STRUCTURE DES ANTHROPOÏDES
mité postérieure des Singes en général n'est pas de dire que ce sont des mains postérieures, mais que ce sont des pieds à gros orteil opposable aux autres, des pieds préhenseurs. Les os des pieds des Singes anthropoïdes reproduisent, en effet, à peu de chose près, la forme et la disposition des pieds humains. La principale différence anatomique consiste en ce que le premier métacarpien, qui supporte le gros orteil, s'articule sur la totalité du premier cunéiforme chez THomme, tandis que, porté légèrement en dehors chez les Anthropoïdes, il laisse le second métacarpien empiéter plus ou moins sur cet os. Les différences entre le système musculaire des Singes anthropoïdes et de THomme sont de même valeur que celles présentées par le squelette. Ce sont surtout des différences de degré dans le développement des muscles qui d'ailleurs se correspondent étroitement. On cite cependant quelques muscles qui paraissent propres aux Singes : Vomocervical, qui s'étend de la partie externe de la clavicule jusqu'à l'apophyse transverse de la première vertèbre cervicale ; le dorso-condylotdien, qui descend du tendon par lequel le grand dorsal s'insère à Tarête de la petite tubérosité humérale jusqu'à l'aponévrose du biceps brachial, au ligament intermusculaire interne et à l'épitrochlée. Au contraire, le palmaire grêle et le long fléchisseur du pouce manquent chez le Gorille. Malgré tout, ce sont les ressemblances qui prédominent et les différences les plus saillantes consistent en particularités de la musculature des membres inférieurs, préjudiciables à la station debout. '
324 LES LEMURIENS ET LES SlNGES; l'hOMME
Quant aux viscères, ils sont presque identiques à ceux de l'Homme, sauf l'addition au larynx de sacs aériens qui se relient aux ventricules situés au-dessus des cordes vocales ou ventricules de Morgagni.
On pourrait s'attendre à trouver dans le cerveau des diflférences frappantes entre l'Homme et les Anthropoïdes. Ces différences, il faut bien le dire, sont encore beaucoup plus faibles qu'on ne saurait le croire. Proportionnellement, le cerveau du Chimpanzé et celui de l'Orang sont plus courts que le cerveau de l'Homme, le corps calleux est raccourci, mais en somme, dans tout Tencéphale les ressemblances sont frappantes, et la troisième circonvolution frontale, l'organe du langage, suivant Broca, n'est même pas très petite. A côté de toutes ces ressemblances, des diflférences comme celles qu'on a voulu tirer de la saillie du nez, de la conformation du lobule de l'oreille, du revêtement pileux du corps, du développement de la barbe, de l'apophyse frontale du temporal, en admettant qu'elles soient constantes, ont évidemment peu d'importance. L'impression qui se dégage de cette comparaison, c'est qu'en somme, le corps de l'Homme et celui des Singes semblent bien tirés d'un fonds commun. Ce qui caractérise essentiellement l'Homme, ce sont des détails de structure propres à réaliser chez lui une attitude franchement verticale et la marche sur le sol à l'aide de ses deux pieds seulement comme base de sustentation. Ce qui caractérise essentiellement les Singes, ce sont des détails de structure propres à faciliter une existence