‹ Le Traitement Sanglant Des Fractures De JambeChapitre 18 sur 26 · RÉSULTATS DE L'INTERVENTION SANGLANTE · texte numérisé non relu

RÉSULTATS DE L'INTERVENTION SANGLANTE

Certains auteurs, Lane, Roux, signalent la cessation de la douleur, comme première conséquence de l'opération, par suite de la suppression de l’épanchement sanguin, de

limmobilisation des fragments et de la sédation de la con-

tracture musculaire qui en résulte. Nos malades ne se plai- ; gnaient pas de bien vives douleurs avant l'opération, aussi ne pouvons-nous pas, pour notre propre compte, confirmer

l'importance de ce premier fait.

On peut voir, pendant les premiers jours qui Suivent ETS

l'opération, apparaître une élévation de température d’in-

tensité moyenne qui pourrait alarmer un chirurgien non

prévenu et lui faire craindre l'infection du foyer de frac- LU

ture. On sait aujourd'hui que les épanchements sanguins

aseptiques peuvent provoquer de la fièvre. Loro, se basant

sur 9 observations de fractures accidentelles, et sur 16 fractures expérimentales chez les animaux, conclut que

dans 75 ‘/, des cas de fractures fermées apparaît une éléva-

tion thermique, un ou deux jours après la production de la fracture ; elle est d'intensité moyenne et proportionnelle à

l'importance de la lésion ; elle apparaît sans frisson, ne re-

ES + é Pad ot de LRO tenti pas sur l’état général et ne dure pas plus de cinq rs. La constatation de la fièvre entraînera donc le chirurgien à examiner le pansement; si la plaie est normale, sans rougeur, si la jambe n’est ni enflée, ni douloureuse, il laissera les choses en l'état et se gardera de toucher à la __ plaie. En quelques jours, la température tombera d'’elle- même. 4 L'existence de signes d'infection locale obligera le chirurgien à ouvrir et à diviser largement la plaie. Nous n’a- __vons jamais observé cette complication dans le service de M. Tuffier pendant l’année qui vient de s’écouler; toutes les réunions ont été obtenues d'emblée, sans drainage, ce qu’il faut attribuer en première ligne à l’organisation du service qui permet de réaliser une asepsie à peu près abso- * lue, si l’absolu peut être réalisé en pareille matière. Dans ; l’année qui a précédé, l’installation était imparfaite, et dde. M. Tuffier a eu un cas de suppuration (obs. IT) ; grâce à des 2 soins actifs, quoique très simples, ce malade a très bien | guéri, avec un résultat aussi bon que ceux des malades non re infectés et il conserve notamment ses fils métalliques Æ de suture. Un point essentiel est de ne point retirer le mem- 2 bre -de l'appareil plâtré pour faire les pansements, afin. 2 d'éviter les heurts et les petits traumatismes que la mobi- 2 lisation du membre ferait subir au foyer. La gouttière pla- 5e trée convient très bien pour cela.

La suture des os, en les mettant bout à bout, facilite la consolidation et la rend rapide. Roux de Brignolles signale des guérisons au bout d'un mois et même en moins de temps ; d’autres ont observé que la durée de réparation est, diminuée d’une ou deux semaines. M. Tuffier nous a enseigné qu'il ne faut pas-enlever l'appareil plâtré avant deux mois pour laisser au cal le temps d'acquérir toute sa soli-

ait Au bout de deux Mois, dans les fhabtares opérées.

est très appréciable, si l’on.

tures à déplacement considérable et qui auraient misun temps plus grand à se consolider, si on les avait aban= données à elles-mêmes, On sait, en effet, que si les fractures à faible déplacement se consolident en 40 ou 50 jours, les

façon précoce, la solidité étai Pete parfaite. Ce résultat

fractures à grand chevauchement exigent souvent 3, D 7 mois, comme nous en avons observé maints exemples.

La longueur du temps nécessaire à la consolidation, après

la suture, varie notablement, selon qu'il s agit de fractures

nge qu'il s'agissait de frac=

es

récentes ou de fractures anciennes. Après la suture de frac

tures récentes la consolidation est acquise au bout de deux mois ; après la suture tardive, les fragments cicatrisés, à vitalité affaiblie, à périoste dégénéré et fibreux, possèdent sans doute un pouvoir ostéogénique amoindri, car dans les

trois cas que nous rapportons la consolidation a exigé plu-

sieurs mois (Obs. VIIT, IX, X).

Cette consolidation dans les fractures imparfaitement coaptées se fait à la faveur d’un cal, qui est d'autant plus

gros que la déplacement était plus étendu. L'observation des

faits a montré à Lane qu'il suffit de constater l'existence d’un cal pour affirmer que la réduction n'a pas été parfaite. Or, notre expérience confirme entièrement l’opinion du chirurgien anglais. Lorsqu'il y a réunion bout à bout, le cal

n'existe pas, la soudure des os se fait sans saillie osseuse

ou avec une saillie visible seulement à la radiographie ; à la palpation le tibia est droit, lisse et comparable à celui du côté sain, comme on peut le voir indiqué sur la presque totalité de nos observations de suture précoce. L'absence de cal ne peut que jouer un rôle favorable, puisque le squelette récupère sa forme normale et surtout

cm Re

les muscles ne sont pas gênés tune leur fonctionnement. LR DUAÉES Ho des fragments n'offre pas le os PEN ie racCOUr:

se. ni fractures obliquées (nous en avons vu unde 8 centimètres SÉ à l'asile de convalescence de Vincennes). Dans toutes les ci observations de suture précoce que nous rapportons, la S mr jambe mesurée du plateau du tibia à la pointe des malléoles Fe

4 offrait. exactement les mêmes dimensions que du côté sain, : e exception faite bien entendu pour les sutures lardives dans lesquelles des résections osseuses durent être pratiquées. Cette restitution au squelette de sa longueur normale présente, en dehors du côté esthétique, l'avantage de supprimer la boiterie et d'empêcher la fatigue des articulations du mem -

Bo à bre qui peut en résulter. = Re En examinant les fragments avec le secours dé la La

radiographie, on voit encore que les fils du suture sont fe englobés par la légère exubérance du tissu osseux et qu'ils : sont parfaitement tolérés par les tissus. Nous devons nous empresser d'ajouter que cette tolérance n'existe que pour les corps étrangers de faibles dimensions, fils pe d'argent et de bronze d'aluminium, chevilles d'ivoire ; dans aucun cas on n’a dû secondairement les enlever, ils 4 sont tolérés parfaitement et même chez certains malades * depuis deux ou trois ans. Nous avons déjà dit qu'ils restent

chez un blessé, malgré une suppuration assez abondante quiles a sûrement infectés. Dans aucun cas ils ne sont le

siège de douleurs, à moins qu'on ne presse fortementsur eux

à travers la peau. Les malades n’en sont pas incommodés.

1) NE NC

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