STRUCTURE DES ANTHROPOÏDES 52I
chevilles. Tous ces animaux sont d'ailleurs couverts de poils, sauf sur certaines parties du visage, la paume des mains et la plante des pieds; le pouce de leurs pieds est toujours opposable aux autres orteils dont il n'atteint pas Textrémité ; aucun d'eux ne se tient franchement debout : ils marchent d'ordinaire à quatre pattes, appuyant sur le sol, non la paume de la main, mais le dos des doigts et quelquefois des orteils repliés en dessous ; les Orangs même ne font porter sur le sol que le côté extérieur du pied ; le dos est constamment voûté et ne présente jamais la cambrure lombaire qui facilite si singulièrement à l'Homme son attitude verticale ; tous sont enfin d'habiles grimpeurs et mènent plus ou moins, les femelles et les jeunes surtout, une existence arboricole. Voilà pour les caractères extérieurs communs. Mais l'étude de ces caractères ne suffit pas et il faut encore comparer à l'Homme chaque type anthropoïde au point de vue du squelette, des viscères et des mœurs.
La structure interne des grands Singes et celle de VHomme. — Pendant la jeunesse, ou pour mieux dire, Tenfance, la ressemblance entre . les Anthropoïdes et THomme est beaucoup plus marquée qu'à l'âge adulte; c'est surtout entre les mâles que les différences s'accusent avec l'âge. La proéminence croissante et le développement des mâchoires, les dimensions des canines, le développement sur l'os frontal, d'énormes arcades orbitaires et l'apparition de crêtes saillantes le long de la suture des pariétaux entre eux et avec l'occipital, caractérisent les Anthropoïdes mâles. Ces crêtes, qui repré-
E. Perkier, Le Transformisme. 21
322 LES LÉMURIENS ET LES SINGES; l'hOMME
sentent les lignes d'insertion des muscles temporaux de l'Homme, sont surtout développées chez le porille; elles sont moins étendues chez le Chimpanzé et chez TOrang; elles manquent aux Gibbons. Tous ces caractères sont très atténués chez les femelles; ils n'existent pas encore chez les jeunes qui, par cela même, ressemblent beaucoup plus aux jeunes de l'espèce humaine que les mâles adultes ne ressemblent à l'homme.
Le Gorille, le Chimpanzé et les Gibbons ont ordinairement treize paires de côtes; l'Orang n'en a que douze comme THomme; ces côtes se relient chez les Gibbons à un sternum beaucoup plus étroit que celui de l'Homme. Les apophyses épineuses cervicales sont énormes chez les Gorilles. Le bassin chez tous les Anthropoïdes est plus déprimé que chez l'Homme; les ailes des os iliaques remontent plus haut dans la région lombaire; ces os s'attachent plus particulièrement à la vingt-cinquième vertèbre lombaire chez l'Homme, le Gorille et le Chimpanzé; à la vingt-sixième, chez l'Orang.
Les membres antérieurs des Anthropoïdes sont relativement, plus longs ; les membres postérieurs plus courts que ceux de l'Homme. Le pouce des membres postérieurs est opposable aux autres doigts ; mais il est important de bien remarquer que le squelette de la partie terminale de ces membres ne se rapproche pas pour cela de celui de la main. 11 y a presque autant de différence entre les os de la main et du pied d'un Anthropoïde qu'entre ces mêmes os chez J'Homme, si bien que la meilleure définition qu'on puisse donner de l'extré-