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LES SINGES ANTHROPOÏDES

sait, du reste, que l'apparition de THomme est désormais prochaine et qu'il a été' contemporain de ces grands Singes dont il partageait d'abord les mœurs sauvages.

L'Homme peut-il être rattaché à quelque forme du groupe des Singes? Cette question a été récemment encore examinée par R. Hartmann dans un livre très détaillé, remarquable par sa grande impartialité et que nous ne pouvons mieux faire que de prendre pour guide*.

Les Singes anthropoïdes, — Hartmann n'affirme pas que nous réussirons jamais à nous découvrir avec certitude des ancêtres animaux ; il croit cependant avec Darwin que l'Homme porte « dans son organisation corporelle le cachet indélébile de son origine inférieure » et pense qu'il est « permis de ne pas désespérer de la possibilité de découvrir un terme de liaison réelle entre l'Homme et les autres Mammifères. » Pour le moment il se borne à rechercher si parmi les Singes fossiles ou vivants que nous connaissons il en est quelqu'un que l'on puisse considérer comme établissant ce lien. Le problème se circonscrit rapidement de lui-même. Il n'y a, en effet, qu'un groupe de Quadrumanes qui présentent avec l'Homme une assez grande ressemblance pour qu'on puisse le faire entrer en ligne de comparaison : c'est celui des Singes anthropoïdes. Il comprend : le Gorille (Gorilla gina) *, le Chimpanzé (Troglodytes

i Hartmann, Les Singes anthropoïdes et l'Homme. F. Alcan. Bibliothèque scientifiqîie internationale.

2 MM. Bouvier et Alix distinguent du Corilla gina, le G. vmnynna qui n'est, pour M. Hartmann, qu'une variété individuelle.

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niger)^, l'Orang-outang (Satyru5orang)\ les Gibbons (Hylobates) dont on compte une vingtaine d'espèces et près desquels il faut placer un grand Singe fossile de l'époque miocène, le Dryopithèque. Le Gorille et le Chimpanzé habitent l'Afrique tropicale ; l'Orang-outang est propre aux îles de Sumatra et de Bornéo ; les Gibbons tse trouvent également sur le continent et dans les îles de l'Asie tropicale. Tous ces Singes sont dépourvus de queue ; ils n'ont pas non plus d'abajoues ; le Gorille, le Chimpanzé et l'Orang manquent aussi de callosités au siège ; mais, sous ce rapport, les Gibbons ressemblent aux autres Singes de l'Ancien Monde ; par leur taille plus petite, la longueur excessive de leurs bras, leur existence plus exclusivement arboricole et par toutes leurs iillures, ils sont, du reste, bien moins rapprochés de l'Homme que le Gorille, le Chimpanzé, et l'Orang. De ces derniers, on ne saurait dire quel est celui qui nous avoisine le plus. Haut de plus de 2 mètres, le Gorille est presque humain par ses dimensions; mais ses longs bras, ses énormes mâchoires, ses robustes canines, lui donnent une physionomie bien plus bestiale que celle du Chimpanzé et de l'Orang. Le Chimpanzé, en revanche, se tient moins volontiers debout que le Gorille, et les bras de l'Orang, presque aussi démesurés que ceux des Gibbons, atteignent, lorsqu'il est debout Jusqu'à ses

^ On en a distingué jusqu'à quatre espèces; mais il n'est pas certain qu'elles soient réellement différentes; de plus il est difficile de décider si certaines formes doivent être rapportées au Gorille ou au Chimpanzé.

2 Quelques auteurs en admettent deux espèces.

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