avoir signalé les moyens adjuvants qui peuvent servir à faire tolérer le traitement dans les cas difficiles, et indiqué comment il faut agir chez ceux où l’intolérance est exceptionnelle, sous quelque forme qu’elle se présente, je suppose que les accès, les vertiges et les absences aient complètement disparu. Que faut-il faire alors?
Supprimer la thérapeutique? En aucune façon. Si on agissait ainsi, il est certain qu’un paroxysme ne tarderait pas à reparaître, et alors tout serait à recommencer. On continuera tout simplement à surveiller le traitement et à faire tolérer au malade, dans les meilleures conditions, la dose suffisante de bromure. On se basera, puisqu’il n’existe plus de crises ni de petit mal, sur l’état général et surtout aussi sur les signes fournis par l’état des pupilles, qui seront d’une très grande importance dans l’espèce.
A ce propos, je dois faire remarquer que la dose jusqu’ici jugée suffisante aura certainement besoin d’être un peu augmentée pendant cette période où il n'existe plus d’accidents, où la maladie est étale, pour ainsi dire. L’organisme s'habitue au bromure et il faut toujours craindre la venue d’un nouvel accès qui serait désastreuse. Je dois répéter, d’ailleurs, que cette augmentation n’est jamais de grosse importance : 1 ou 2 grammes, 3 au maximum, à dater du moment où s’est montré le dernier accès, jusqu’au jour où l’on décidera de commencer <i diminuer la dose pour en arriver à la suppression définitive du bromure.
PÉRIODE DE DIMINUTION ET DE SUPPRESSION DE LA DOSE SUFFISANTE DE BROMURE.
Quand faut-il commencer à diminuer le bromure? J’ai pour règle presque absolue de n’abaisser la dose suffisante qu’un an après la disparition de la dernière manifestation du mal comitial, quelle qu’elle ait été: état de mal, accès, absence ou vertige. Peut-être pourrait-on commencer vers le huitième ou le dixième mois si, avant et pendant le traitement, les crises avaient été légères et espacées. Chaque cas, à ce sujet, mérite une appréciation particulière. On n’a aucun intérêt à aller trop vite; il faut à tout prix éviter le retour d’un accident, si petit qu’il soit. On tiendra compte particulièrement de ces considérations, en ce qui regarde les cas où les paroxysmes ont toujours été espacés. Ces derniers, je l’ai dit, nécessitent un trailement aussi sévère et peut-être encore plus prolongé que les cas à accès rapprochés.
Je dois dire, d’ailleurs, qu’à cette époque le traitement est généralement très bien supporté. En considérant la moyenne, on voit que, le jour où s’est montré le dernier accident, les malades prenaient déjà du bromure depuis dix à quinze mois, quelquefois moins, quelquefois plus. Ils se sont habitués au médicament et le tolèrent. On a pu remédier facilement aux accidents généraux dès le début du traitement, en procédant lentement dans l’établissement de la dose suffisante. Quant aux accidents locaux, ils sont ordinairement précoces et ce n’est pas, à cette période, qu’ils se montreront s’ils n’ont pas déjà fait leur apparition et entravé, dans des limites plus ou moins étendues, le traitement.
On dira tout cela aux malades, surtout à ceux qui ont une hâte marquée de cesser la cure. Ce sera un excellent encouragement, pour eux, à la continuer pendant le laps de temps que le médecin seul pourra juger suffisant, sans défaillances qui compromettraient tout le succès d’un traitement déjà si prolongé.
Lorsque, dans ces conditions, les accidents, quels qu’ils soient, n’ont pas reparu depuis une année, on sera en droit de diminuer la dose. On en est alors vers la deuxième année de la cure. Les accès ont mis dix à