LA VALEUR THÉRAPEUTIQUE I)U BROMURE
ration bromurée ou de loule autre solution. Une division intercalaire portant 7 grammes 50 centigrammes indique la demi-cuilleée à souper ou demi-gramme de bromure.
J 'ai dit que le bromure devait être pris à heures convenues, car, chez certains malades, le moment de l’administration peut avoir une assez grande importance.
Deux cas, en elTet, sont à considérer : dans le premier, le plus fréquent, les accès surviennent au hasard, à des heures indéterminées. On donnera alors la ration quoti dienne de bromure en deux fois : le matin au petit déjeuner et le soir après le dîner, ou, de préférence, au moment du coucher. La dose sera divisée par parties égales. Si cette dose était très élevée, de 8 à 10 grammes par exemple, on pourrait la diviser en trois prises au lieu de deux, la seconde étant absorbée à la fin du repas de midi.
Dans le second cas, lès accidents comitiaux reviennent à heures à peu près fixes. On devra alors, si possible, lorsqu’on a noté celte habitude, donner d’un seul coup les deux tiers de la dose, dans les deux heures environ qui précèdent l’apparition présumée de l’accès.
Par exemple, il est des malades chez lesquels les accès sont toujours nocturnes. Si la dose quotidienne est de 6 grammes, on donnerai grammes le matin et 4 grammes au. coucher. Si les accès reviennent le soir, on fera prendre la plus grande quantité au goûter de quatre heures; ainsi de suite suivant les circonstances. L’essentiel, dans tous les cas, est d’administrer la dose suffisante, et cela sans interruption d’un seul jour. Il
LA DOSE SUFFISANTE DE BROMURE
est certain que les accès sont favorablement influencés par une forte dose de bromure donnée peu de temps avant leur apparition présumée.
Association d’un antiseptique. — On remarquera encore que, dans la formule que je viens d’indiquer, le benzoate de soude est associé, dans une certaine mesure, à la préparation bromurée. On admet généralement, en effet, depuis les recherches de M. Ch. Féré, que l’adjonction d’un antiseptique au bromure régularise l’absorption de celui-ci, probablement en neutralisant les fermentations intestinales, ce médicament produisant assez souvent une légère atonie de l’intestin. De cette façon, on pourrait modérer quelque peu, et peut-être aussi prévenir, les éruptions cutanées qui sont parfois un obstacle au traitement, par les complications désagréables qu’elles entraînent avec elles et que nous aurons à étudier.
De ce fait, divers antiseptiques ont été préconisés. M. Féré a d’abord conseillé le salicylate de bismuth à la dose quotidienne de 2 grammes, et le naphlol 3 à la dose de 4 grammes par jour. J’ai essayé de ces deux antiseptiques, mais j’ai dû en rejeter l’emploi. Tous les deux sont à peu près insolubles dans l’eau. On ne peut donc les faire absorber en même temps que le bromure, dans une solution aqueuse, qui est la moins offensante de toutes pour le tube digestif, et doit être préférée dans le traitement des épileptiques. La cure par le bromure étant longue et minutieuse, il est inutile de la compliquer en donnant, d’une part, le bromure en solution, et, de l’autre, un antiseptique en cachets, par exemple Enfin, le naphtol [3 et le salicylate de bismuth se dédoublent en phénol qui influence toujours défavorablement l’épithélium du rein, ce qui nuit à la diurèse, qu’il faut constamment chercher à rendre la meilleure possible, de façon à éviter l’accumulation du bromure en favorisant son élimination.
Le benzoate de soude. — Dans ces conditions, je crois qu’il faut choisir un antiseptique soluble, non toxique par son dédoublement, susceptible d'être incorporé à la solution aqueuse bromurée. J’ai fait a ce sujet de nombreuses expériences avec le benzoate de soude. Celui-ci est un antiseptique Irès puissant. Dans le tableau dressé par M. Miquel, où les antiseptiques sont