INTRODUCTION
Lorsqu' un adulte est atteint, en pleine santé et en ne force de l’Age, par une fracture des deux os de la jambe, il. : subit souvent, comme l'expérience le prouve, une diminu- pe tion de son aptitude au travail. Aussi convient-il de consi- je dérer ces fractures autrement qu’on ne le faisait, ily a un - quart de siècle. Les fractures étaient divisées alors par les chirurgiens en fractures fermées, fractures simples, et en ie fractures ouvertés, fractures compliquées. Celles-cicomportaient un pronostic grave, lié à la possibilité de l'infection Re. du foyer de fracture et aux troubles locaux et généraux qui en dépendaient. Aujourd'hui, grâce aux ressources nées des progrès de l'antisepsie et de l’asepsie, l’existence même du ‘blessé n’est plus aussi sérieusement compromise et le pronostie de ce genre de traumatisme s’est considérablement amendé. |
Les fractures de la première catégorie, fractures fermées, fractures simples, ne mettent sans doute pas en jeu la vie du malade, mais trop souventelles le laissent dans un état d'infériorité vis-à-vis de ce qu'il était avant le traumatisme.
e des inaones graves, par les MOT 2 ke elles entraînent. Comme on le verra plus loin, la conso-
le ont qu'auparavant. Il net donc de rechercher à quelles causes tient cette diminution de la capacité fonc 2 ionnelle du membre blessé et quels moyens permettent d'en ? empécher la production. . Il faut attribuer le principal rôle, dans ces suites défavo- F bks, à la nature même de la fracture : en effet, les frac- tures obliques, fractures en V, par torsion, fractures spi- Ps comportent un pronostic réservé, quant à l'avenir : onctionnel du membre. Dans ces fractures, la réduction est + difficilement obtenue par les moyens ordinaires ; dans quel- D: ques cas elle est tout-à-fait insuffisante, ce que prouve __ avant tout l'examen radiographique du foyer pendant et après la période de consolidation. Les obstacles à la réduction ou au maintien de la réduction sont variés, comme on le verra par la suite. Quant aux troubles dépendant de la consolidation dans une attitude vicieuse, nous espérons établir qu'ils sont assez sérieux pour autoriser le chirurgien, = dans certains cas bien déterminés, à en prévenir l'établis- . sement, même au prix d’une intervention sanglante. Cette règle de conduite qui aurait paru outrancière, il y a dix ans, est suivie aujourd’hui par nombre de chirurgiens __ qui en retirent d'excellents résultats. Plus nombreux sont encore ceux qui la condamnent. Mais des discussions qu'a fait naître la question de l'intervention chirurgicale dans les fractures fermées de jambe il ressort que les fractures sont
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sorties de l’ oubli où Ver. longtemps 0 on js avait lais Nous nous rappelons la manière dont les fractures el
soignées au moment où nous commencions nos études, Fe
époque où chaque j jour amenait une conquête nouvelle dans
Je domaine de la chirurgie crânienne, abdominale ou iho à racique. Le malade, rapidement examiné, était confié à de
jeunes élèves ; ceux ci, en pratiquant, l'un l'extension vigoureuse, un second la contre-extension, appliquaient sans
\ anesthésie générale un appareil plâtré. Les deux seules précautions sur lesquelles le maître insistait étaient : 1° de
placer le pied à angle droit; 2° d'amener dans la même ligne la face interne du gros orteil, le milieu de la rotule et
l'épine iliaque antéro-supérieure. Deux mois plus tard, on
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rélirait de l'appareil un membre rectiligne, variablement
raccourci, mais avec c lequel quelquefois le malade marchait
très mal.
Aujourd’hui les fractures sont mieux examinées, grâce surtout au secours de la radiographie ; leurs suites éloignées sont connues de façon plus précise à la faveur des
études statistiques entreprises de plusieurs côtés ; enfin, les efforts de traitement sont plus activement dirigés contre
ces traumatismes {toujours graves. « Et ce n'est que justice (1), car ces lésions frappent des sujets en pleine santé, en pleine possession de leur valeur physique, sans aucune tare organique. Elles rendent, si leur traitement est bien dirigé, ce sujet capable pour longtemps encore de rendre d'utiles services aux siens et à la société. La perfection de leur traitement est done une ‘tendance légitime, et plus profitable, s'il se peut, à l'humanité que les procédés opératoires les plus brillants dirigés contre le cancer ou la tuberculose, dont la récidive n’a été que bien peu retardée, malgré nos attaques si nombreuses et si énergiques. » (1) Tuffier et Loubet. Congrès belge de chirurgie, 1902.