‹ Le Traitement Spécifique des Aortites SyphilitiquesChapitre 3 sur 7 · UT · texte numérisé non relu

UT

Cette malade est envoyée le 5-IX-27 à l'hôpital par un médecin de la ville avec le diagnostic d'’aortite syphilitique.

Déjà dyspnéique depuis deux ans, elle est venue consulter ce médecin pour des points dans le dos et de la fatigue générale. Son Wasserman étant positif, ce dernier lui fait subir un traitement spécifique intense. L ne série de 5,50 gr. de néo. semble bien supportée, puis la malade reçoit encore un certain nombre d’injections de mesurol. Peu après quelques légères crises d’asystolie nécessitent l'emploi de ouabaïne. La dyspnée augmentant maleré le traitement, la malade étant angoissée et son état devenant rapidement plus grave, il décide de l'envoyer à l'hôpital le 5-IX-27.

Le diagnostic d’aortile est confirmé dès son entrée par des crises d’angor pectoris, avec irradiations dans l'épaule et le bras gauche, par l'hypertrophie du cœur constatée à la radiographie, par un double souffle aortique et un choc en dôme à l'examen de la région cardiaque. Les carotides battent, les membres inférieurs sont très œdématiés.

Pendant une semaine, l’état très précaire de la malade reste

stationnaire. Les œdèmes ont tendance à diminuer grâce à la théobromine qui améliore la diurese.

Puis ce mieux passager cesse brusquement, la tachycardie redevient excessivement rapide, la dyspnée très intense. Le 17-IX-27, la malade est très angoissée, Cyannosée, toujours plus tachycardique. Elle meurt le lendemain

À l’autopsie, pratiquée le 19-IX-27, sous le contrôle du Professeur Askanazy, on trouve les faits suivants :

Femme en état de nutrition réduit. Œdèmes malléolaires très prononcés.

Stalus abdominal : 300 cm% de liquide clair dans la cavité abdominale.

Slalus thoracique : Le péricarde contient un liquide jaune clair en quantité normale. Le cœur est hypertrophié. La pointe est formée par le ventricule gauche, fortement dilaté. A l'ouverture du cœur, on constate une dégénérescence tigrée prononcée du ventricule droit. Les piliers du ventricule gauche sont aplatis, l’endocarde est lisse. Les orifices tricuspide et mitral sont perméables pour trois doigts. Les valvules aortiques sont fortement, épaissies, surtout vers leur bord libre, sans calcifications.

L’aorte mesure 82 mm. de circonférence. Elle présente de nombreuses petites cicatrices étoilées. Peu de calcifications. On note des infiltrations jaunes sur la paroi de l’acrte qui est amincie par place et forme de petites dilatations irrégulières.

L'émergence des artères coronaires est rétrécie.

L'examen microscopique montre dans l’aorte une mésaorltile et une périaortile très prononcées. L’examen du cœur met en valeur de larges foyers fibreux au niveau des piliers. Les capillaires sont dilatés et hyperémiés, montrant une forte polynucléose. Entre les fibres, un grand nombre de polynucléaires extravasés sont visibles. Donc myocardile aiguë.

Le foie offre l’image du foie par stase. Les veines sont dilatées. Quelques vaisseaux sont thrombosés par thrombus blancs riches en polynucléaires.

On note encore beaucoup de polynucléaires dans la raie, qui est en outre le siège d’une infiltration graisseuse.

Le diagnostic anatomique d’aortite syphilitique subaiguë sans ectasie de la crosse et avec propagation aux valvules aortiques, et de myocardite aiguë est établi.

Ainsi la malade, entrée à l'hôpital après un traitement spécifique intensif, n’y reste pas longtemps ; elle meurt au bout de 12 jours malgré les tonicardiaques par une évolution extraordinairement rapide et sévère de son aortite qui revêt ici le type de la forme aiguë.

Dans ces trois cas, le traitement arsenical semble avoir été néfaste ; dès qu’il a été institué, l’état des malades s’est aggravé ; les signes d’une asystolie irréductible sont apparus et la mort est survenue rapidement.

Opposons à ces échecs de la thérapeutique spécifique au cours des aortites d’autres observations, où le même traitement a été suivi d’un résultat favorable.

RL Me

OBSERVATION No 4 Cab:

Souffre depuis 4 ans d’éblouissements, survenant tous les quinze jours ou tous les mois, accompagnés à trois reprises de perte de connaissance sans morsure de la langue ni émission d’urines. Hospitalisé en novembre 1922 au service de médecine, on constate:

Pouls lent (54).

Au cœur, un souffle systolique à la pointe et un autre dans le deuxième espace intercostal.

À la radioscopie, une aorte débordant largement le sternum à droite et à gauche.

La réaction de Wasserman est positive dans le sang, négative dans le liquide céphalo-rachidien.

Diagnostic : Aortite spécifique avec atteinte des valvules aortiques et mitrale (R. A. et I. M.).

Pronoslic : Bon. Le malade est résistant, il n'y a pas d’asystolie, le foie et les reins semblent indemnes.

Trailement : La lués est certaine. On décide de faire immédiatement un traitement spécifique. Le malade reçoit une cure de néosalvarsan, début par petites doses augmentant progressivement. Ce traitement (2,55 er. de néo. en tout) est soutenu par du biiodure de mercure (11 injections de 2 cm8 à 1 00).

Le malade sort le 25-XI-22 de l'hôpital très amélioré.

Chez lui, le résultat est tout différent des précédents. Il a parfaitement bien supporté sa premictre cure, est sorti de l'hôpital nettement amélioré et peut poursuivre maintenant sans inconvénients un traitement intensif et prolongé jusqu’à guérison.

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