LA SUPPRESSION UE LA DOSE SUFFISANTE
lilés du médecin qui a appris à bien connaître la thérapeutique à opposer à l'épilepsie, s’y exerce tous les jours — car ce n’est pas une maladie rare à rencontrer, — en sait tous les détours, et lui oppose tous les adjuvants qu’il possède dans les cas difficiles ou exceptionnels.
Les équivalents psychiques après certains cas de guérison. — En dernier lieu, je désire attirer l’attention sur un cas particulier que j'ai déjà signalé dans une autre publication, relative, elle aussi, au Lraitement de l’épilepsie (1). « Il est des malades, y disais-je, qui ont vu disparaître leurs accès sous l’influence du bromure et véritablement n’ont plus besoin du médicament. Ils sont guéris et, quoi qu’on ait pu en dire, la guérison est réelle. Je pourrais en citer plusieurs chez lesquels elle se maintient ainsi assurée depuis des années.
a Mais il en est d’autres aussi — et ce sont ceux-là que j’ai principalement en vue en ce moment — qui, à la vérité, sont guéris de leurs accès, mais chez lesquels se développe, dans ces conditions, un état mental particulier. Ils n’ont plus de paroxysmes, mais leurs crises ayant définitivement disparu, leur état psychique s’est modifié. Ils sont coléreux, irascibles, et présentent de plus, par intervalles, des exaltations passagères de cette excitation cérébrale qui est devenue, pour ainsi dire, leur état normal. Ils semblent, de ce fait, revenus à cette période agitée de l’enfance qui a précédé, parfois pendant des années, l’apparition des accès francs.
« Chez ces sujets, l’administration continue du bromure ne donne plus de résultats bien marqués. Il n’en sera pas de même, toutefois, si vous prescrivez le médicament par périodes interrompues coïncidant avec les phases d’excitation cérébrale dont je viens de vous parler. Administrez dans ces cas le bromure à la dose de 3 à 4 grammes par jour, par exemple, pendant quinze jours consécutifs, jamais moins, quelquefois un mois, et vous obtiendrez de bien meilleurs résultats que si vous n’aviez pas interrompu le traitement. Commen-
(1) Gilles de i.a Tourette. — Leçons de Clinique thérapeutique sur les Maladies de système nerveux. — Diagnostic et traitement de l’épilepsie, 3° leçon, p. 152 ; in-8°. Paris, 1898.
cez le dès que vous soupçonnerez que 1 excitation va se produire, et ne le cessez que quinze jours environ après que cette dernière sera définitivement tombée.
« Vous le voyez, le traitement du syndrome épilepsie n’est pas chose facile. Il exige, de la part du malade une grande soumission aux prescriptions du médecin et, de la part du médecin, non seulement une certaine pratique de la médication, mais encore une observation constante du sujet, une attention de tous les instants, nécessaires pour mener à bien une cure dont, je vous l’ai dit, le bromure fera presque toujours, à lui seul, tous les frais. »
Lorsque le bromure auraété complètement supprimé, l’épileptique qui est guéri de ses manifestations convulsives ou autres ne devra pas, pour cela, négliger complètement les règles de l’hygiène un peu particulière qui lui avaient été prescrites. Il continuera à vivre au grand air, à éviter les endroits surchauffés. Il veillera à la régularité des fonctions digestives et intestinales. 11 se gardera de la fatigue morale et physique.
Le mariage des épileptiques. — 11 en est chez lesquels il ne reste véritablement rien de leur mal et qui vivent dès lors de la vie commune, ordinaire. Bien des questions peuvent alors se poser, et Tune des plus graves est celle du mariage , lorsqu’ils sont encore jeunes. A ce sujet, il est difficile d’émettre une opinion générale, car chaque cas doit être considéré en particulier. Il faudra tenir compte des conditions tant physiques que morales inhérentes à chaque sujet. Les conditions sociales interviendront souvent aussi dans la solution de ce problème qui, autrefois, était toujours tranché par la négative. Il est vrai qu’alors l’épilepsie était considérée comme une maladie essentielle, sui generis , justiciable presque toujours, en cas de mariage, de 1 hérédité similaire ou au moins de l’hérédité nerveuse de transformation.
Aujourd’hui, je l'ai dit, la question se pose d’une façon un peu différente. L’épilepsie n’est plus la maladie fatale que l’on pensait alors, c’est un accident dans la majorité des cas. Mais c’est un accident grave qui, même lorsqu’il est, ou mieux lorsque ses etfets sont guéris, ne laisse pas moins une cicatrice dans le cerveau de l’ancien malade. Entre l’épileptique guéri