LES ANCIENS MARSUPIAUX
de Mammifères de la grande île. Ces Mammifères, tous demeurés dépourvus de placenta, se plient aux régimes les plus variés. Il y a parmi eux des rongeurs de racines, aux lourdes allures, tels que les Wombats ; des tondeurs de gazon éminemment propres au saut, comme les Kanguroos ; des mangeurs de fruits, agiles grimpeurs et pouvant acquérir des membranes alaires leur servant de parachute dans leurs bonds, comme les Pétauristes et les Phalangers; des Carnivores comme les Péramèles et les Dasyures. Carnassiers et herbivores ont même atteint jadis une puissance de développement aujourd'hui inconnue. Le Thyîacoleo carnifex, du Diluvien d'Australie, atteignait la taille d'un Lion ; le crâne d'un puissant Herbivore, le Diprotodon australis, mesurait à lui seul I mètre de long, et le hlototherium n'était guère moins colossal. La différenciation des Marsupiaux semble s'être produite sur le même type que celle des Mammifères ordinaires, ce qui n'a rien d'étonnant, puisque les diverses conditions auxquelles a dû se plier leur organisme sont en définitive les mêmes. Nous avons déjà constaté un parallélisme semblable mais plus grandiose entre les différenciations des Reptiles anciens et celles de la totalité des autres Vertébrés terrestres. C'est là, du reste, un simple phénomène de parallélisme comme on en rencontre fréquemment dans le Règne animal : les ressemblances que peuvent présenter les Marsupiaux australiens avec les Mammifères placentaires n'impliquent nullement que chacun des groupes des premiers ait donné naissance à un groupe correspondant des
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seconds. C'est seulement avec leurs types les moins spécialisés, même comme Marsupiaux, tels que les Sarigues, que quelques-uns de nos Mammifères ordinaires semblent avoir quelque parenté. On peut faire remonter jusqu'à eux les Insectivores, opinion basée sur la simplicité de leur placenta et sur le fait que lés Sarigues, en raison de leur quarante-huit dents, senties animaux qui se prêtent le mieux à l'explication du grand nombre de dents de nos Insectivores (44 à 28). Comme les formes de ces derniers animaux dont le Hérisson, la Musaraigne, le Desman, la Taupe, donnent une bonne idée, sont éminemment plastiques, et que leur dentition nombreuse, leurs membres à cinq doigts présentent des caractères nettement primitifs, on a pensé à en faire dériver les Carnassiers qui en demeurent cependant séparés par la forme de leur placenta, et même les Ongulés dont le placenta, quoique très étendu, est cependant dépourvu de caduque. Ce rôle de progéniteur commun des Mammifères ordinaires a été moins justement revendiqué pour les Lémuriens dont les principaux représentants habitent Madagascar où ils ont montré, quoique tous quadrumanes et grimpeurs, une étonnante facilité d'adaptation. Laissons pour le moment de côté cette question de l'origine des Carnassiers et des Ongulés pour nous attacher à déterminer la filiation des formes que comprennent ces ordres. D'après tout ce que nous savons de la constitution des ancêtres reptiliens des Mammifères, il est clair que les formes primitives devaient toutes être plantigrades, munies de cinq doigts à tous les membres