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UTILITÉ DE LA RADIOGRAPHIE DANS L'ÉTUDE < DES FRACTURES

aire laissait ignorés. on sait oué hui, en effet, que nombre de raideurs articulaires, succédant aux traumatismes de l'épaule, ne sont pas dues à l’arthrite trauma- tique, mais à l’arrachement d’une ou des deux tubérosités de la tête humérale, lesquelles, consolidées en position vicieuse, gênent les mouvements du bras.

LE La radiographie n’a pas été moins utile pour ce qui con- e cerne les fractures diaphysaires. Sans doute, si‘nous envi-

aus suffit à établir existenoe de ces fractures, à en préciser le siège, à connaître la direction du trait et la forme des fragments, à deviner le chevauchement et quelquefois à à sentir une ou plusieurs esquilles. Mais combien ces renseignements sont obscurs lorsque le malade est à Le ÈS et se laisse difficilement palper; lorsque le É. gonflement, dont l'apparition est si rapide, déforme le membre et noie en quelque sorte les fragments dans l'épan-

où

chement sanguin. Puis, après la réduction, quand le membre est emprisonné dans l'appareil, les résultats de l’exploration, basés sur le palper des fragments, sur l’encoche interfragmentaire, sur la mesure du raccourcissement, sont loin d'être d'une netteté suffisante

Les images radiographiques, lorsqu'elles sont prises correctement, montrent la forme, la situation des fragments, l'étendue du chevauchement, le nombre, la position des esquilles, l'étendue des fêlures.

Ce procédé d'investigation si précieux n’a pas acquis droit de cité sans contestation. Lorsque M. Tuffier vint en prôner l'emploi, devant la Société de chirurgie (1) et montrer par des exemples que la radiographie révèle, dans un certain nombre de fractures, la résistance du chevauchement aux efforts de traction ou à l'extension continue, alors que la palpation est impuissante à signaler ce déplacement, de nombreuses oppositions furent faites. M. Lucas- Championnière insista sur les causes d'erreur de la radiographie et sur le grossissement du cal; la difficulté de trouver sur la radiographie le trait de fracture fut objectée par MM. Bazy et Maunoury; M. Hennequin reprocha à la méthode d'exagérer le déplacement et il tira, entre autres conclusions, les suivantes: « Que la radiographie et la ra dioscopie peuvent exagérer plus ou moins les déviations des fragments osseux, la longueur du corps étranger, ou de ne pas déceler des déplacements existants ; que nous ne devons accorder qu'une confiance limitée aux impressions produites sur des plaques sensibles par les rayons X. »

Dans une séance ultérieure, M. Reynier présentait des radiographies de M. Contremoulins, reproduisant toutes la même fracture expérimentale fixée de manière invariable ;

(1) Séance du 13 décembee 1S99.

OU

pt a foyer lainqux avait Hate pour chacune d’elles ; a diversité des images allait jusqu'à l'absurde. Ces épreuves A Rd utruient nullement la non-valeur de la radiographie ; À elles rendaient évident le danger d'une application incorrecte de la méthode et la nécessité pour le radiographe - d’obéir à des règles précises. Ces règles ont été expliquées

nous les empruntons. L'image radiographique demande à être interprétée ; elle n’est pas une image en perspective, mais la projection d'un corps sur un plan, son ombre portée, sa silhouette. Celle-ci est de grandeur naturelle si les rayons sont paralléles (foyer lumineux placé très loin) :

“#4 elle sera agrandie si les rayons sont divergents, mais exacte

… si les rayons tombent normalement à l'écran. « Dans ces - dernières conditions, la radiographie, c’est-à-dire la si- | Jhouette projetée, donnera un renseignement exact, mais si - l'on utilise, au contraire, des rayons obliques à l'écran, la = déformation de l’image du corps interposé sera d'autant plus grande que ce plan sera plus éloigné de la normale, et les résultats ainsi obtenus seront une source d'erreurs, »

graphie, les règles opératoires, que l'on peut résumer ainsi : eZ « Une fracture de jambe doit toujours être radiographiée __ dans deux positions rigoureusement déterminées : antéropostérieure et latérale, en ayant soin de placer le foyer invariablement à une distance de 50 centimétres par exemeo ple, et en orientant la fracinre de teile sorte que l'axe du » faisceau principal passe par le centre de la fracture et par … celui du membre (Marey). » Ajoutons que le membre à radio- L graphier doit étre mis au contact immédiat de la plaque

7 © (1) Comptes rendus de l'Arad. de méd., 1209.

er

et exposées en excellents termes par M. Marey (1), à qui

De ces principes découle la nécessité d'unifier, en radio- -

sensible pour que les os s’en rapprochent le plus possible Si l’on observe ces règles, les objections faites à la radio-

. graphie tombent d'elles-mêmes. Le chevauchement appa- te raît avec les caractères qu'il a réellement, et on ne saurait ee

comprendre qu'il en fût autrement, Estal invisible sur

l’épreuve sagittale, il apparaît sur l'épreuve transversale et. réciproquement. Il est quelquefois exagéré, ce qui tient à

la dispersion conique des rayons X, mais comme les os sont eux-mêmes grossis, les proportions sont gardées ; il est donc facile d'interpréter l’image, de ramener les os et le déplacement à leurs véritables dimensions et de s se figurer le déplacement réel. ;

Ce grossissement, quand la radiographie est bien prise, est d’un millimètre pour un centimètre.

La démonstration expérimentale en a été faite par notre maître, M. Tuffier, qui s'exprime ainsi : « J’ai pris la jambe

droite saine d’un cadavre et j'en ai fait deux radiographies

(de face et de profil) dans les conditions ci-dessus (l’une antéro-postérieure, l'autre de profil) ; j'ai pratiqué ensuite

une fracture de cette jambe et j'ai scellé ce membre dans le

plâtre pour éviter tout mouvement, et j'ai fait une seconde

épreuve dans les mêmes conditions; j'ai obtenu ainsi la r'a-

diographie de la lésion, puis, séance tenante, j'ai euvert la ? ? )

fracture et je l’ai photographiée; enfin j'ai pris au compas

d'épaisseur la mesure des chevauchements et je les ai reportés sur la radiographie. S'il existe une erreur, s'il existe une différence entre lépreuve radiographique et la lésion, je suis certain de la trouver. Eh bien, voici les résultats d'ensemble (1), la radiographie donne environ wn millimètre d'écart pour un centimètre. Vous avoue-

(1) Soc. de chir. de Paris. Séance du 28 mars, pièce et radiographie

‘ présentées à la Société.

Nu

r qu D ra prises, eb je Hate que la mensuration | 7 lus précise. : ÿ U faut Fe ces arguments tirés de l'expérimenta= 1e fait suivant : l'examen direct du foyer de fracture, ins toutes les interventions sanglantes entreprises par $ Tuffier, et par nous-même, nous a montré*que la dispo- | ition des fragments était exactement celle qu indiquaient | les radiographies. Jamais la. radiographie ne s'est trouvée en défaut dans les fractures de jambe que nous avons vu + opérer, aussi considérons-nous son emploi comme indis- 7 pensable ; elle complète les données tirées des recherches cliniques habituelles et elle fournit des renseignements qui. échappent à la palpation la plus méthodique. Les erreurs, es = lorsqu’ on en observe, sont dues au radiographe, appliquant R z irrégulièrement la méthode, non à la méthode elle-même.

Aussi, croyons-nous regrettable qu’on n'ait pas recours plus

souvent à ce mode d'investigation et que, pour en permettre ; l'usage très large, les hôpitaux soient généralement dépour- L vus ou insuffisamment munis d'installations radiographi- %

ques (1). DE

Mr (1) Ces regrets ont été formulés par la Société de chirurgie, dans la RCA : séance du 16 octobre 1901, et depuis lors il n'y a guère rien de changé. É

l ET:

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