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LA SUPPRESSION DE LA DOSE SUFFISANTE

douze mois à disparaître, quelquefois plus, quelquefois moins; on s’en est tenu, pendant un an, à la dose suffisante et, pendant cette période, il n’est survenu aucune manifestation du mal.

Quelles règles à suivre pour opérer cette diminution qui doit conduire à la suppression définitive du bromure ? D abord, la diminution doit être progressive, comme l'élévation a été croissante pour obtenir l’établissement de la dose sullisante. On se basera sur celleci, sur la quantité de bromure absorbée, la troisième semaine, un an après la disparition du dernier accident, et l’on diminuera de 1 gramme par chaque période de trois semaines ultérieures.

Si, par exemple, la dose de bromure est de 6, 7 et 8 grammes, la diminution progressive devra porter sur huit périodes de trois semaines, soit environ six mois. On donnera donc 5, 6 et 7 grammes pendant la première période de trois semaines de la diminution. On se rappellera que chez les femmes qui auraient leurs crises surtout au moment des règles, la période devra être de quatre semaines comme au moment du traitement où était maintenue, de cette façon, la dose suffisante. D’une façon générale, afin de parer à toute éventualité, je continue pendant la deuxième période de la diminution la même dose que pendant la première : le sujet y prendra donc encore 5, fi et 7 grammes de bromure.

Le malade sera observé de très près, afin de noter très exactement si une absence, un vertige, ne viendraient pas à reparaître, auquel cas il faudrait reprendre le traitement. Cela se voit surtout chez les sujets à accès très espacés, qui, je l’ai dit, réclament une thérapeutique aussi sévère que dans les formes moyennes. J’ajouterai, d'ailleurs, à ce propos, que dans la cure du mal comitial soigneusement instituée il faut, à chaque instant, s’inspirer des conditions individuelles que seul un médecin exercé peut judicieusement apprécier.

Puis on diminuera encore de 1 gramme lors de la deuxième ou mieux de la troisième période, puisque j’ai dit qu’il était préférable de ne diminuer que de 1 gramme en six semaines. Le sujet prendra donc 4, 5 et 6 grammes, puis 3, 4 et 3 grammes.

La dose de bromure absorbée devient, dès lors, rela-

tivement minime, comparativement à celle que 1 on donnait quelques mois auparavant.

Aussi dois-je ici faire une remarque. C’est parfois le malade qui demande à aller moins vite dans la diminution progressivement décroissante. Il tolère très facilement la dose actuelle qui va, d’ailleurs, en diminuant toutes les trois semaines. Il a appris à avoir confiance dans le bromure qui a d'abord espacé les crises, puis les a fait disparaître. Il éprouve une certaine hésitation à se séparer du médicament, de peur de voir reparaître les accès dont il gardera toute sa vie le terrifiant souvenir.

J'en connais qui, pendant plusieurs mois après la suppression définitive du bromure, ont continué à en prendre de faibles doses, à mon insu, et ne m’ont révélé que, plus tard, cette petite supercherie, qui n'avait d’ailleurs aucune importance. Les uns avaient persisté à en absorber 1 ou 2 grammes par jour ; d’autres 1 gramme tous les deux jours, d’autres 1 ou 2 grammes deux fois par semaine. On pourra, si l’on veut, procéder ainsi par quelques interruptions et reprises successives, avant de supprimer les deux derniers grammes.

En résumé, la durée du traitement par le bromure d’un cas moyen, qui marche progressivement vers la guérison sans trop d’inconvénients, sera environ de deux ans à deux ans et demi. On comptera dix à douze mois pour en arriver à la suppression des accidents, un an de période étale, et six mois de diminution progressive. Quelquefois les accès disparaissent complètement dès le début de la cure lorsqu'on a eu la main heureuse et que la dose suffisante a été rapidement atteinte. Sa durée en est d’autant diminuée.

Je donne ici les résultats de mon expérience personnelle, au sujet d'un traitement qui, je l’ai dit, est toujours rendu varié, quoique restant au fond le même, de par les conditions individuelles. Je ne parle, bien entendu, que des cas favorablement influencés, car malheureusement, il en est qui sont rebelles au traitement pour les diverses raisons d’ordre général ou local que j’ai déjà exposées. Je considère cependant ces cas comme exceptionnels, comme beaucoup moins nombreux qu’on a pu le dire. C’est dans ces circonstances que trouvent très fructueusement à s’exercer les qua-

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