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GENEALOGIE DES RUMINANTS 3II

noiberium. Un pas considérable se trouve ainsi fait vers la dentition des Ruminants ; un second progrès est réalisé par les Gelocus de Téocène de Ronzon,dont les incisives supérieures ont disparu et dont les deux doigts latéraux de chaque pied sont réduits à deux stylets. Le Gelocus est ainsi en avance sur beaucoup de nos Ruminants actuels, mais il est en retard par la constitution même de ses pattes dont les métacarpiens restent séparés au lieu de ^e souder en un canon, ce qui est le caractère des Ruminants ; il est vrai que cette soudure est réalisée aux pattes postérieures, disposition conservée chez VHyœmoscbus, appartenant à la même famille et qui vit encore sur la côte occidentale d'Afrique. Les Gelocus, de petite taille, comme les Cainotberium, sont déjà de vrais Ruminants. Ils se rattachent intimement aux Chevrotains, comme eux pourvus de canines et dépourvus de cornes.

Des cornes ramifiées apparaissent seulement durant la période miocène sur les frontaux de Ruminants qui deviennent ainsi des Cervidés. Elles sont simplement bifurquées chez le Dicrocerus, proche parent du Mazame ou Antilocapra qui habite actuellement l'Amérique du Nord; cts cornes ne tombent qu'accidentellement et par parties de longueur variable. La ramure se complique un peu chez les Palceomeryx dont l'analogue vivant est le Cervulus Muntjak de l'Inde et des îles de la Sonde. La famille des Cervidés poursuit ainsi son développement. Comme celle des Chevaux, il semble qu'elle se soit divisée endeuxlignées. Tune propre à l'Amérique, l'autre

312 ÉVOLUTION DES MAMMIFERES

propre à TAncien Monde, En effet, sur 21 espèces de Cervidés américains, 20, y compris l'Elan et le Renne, ont leurs doigts latéraux en contact avec des os. niétacarpiens réduits à leur partie inférieure, et leur première phalange est la plus longue ; au contraire/ sur 59 espèces de Cerfs du Vieux Monde, 36 ont leurs métacarpiens latéraux réduits à des stylets très courts situés près de l'articulation avec la jambe; la phalange terminale des doigts rudimentaires est la plus courte. A cette règle iL n'y a d'exception en Amérique que pour le ^2iÇ\X\(Cervus^ canadensis) ; en Europe que pour les deux espèces de Chevreuil et pour V Hydropotes àt Chine. Ces animaux ont évidemment émigré dans les localités qu'ils habitent et y ont persisté avec leur forme.

Les premières Antilopes diffèrent à peines des Cervidés ; elles apparaissent dans le miocène moyen de Sansan et se caractérisent très vite, comme Ruminants portant des cornes persistantes à étui, par des formes assez voisines du Chamois. Viennent ensuite dans le gisement de Pikermi, qu'ont illustré les recherches de M. Gaudry, les Palceoryx et Palœoreas voisines des Oryx et Oreas d'Afri* que, ainsi que les véritables Gazelles (04«///o/)^ dorcas) et d'autres genres qui vivaient déjà en troupeaux à la fia des temps tertiaires. Comment passer des Antilopes aux Ovidés et aux Bovidés? On l'ignore encore,, mais le crâne du Veau a une Structure si voisine de celui des Antilopes qu on ne peut guère mettre en doute que les Bœufs soient issus de ces animaux qui se sont montrés pour la première fois à la fin de l'époque tertiaire.

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