ÉVOLUTION DES OISEAUX
base du cou et aux pattes, des pennes aux ailes et à la queue; mais ses mâchoires portaient de véritables dents; 5on cou, son dos et son ventre étaient nus et sa queue allongée comme celle d'un Lézard. Il demeurait presque Reptile par ces caractères et portait même dans ses vertèbres biconcaves la trace d'une plus ancienne origine.
Plus tard, dans la craie d'Amérique, associés aux Pteranodon, apparaissent des Oiseaux plus voisins encore du type actuel ; mais leurs mâchoires, quoique revêtues d'un bec, continuent à porter des dents et, chose remarquable, quelques-uns de ces Oiseaux, les Hesperornis, n'avaient que des ailes rudimentaires comme si les caractères de rOiseau s'étaient développés indépendamment de la faculté de voler, comme si l'Oiseau, en s'élançant dans l'air, n'avait fait qu'employer à un mode nouveau de locomotion des organes développés sans but déterminé, sous l'action de causes qui nous sont inconnues mais que la science doit se proposer de rechercher. Leur épaule ressemblait, en effet, à celle des Dinosauriens, et il n'est pas sans intérêt de retrouver cette même ressemblance chez les Autruches qui ne volent pas, et dont l'aile se termine par des doigts armés de griffes, ressemblant étonnamment à ceux d'une véritable patte.
Les khtbyornis étaient, au contraire, de puissants voiliers, quoiqu'ils eussent conservé d'un âge antérieur les vertèbres biconcaves des anciens Poissons ganoïdes. Ainsi nous arrivons par une transition ininterrompue des Poissons ganoïdes aux Batraciens stégocéphales, de ces Batraciens aux Reptiles, et parmi ceux-ci deux types distincts.
celui des Reptiles volants etceluidesReptiles bipèdes, peuvent nous conduire aux Oiseaux. C'est seulement durant la période tertiaire que ceux-ci achèvent leur évolution. Les grands Oiseaux marcheurs traversent toute cette période et nous laissent comme derniers héritiers les Dinornis, récemment éteints, dont les membres antérieurs étaient entièrement atrophiés, les Aptéryx, leurs compatriotes, vivant encore à la Nouvelle-Zélande ; les y^pyornis, disparus depuis peu à Madagascar, enfin les Casoars, les Nandous et les Autruches. Durant la période tertiaire l'évolution des Oiseaux se fait avec une telle rapidité qu'à la fin de cette période la classe entière, si bien étudiée par M. Alphonse Milne Edwards*, est déjà constituée à peu près comme nous la connaissons aujourd'hui.
Origine des Mammifères, — Nous avons déjà signalé chez les Batraciens stégocéphales l'apparition de caractères qui les rapprochaient des Mammifères. Le double condyle occipital, le trou humerai des Théromorphes, la différenciation des dents chez les Cynodraco, sont des caractères qui manquent aux Reptiles vrais et qui nous autorisent à exclure complètement ces animaux de la généalogie des Mammifères. Tout au moins peut-on dire que les Mammifères se rattachent aux Batraciens stégocéphales par des formes reptiliennes autres que celles qui ont fourni les Reptiles et les Oiseaux. Ces formes
1 Alph. Milne Edwards, Recherches anatomiques et paléontoîogiques pour servir à V histoire des Oiseaux fossiles de îa France. 2 voL in-4 de texte et 2 vol. d'atlas comprenant 200 pi. Paris, 1867-1872.
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sont malheureusement tout à fait inconnues. Mais des Mammifères vivent encore dont les atfmités avec les Reptiles sont indéniables : ce sont l'Ornlthorhynque d'Australie (fig. 80), les Échidnés de la Nouvelle-Guinée, de l'Australie et de la Nouvelle-Zélande. Comme les vrais Reptiles, ces animaux, pour qui on a formé la sous-
classe des Monotrènies, ont leur humérus et leur fémur presque horizontaux et laissant le ventre traîner à terre; comme eux, ils ont un épisternum, de véritables os coracoides et une fourchette à l'épaule ; comme chez eux, le rectum, les conduits urinaires et les conduits génitaux aboutissent à un cloaque s'ouvrant au dehors par un orifice unique ; comme eux enfin, quoique pourvus de mamelles peu développées, il est vrai, ils pondent de véritables œufs entourés d'une coquille; enfin leurs os marsupiaux paraissent représenter les dernières côtes abdominales des Crocodiles. On ne peut donc nier qu'ils
n'aient une réelle parenté avec les Reptiles, si grande que soit encore la distance qui les en sépare.
Les enfoncements dans lesquels s'ouvrent les mamelles des Monotrèmes, les os qui s'implantent sur leur bassin, se retrouvent plus développés chez les Marsupiaux qui forment presque à eux seuls la faune de l'Australie ; mais ce sont presque les seuls caractères qu'ils aient en commun, et il y a entre les Monotrèmes et les Marsupiaux, comme entre les Monotrèmes et les formes franchement reptiliennes une lacune que nous n'avons pas encore réussi à combler. Cependant les Marsupiaux accusent nettement leur infériorité comme Mammifères par l'absence de placenta. Ils apparaissent dès Je Trias (Microlestes et Hypsiprymnopsis de l'étage rhétien ; Dromatherium d'Amérique). Quelques-uns d'entre eux semblent avoir eu des descendants directs : le Plagiaulax du jurassique supérieur, que quelques caractères relient au Microlestes^ a pour représentant dans l'éocène inférieur le NeoplagiaulaXy dont la dentition n'a d'analogue dans la nature actuelle que celle du Kanguroo- Rat (Bettongia). Mais les restes de ces Mammifères des temps secondaires sont peu nombreux. Les Marsupiaux habitaient alors très probablement les deux mondes; on n'est pas cependant certain que tous les Mammifères qui vivaient alors fussent de véritables Marsupiaux.
Après le Jurassique, un énorme hiatus se produit dans nos connaissances paléontologiques en ce qui concerne les Mammifères. De la longue période crétacée on ne connaît guère que des dépôts de mer profonde où manquent
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entièrement les restes des animaux terrestres. On n'a donc pu définir les liens qui devaient unir les Mammifères jurassiques aux Mammifères tertiaires. Avec les temps tertiaires les documents deviennent heureusement plus nombreux, plus précis, et l'histoire de l'évolution des Mammifères placentaires a pu être tracée avec une netteté suffisante pour mériter d'être exposée en détail.
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