‹ Le transformismeChapitre 13 sur 74 · PF · texte numérisé non relu

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animaux parasites, les animaux fixés, et même parmi les Mammifères, les Paresseux, ne s'adaptent à leurs conditions d'existence si particulières qu'en sacrifiant bien des organes dont le développement fait la perfection des autres animaux. Mais ces déchéances, au moins apparentes, ne font qu'étendre le domaine de la doctrine de révolution qu'embrasse à mesure qu'on se rapproche de notre temps un nombre toujours plus grand de savants.

Progrès parmi les naturalistes de t hypothèse de la variabilité des espèces, — 11 est impossible d'étudier un très grand nombre de formes vivantes sans être frappé de la parenté étroite qu'elles présentent entreelleset des gradations qui les unissent. On ne s'étonnera pas que Darwin cite dans la Notice historique un grand nombre de zoologistes, de botanistes, de géologues, de philosophes, parmi les plus grands, qui croient à la transformation graduelle des espèces à mesure que les générations se succèdent.

Parmi les botanistes, il énumère les noms de W. Herbert, de Patrick Matthew, de Unger, de Rafinesque, Ch. Naudin, Lecocq, Hooker ; parmi les zoologistes, ceux de Bory de Saint-Vincent, du D"* Wells, du professeur Grant, de Richard Owen,de Wallace, du D' Freke, de l'illustre embyologiste von Baéret du professeur Huxley; parmiles géologues, il cite des hommes comme Léopoldde Buch, d'Alton, le comte Kayserling et d'Omalius-d'Halloy ; armi les philosophes, l'auteur anonyme des Vestiges of 'eation, le R** Baden Powel, et surtout Herbert Spencer.

Parmi ces auteurs, le D' Wilke, M. Patrick Matthew,

ichard Wallace, attribuent à la lutte pour la vie et à la

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sélection naturelle qui résulte de la disparition des vaincus, le plus grand rôle dans le développement et la persistance des modifications organiques; mais tous n admettent pas les mêmes causes de transformation des variétés en races, puis en espèces. L auteur des Vestiges de la création considère révolution comme le résultat d'une impulsion première qui pousse les formes vivantes à se transformer en progressant et en s adaptant sans cesse aux conditions ambiantes. L'évolution est, en somme, pour lui, la suite de la création primitive.

Exagérant Tidée d'Etienne Geoffroy Saint-Hilaire que les embryons sont particulièrement sensibles aux modifications du milieu, M. de Kayserling pense que les germes des espèces éteintes ne disparaissent pas lorsque les milieux se modifient, mais éprouvent à leur tour une modification chimique, qui les amène à produire des formes vivantes différentes de celles d'où ils proviennent. C'est à l'aide de cette idée qu'un paléontologiste éminent, M. Deshayes, a essayé dans ses derniers jours d'expliquer les changements évidents qu'a subis le monde vivant depuis les temps anciens, et la théorie des cataclysmes généraux qu'il accepte, sans avoir recours à la théorie des créations successives.

Richard Owen, disciple de Cuvier, et croyant, comme lui, à l'existence de types organiques distincts, nesaurait guère se passer d'une création spéciale pour chacun de ces types ; les diverses formes organiques ne peuvent évoluer que dans les limites du type auquel elles appartiennent ; le transformisme de celui qu'on a appelé le

Cuvier anglais est donc un transformisme restreint, assez semblable d'ailleurs à celui de Goethe et de Geoffroy Saint-Hilaire. 11 est difficile de saisir à quelles causes il attribue les modifications que subissent les formes animales; il semble accepter que les espèces disparues ont succombé dans la concurrence qu'elles avaient à soutenir contre les formes mieux douées. Mais pourquoi les espèces persistantes se sont-elles modifiées? Il ne le dit pas clairement.

Ces modifications, Herbert Spencer, prenant une position intermédiaire entre Lamarck et Geoffroy, les attribue nettement aux actions du milieu sur l'organisme et aux adaptations qui en sont les conséquences : «Nous devons dire, écrit-il S que, dans tous les cas, le changement adaptatif de fonction est la cause première et toujours agissante du changement de structure qui constitue la variation; et que la variation qui paraît spontanée est dérivée et secondaire. » Mais si Herbert Spencer se déclare dès 1852, sept ans avant l'apparition du livre de Charles Darwin sur f origine des espèces, partisanconvaincu de la doctrine de l'évolution, il a largement combiné par la suite, notamment dans ses Principes de biologie, sa doctrine avec celle de son illustre compatriote. Le moment est donc venu d'exposer le système du maître à' qui la doctrine de l'évolution doit d'avoir définitivement pris pied dans la science.

A Herbert Spencer, Principes de biologie, traduction française, t. I, p, 331.

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