GE AT
OSERVATION IX
Fracture simple oblique de la jambe droite. Insuccès de deux ten- D Re tatives de réduction sous chloroforme. Pseudarthrose. Acvivement ANR et suture. Consolidation (fig. 14 et 14 bis).
Mme Lacr..., femme Brif..., âgéede 33 ans, entre le 21 avril 1902 à l’hôpital Beaujon, dans le service de M. Tuffier, pour une
QU
el d re est Ha #e sa \ehs dore S est ee sous 4e Pr e elle se relevait, la jambe a heurté l'angle du bois du &
t fracturée par action directe. La malade a senti un cra= ement etn'a plus pu s'appuyer sur sa Re qui, le lendemain, nflait et était douloureuse. RHODES
On constate une fracture des deux 0 & la jambe droites. Ce L’'interrogatoire révèle chez la malade : une rougeole dans l'en- | nce ; la fièvre typhoïde à 12 ans: jusqu’à 18 ans santé précaire. , 15ans survient une attaque épileptiforme; quatre. autres attaues de. 15 à à Fee ans. Dès. ce Ne leur A itee S “accroît et, LES
‘que attaqne ‘présente 1 no suivants: malaise, puis cri Hit HO et perte de connaissance ; DOVE coniques | modérés ; ; miction
- Fig. 14.- -— Fracture oblique des deux-0s : a, vue de face; b, vue de ee
critique ; morsure dé la langue ; retour rapide de la connaissance Fe
et finalement céphalée persistante. 5
À 95 ans, là malade a éu un enfant qui.est resté bien portantssans S
cidents nervéux. ,
Pas d’antécédents syphilitiques. Aucun signe de tuberculose. Pas d’aleoolisme.
Ses parents, ses frères ébnt bien portants.
Le palper permet de nn atee une fractire: des der geant à l'union des tiers moyen et inférieur, occupant | niveau sur les deux os, offrant sur le tibia un trait oblique e en dedans. Gros épanchement sanguin dans toute la Ms Pas. HÉROS
le tibia et le péroné sont fracturés à égale te Le péroné pr sente aussi une fracture transversale au pres de la base ne” il
et se dirige ensuite nent en haut et en dehors. Le péroné es donc divisé en trois fragments. Sur le tibia le trait se dirige en bas et en dedans; le fragment inférieur chevauche fortement en dehors
7 > Fig. 14 bis, — D même que dans la fig. 14: à vue de face, b, vue de profil, as a après deux tentatives de réduction sous chloroforme. — €, vue. 3 M de face après la suture. re
et en avant du fragment supérieur ; ; à la face postérieure de celui-ci apparaît une esquille haute de cinq centimètres environ, large de moitié; — de profil on reconnait encore mieux le dd en avant du fragment inférieur ; le péroné est nettement divisé en trois fragments; enfin l’esquille se détache très bien en arrière du fragment supérieur. A Le 25 avril, un appareil plâtré est appliqué s sous le sommeil chloroformique poussé à fond et après des tentatives énergiques de
ré ns Une épreuve radiogrephique montre. la qullité, * résul= re
È Le te osseux sont bien ne suivant le même axe ver- tical; mais les fragments inférieurs sont transportés en dehors des :* fragments supérieurs et ils sont élevés de sorte que les surfaces de section sont séparées par une distance verticale de 3 centimètres. De plus les fragments osseux sont en contact par leur surfaee. périostée et les surfaces de section répondent aux muscles. Pas la moindre apparence de cal osseux unissant les fragments. Opération par M. Tuffier, le 19 juin. — Chloroforme, incision de
__ 10 centimètres sur la face interne de la jambe. On arrive sur le foyer de fracture. La disposition des fragments est exactement telle
que l'avait indiquée la radiographie. "
Le fragment inférieur est transporté en dehors du supérieur et élevé. Les surfaces de fracture des deux fragments n’ont entre elles aucun rapport. Le trait de fracture est oblique en bas et en dedans.
Il n’y a pas d’interposition musculaire; chacun des deux fragments - osseux s’est comporté comme il l’aurait fait dans un moignon d’am- putation. La surface de section des os s’est recouverte d’une cica- à trice fibreuse qui la coiffe, sans prolifération osseuse. Ce tissu Ra fibreux envahit en partie les masses musculaires voisines et main- $ tient fortement les fragments osseux au contact. re
Les fragments se touchent par leurs faces couvertes de périoste. 2e. Entre eux est un faible tractu fibreux. | |
Les deux fragments sont mobiles l’un sur l’autre dans le sens transversal, mais il est impossible d’abaisser le fragment inférieur AE & tant la transformation fibreuse du tissu voisin est dense. Il faut dé- EE
gager très loin les deux fragments osseux, à l’aide du bistouri, pour pouvoir les mobiliser.
Après libération très étendue des fragments, les tractions énergié giques sur le pied ne modifient pas lasituation du fragment inférieur.
; » ë AT $ VAR UE, APE Il faut agir directément suy lui par les daviers pour l’abaissèr le transporter en bonne positon au contact du fragment supériet L'avivement des extrémités osseuses est obtenu en réséquant un centimètre sur chaque surface, en respéctant la forme des fragments. \ Puis les fraägménts ramenés en bonné position sut immabiliséé par le davier spécial. On procède alors à la fixation des fragments. On fixe d’abord un lién circulaire avec un double fil de bronze d'aluminium (n° 40) sur le frägment inférieur, parce que, pendant les manœuvres de traction, le tracteur ayant dérapé, uné lame os- Ÿ seuse à été arrachée. Les fragments sont immobilisés par deux cir- cülaires de bronze d'à nait: enserrant les extrémités taillées en x bec de flûte. £a consolidation ést achevée én enfonçant dans les deux ; fragments deux chévillés d'ivoire qui se croisent. Le FARMER inférieur est alors solidément immobilisé.
Süture de la peau sans drainage. Pansement aseptique. Appareil plâtré ordinaire. ee TA radiographie montre (fig. 14 bis, c |: de Jaté, que la réduction est bonne, quoique incomplète : les feat du péroné chevauchént, parce qu’on a dû réséquér du libia ; de profil: le tibia forme une ligne bien droite.
Réunion per primam.
| Le 9 äoût, consolidation imparfaite, quoique très marquéé. Le 28 août, on permet à la malade dé marcher avec un appareil siliëS caté. Sur les indications de M. Hennequin on lui prescrit, de man- F ger dix morceaux dé sucre par jour. Là consolidation paraissant ‘ encore im parfaite, le 10 septembre, on laissé l'appareil silicaté. Il # est enlevé le 6 décembre. Consolidation.
A La malade est revue le 9 mars 1903. Elle marche sans fatigue, à aussi bien qu'avantl’sccident ét présente seulement uüe légère claudication due au raccourcissement, quänd elle märche nu-pieds. Avec un soulier à semelle épaisse ét une talonnette, la cläudication disparaît. nl A l’examen, lé tibia est droit et réguliét, sans le moindre épaisissement formant cal. À la mensuration la jambe fracturée est raccourcie de ? cent.
Fe OBSERVATION D,
ictéure Fériide Fétoudéte de la jambe aroite avec À pénétrattér articulaire. Insuccès des tentatives de réduction ous” Er forme. Pseudarthrose. Suture osseuse. Lenteur de la consoli-
dation r (Be 45 et 1 LE
LS
je nommé eh âgé ds 45 à ans. ‘entre le 2 pa 1902 à vhôpte pital Beaujon : dans le service de M. SEMERES TS de 0 Il raconte que la veille, ayant mis par mégarde le pied sur Fr “hate attachée à une charrette « en marche, il est tombé surle côté sr Quand on le relève, le patient constate qu ‘il à la jambe droite cassée. [l ne Don dire si son pied à été tordu dans la chute. | Le patient n° à LISE été malade ; de n’a ot eu Ja syphilis ; il
Fig. 15. — 4, vue de face ; LA vue de profil après les tentatives de done j l'aspect est lé mêine qu ‘avant: — ce, vue de face; à, vue dé, profil deux mois après la mise de l'appar eil plâtré,
déclare n'être pas alcoolique. Il est robuste et semble très bien por- a
tant. 2 L'examen clinique montre qu'il existe une fracture des deux os +04
de la jambe droite siégeant à l’union des tiers inférieur et moyen. L
4 image radiographique est des plus instructives. Sur l' image, DEN
prisé de face, on voit que le trait est, sur le péroné, oblique en bas
-et en dehors ; sur le tibia il est dirigé de même ; il se continue sur
- la partie postérieure du fragment inférieur et aboutit à |’ articulation
Se pros RACE c'est pen a type de fracture à r > ressant l'articulation. RE Re É Sur l'image de profil le fragment péronier “inférieur. chem AE du supérieur ; le trait de fracture tibial est oblique en en avant ; le fragment MMIÉFIQUE Fe en arrière du supéri
lante en arrière. | > :
On applique un appareil AUS ue sous rom av ne tractions SpEre aps et continues sur le pets et le genou ; trois De
le même état qu Dir sans qu’on puisse invoquer. Ja plus pètite réduction dans le sens de la longueur du merñbre. Le déplacement et le chevauchement des fragments restent les mêmes.
Fig. 15 bis. — La même que dans Ja fig. 15: a, vue de face; D, vue de profil après après avivement ct agrafage. L'abaissement du F. I. na à pu être obtenu à cause de la cicatrice fibreuse. LÉ
Au bout de 55 jours, ablation du plâtre se examen du membre. La jambe n'est pas consolidée. Mise d'un nouvel appareil que le malade garde deux mois ; il passé en même temps ?8 jours à l'asile de | Vincennes. Le malade revient, et on constate qu'il n'y a pas de consolidation. L'examen radiographique (fig. 15, c et d) pratiqué à ce moment montre l'existence d’un espace clair entre les deux fragments tibiaux ; il n’existe pas de travées osseuses dans le VOISIS
nage ; le trait spiroïde du fragment inférieur n'apparaît plus ; quant au déplacement des fragments, il n'a pas été modifié.
Le malade sort de l'hôpital ; il marche à l’aide de béquilles, sans
ne Re D Rchrdion dans son état et qu 1 ) ut prendre aucun sur le membre blessé. M. Tutfier M ÉSER
deux à trois re Chaque fragment s’estdonc cica- trisé comme le fait l'os dans un moignon d'amputation. La mobilité du fragment inférieur est assez considérable. | A On ne peut invoquer pour expliquer cette pseudarthrose la moindre ee interposition musculaire.
= M. Tuffer détache à la rugine le tissu fibreux ; il fait même sau- __ ter un léger copeau d'os sur chaque fragment jusqu’à ce qu'il ren- = contre le tissu osseux saignant. Il est impossible de corriger le che- 748 vauchement, les fragments étant maintenus dans leur Fi GI TG USE pouvant en être écartés. ; L'avivement fait, M. Tuffier immobilise les PR avec une agraphe de Jacoël placée perpendiculairement au trait de fracture. Suture de la peau sans drainage. Appareil plâtré. Les fils sont enlevés le 10° jour.
L'appareil plâtré est retiré le 25 décembre. La consolidation est presque complète. Le fragment inférieur est très obscurément À mobile sur le fragment supérieur. On ordonne des bains de jambe = - chauds et du massage. : À Le malade sort de l’hôpital avec un eo plàtré léger. Il y LT revient le 2 mars 1903. Le fragment inférieur est encore un peu . mobile ; la marche est impossible. La station debout provoque un œædème dur et douloureux de toute la jambe, RUN d'un appareil silicaté léger avec lequel le malade marche ; il s'appuie sur la jambe blessée #
OBsERvATION XI s à
HERSURe compliquée de jambe. Suture immédiate. Guérison L
Marech.…. 47 ne carrier, entre à Beaujon,. le 14 mai 1902, ser vice de M. Tuifer, pour un accident survenu le matin même. Le malade cassait des pierres, courbé en avant. Un bloc se Fe chant de la voûte dela carrière, Rp sue lois il reste avec la jambe x Si droite prise sous la pierre. ; 0 :
A l’entréele sujet présente des éraflures multiples sur le A au | niveau de |” ‘épaule et dans la région lombaire. EÈ : I] a uriné; il n’a aucun signe de fracture du rachis, ni du bassin: il meut facilement les bras et le membre inférieur gauche. Il pré- 5 sente une fracture des 7° et 8 côtes gauches.. f: | Sur la jambe droite, à la face interne et au tiers inférieur existent 5 deux petits orifices, à bord mâchés par lesquels, au dire du malade, TES) sortaient deux pointes osseuses, lorsqu'on l’a retiré de sous le bloc de. NS pierre qui l’avait renversé. À ce niveau on note une fracture oblique de jambe. L'écoulement de sang par les plaies est modéré.Le malade est resté sans RARSRAMENE pendant plus de douze heures. Pas de fièvre. : ;
Immédiatement, dès l’entrée, le malade est endormi et il L est pro-
cédé au nettoyage du foyer de fracture ; à la suture des os et à l’immobilisation plâtrée.
Opérateur : M. Guibal. — Incision verticale de 10 RE 1 sur la face interne de la jambe, passant par les deux orifices déjà Ex | . notés, dont les bords sont excisés au bistouri. Large nettoyage du à foyer de fracture par un courant d’eau stérilisée, sans antiseptiques. j Le trait de fracture est très oblique en bas et en dedans, sans Le esquilles. Le fragment inférieur remonte fortement en dehors, en arrière eten haut du supérieur. Les tractions énergiques sur le pied, malgré le sommeil chloroformique, amènent un abaissement insignifiant du fragment inférieur. La réduction est au contraire très : facile à l’aide du tracteur agissant directement sur le fragment inférieur ; les deux fragments mis en place sont immobilisés par le davier fixateur. Nous cerclons les deux fragments avee un gros fil
# Here Ad av Dons: Lis plus Fes nous dpt | f vons le tamponnement ; pas de SUDDUEATION : la plaie np D t le 20 juin nous cessons tout pansement.
La RER à a pas été faite parce que le malade était grara fallu lui faire subir une grande dou-
En ttes, AE jours après, l ton F6 noté par une large F |‘ecchymose qui ocçupait la région sacrée et émettait en avant un prolongement dans chaque pli inguinal. La pression sur la branche transversale du pubis droit provoque une douleur sourde ; pas de douleur par la pression sur les ailes iliaques, ni par la pression des trochanters, ni par l'examen du sacrum ; fracture probable du | pubis; pas de troubles urinaires. Les jours suivants l’ecchymose Ts RS, ‘étend, envahit les bourses, la racine et la face interne des ce cuisses.
Le 20 mai le sujet se plaint de ionfilements d’engourdissement dans la jambe gauche; légère hyperthermie, 3Ev2.
Le 22 apparaît de l’œdème péri-malléolaire, blanc et dur, qui remonte progressivement, atteint le genou en y provoquant une sen- & sation de constriction ; il envahit la cuisse qui est dure; la veine, si
fémorale n’est pas perceptible ni douloureuse ; le gonflement gagne. la partie inférieure et gauche du ventre, et se cantonne là ; le membre droit reste indemne. La température atteint 3807, le soir. Le | 30 mai, l'os iliaque est voilé par l'œdème. Malgré cela bon état + général.
Le 2 juin, une petite crise d’étouffement pendant la nuit, laquelle 13 ne se reproduit plus. [7 #5 A partir du 6 juin, l’œdème devient moins dur et le gonflement ES diminue. N Pendant tout ce temps la plaie de la jambe droite a été le siège 24 d’un écoulement séreux très léger, mouillant à peine unecompresse, ) sans rougeur des bords.
Guérison complète de læplaie le 20 juin. Dans les premiers jours de juillet l’œdème de la cuisse ayantcomplètementdisparu, on opère
Le 1er août. te malade commence à se lever. nl sort de d'hôpital fi pour l'asile de convalescence le 22 août, il marche très bien sans > fatigue. La radiographie est faite. Elle montre que la rectitude de la jambe est parfaite et qu’il n’y a ni chevauchement, ni cal. Les fils A : sont très bien tolérés. | # és ch remet nous voir le 7 octobre pourune douleur sourde dans Ja
ie Bon état de la one de la Rues. La jambe droite ne parfaitement consolidée et raccourcie de 5 millimètres. Le sujet 3 marche toute la journée sans ressentir ni fatigue, ni douleur.
OBSERVATION XIT Fracture oblique esquilleuse de la jambe gauche, compliquée d'une petite plaie. Suture osseuse immédiate. Drainage.Guérison(fig. 16).
Le nommé Duss..., 29 ans, mécanicien, entre à l’hôpital Beauje jon. dans le service de M. Tuffier, le 3 janvier 1903, à 11 heures du = matin, pour une fracture compliquée de la jambe gauche. Il raconte qu’il est tombé d’une hauteur de 6 mètres, le matin inême; sa jambe s’est tordue en dehors et il n’a pu se relever. Il a été transporté dans une pharmacie où un pansement sommaire a été appliqué sur une petite plaie qui occupe la face interne de la jambe et x par laquelle il s'écoule beaucoup de sang. | à à A l’admission nous constatons une plaie horizontale, longue de d'un centimètre, placée sur la face interne du tibia à l'union de ses tiers moyen et inférieur. Pas de saillie d’os à ce niveau. Un suin- 4 . tement de sang se fait de façon continue par cette plaie et la perte de sang a été grande. La jambe offre un gonflement énorme, sans phlyctènes. Les deux os sont cassés au niveau de la plaie qui a été produite par l’un des fragments. | Le membre est savonné et brossé, lavé à l'alcool et à l'éther, pansé aseptiquement, mis dans une gouttière métallique et radiographié. Les radiographies de face et de profil (fig. 16, a et b)