GÉNÉALOGIE DES CHEVAUX
en arrière, et pouvait atteindre la taille de TÉléphant. Dans les deux mondes de véritables Rhinocéros ont présenté cette disposition des cornes; M. Marsh les appelle des Diceratherium ; l'un d'eux est du Miocène français. Mais les grands animaux cornus d'Amérique ne paraissent pas avoir eu de descendance directe, et l'origine de nos Ongulés périssodactyles actuels, les Tapirs, les Rhinocéros et les Solipèdes, semble avoir été tout autre. Les ancêtres successifs des Rhinocéros, des Tapirs et des Chevaux, — A mesure qu'on s'éloigne des Phenacodon et des Coryphodon on voit se poursuivre une modification des pattes qui commence déjà à partir des Monotrèmes. Chez ces animaux, nous l'avons vu, l'humérus et le fémur se meuvent encore comme chez les Reptiles inférieurs dans un plan presque horizontal ; mais bientôt les membres se redressent^ leurs mouvements finissent par ne plus s'accomplir que dans un plan vertical , et il semble qu'en ramenant les membres dans ce plan, en se haussant sur eux, l'animal ait écarté leur base du sternum, l'omoplate entraînant l'os coracoïde et se faisant de cet os une simple apophyse qui cesse de s'articuler avec le sternum. Le Mammifère ainsi dressé sur ses pattes marche encore sur toute retendue de la face inférieure de ses mains et de ses pieds, comme le font les Ours, nombre de Carnassiers relativement inférieurs, et tous les animaux grimpeurs; il tsi plantigrade. Les doigts demeurent alors ordinairement au nombre de cinq. Mais bientôtla paume delà main et la plante du pied se redressent aussi, cessent d'appuyer sur le sol, et l'animal ne
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marchant plus que sur ses doigts devient digitigrade; à leur tour les doigts eux-mêmes se redressent, ne portent sur lô sol que parleur extrémité libre qui se revêt d'un sabot; le digitigrade est passé œiguligrade. Ce remarquable processus ne s'arrête pas là. Les doigts nous l'avons vu, ne sont pas, égaux entre eux, il y en a généralement un ou deux qui prédominent sur les autres : comme dans un dernier effort, l'animal se dresse enfin sur ces doigts plus longs et ne marche plus que sur leur extrémité. Dans ce redressement graduel il semblé, comme n'aurait pas manqué de le faire remarquer Lamarck, que poussés par le besoin pressant de se dérober par la fuite aux poursuites des Qrnassiers, les Mammifères ongulés, presque tous herbivores et inoffensifs, se soient appliqués à user de tous les éléments composant leurs membres pour donner à ceux-ci la plus grande longueur possible et acquérir de la sorte une plus grande aptitude à la course. On comprendrait très bien que cette transformation s'accomplît d'une manière toute physiologique, sous le seul effet de l'exercice, et des habitudes acquises. Durant cette remarquable évolution que divers Carnassiers ont dû suivre dans une certaine mesure^ les doigts situés de chaque côté des doigts principaux ont cessé peu à peu d'être utilisés, se sont atrophiés, par défaut d'usage, comme aurait encore dit Lamarck, et le terme extrême de cette réduction a été la réalisation de pieds à deux doigts, tels que ceux des Chameaux et des Bœufs, ou de pieds à un seul doigt tels que ceux des Chevaux.