DEGRES DE L INDIVIDUALITE ANIMALE I
d'importantes conséquences*. Ces assimilations posent un problème auquel ne songeaient guère les anciens naturalistes, celui du mode de constitution de Y individualité animale. Si un Ver annelé, un Insecte, un Vertébré, résultent d*une association d'animaux plus simples, comment comprendre que ces animaux viennent absorber leur individualité propre dans une individualité d'ordre supérieur? Pourquoi de telles fusions se produisent-elles? Quel rôle ont-elles joué dans la constitution des organismes supérieurs? Sans chercher une réponse directe à la question, Haeckel essaye au moins de coordonner tout ce que Ton sait de la constitution de Tindividualité animale et de dresser une échelle des divers degrés de complication que c^t individualité peut présenter ; il en distingue quatre : I ° le plastide ou élément anaiomique ; — 2° V organe, groupe de plastides; — y la personne, associations d'organes; — 4"* le connus ou la colonie, association de personnes. Lorsque les personnes constituant un cormus sont groupées en série linéaire, il les appelle des métamères; il les nomme des aniimères lorsqu'elles sont disposées en rayonnant autour d'un centre. Cette classification est intéressante ; mais en plaçant V organe dans la série des individualités qui comprend les plastides, les personnes et les colonies, Hasckel montre assez qu'il n'entend attribuer à ces individualités qu'une importance en quelque
sorte physiologique. On ne voit pas comment ces divers
* De C^atrefagcs, Métamorphoses de V Homme et des animaux. Paris, 1862, J.-B. Baillière.
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degrés de complication de l'individualité animale pourraient correspondre à un mode réel d'évolution et de perfectionnement des organismes. La décomposition de l'individualité du Vertébré en individualités secondaires ne semble correspondre à rien de concret : c'est une conception théorique, quelque chose comme l'expression de ce que l'on appelait autrefois une loi de la nature ; elle ne contient pas l'idée d'un procédé réel déformation des organismes. En fait la plupart des naturalistes considèrent encore comme deux phénomènes très différents la formation graduelle d'une colonie de Polypes et la metamértsation d'un embryon de Vertébré. Y a-t-îl donc opposition entre les deux phénomènes ou ne sont-ils qu'une seule et même chose? N'est-il pas possible de trouver dans le mode de constitution du corps d'un animal adulte, l'explication de son mode de développement, et en quelque sorte l'histoire des étapes réelles de sa formation ? N'est-il pas possible de trouver dans la coordination des faits connus, la trace du mécanisme grâce auquel, en partant des simples plastides, l'étonnante complication des organismes les plus élevés a été obtenue? C'est un problème qu'il nous faut maintenant étudier.