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STRUCTURE DES ANTHROPOÏDES

arboricole, à assurer à ces animaux une aptitude toute particulière à grimper et à user des arbres comme de refuges. L'Homme et le Singe sont, au point de vue de la locomotion, spécialisés dans des sens différents, nettement spécialisés, et Ton comprend, en conséquence, qu'aucune des imperfections de développement des êtres humains ne les ramène décidément vers les Singes, ainsi que Tont trop affirmativement soutenu quelques naturalistes.

Ce n'est donc pas dans Tétude de ces monstruosités par défaut, de ces infirmités qu'ilfaut chercher la preuve d'une parenté physique entre l'Homme et les Singes. Si Ton voulait donner cette preuve, il faudrait bien plutôt s'inspirer de cette idée si bien mise en lumière par M. Marey, et sur laquelle nous avons déjà insisté dans ce volume, à savoir que l'organisme des animaux se modifie avec l'usage qu'ils en font. Le volume des muscles, leurs insertions, la forme des os sur lesquels ils agissent, changent lorsque les animaux contractent des habitudes qui les obligent à se servir plus fréquemment de tels ou tels groupes de muscles. C'est une question de physiologie que de déterminer dans quelles limites ces modifications sont possibles et de rechercher si les différences entre les Hommes et les Singes sont rigoureusement de la nature de celles que la diversité des adaptations peut produire, ou sont d'un autre ordre. C'est donc un travail fort utile, mais une simple préface à d'autres travaux

A Marey, La Machine animale j p. 86 et suivantes (Bibliothèque scient ijique internationale).

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essentiellement expérimentaux, que de déterminer avec précision, comme ont contribué à le faire nombre d'anatomistes, en quoi consistent exactement les différences entre les Anthropoïdes et les Hommes et de noter quelles sont les variations spontanées que présentent les uns et les autres.

L'intelligence des grands Singes, — Mais la question de la parenté entre l'Homme et les Singes n'est pas pour nombre de savants une pure question de morphologie. M. de Quatrefages considère l'Homme comme formant dans la nature un Règne à part, et ce Règne, il le caractérise non par telle ou telle disposition organique, mais par deux facultés psychiques qui seraient propres à THomme et qui manqueraient aux animaux : la religiosiié et la wor^lité. L'étude des facultés psychiques des Singes s'impose donc d'une manière toute particulière. Quelques psychologues pensent qu'elles sont de même ordreque lesnôtres.

C'est la concîlusion à laquelle arrive M. Romanes dans le vaste ouvrage qu'il a consacré à l'étude de Vlntelligence animale et de V Évolution mentale che^ les animaux. Tout récemment, dans un livre fort spirituel, M. Victor Meunier a dépensé beaucoup de talent à défendre la thèse que nous pouvions faire des Singes d'excellents domestiques. Le peu qu'on sait actuellement de l'intelligence des Anthropoïdes est tout à fait insuffisant pour autoriser une semblable espérance; il y a, à la vérité, beaucoup à chercher encore relativement à leurs aptitudes mentales. Malheureusement peu de naturalistes ont pu observer les Anthropoïdes à l'état de nature; en

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