CONJUGAISON
sur Ce fait que les deux individualités fusionnées pour produire une individualité nouvelle ne pouvaient pas être entièrement semblables, quoiqu'elles aient un certain nombre de caractères communs sans lesquels leur fusion intime eût été impossible, comme Test le mélange intime de deux corps inorganiques présentant des différences trop prononcées de constitution physique, le mélange de Teau et du mercure, par exemple. L'individualité nouvelle produite par conjugaison devra nécessairement offrir à la fois les caractères qui sont communs à ses deux générateurs et les caractères propres à chacun d'eux, de même qu'une goutte d'huile formée par le mélange de deux gouttes d'huile d'olive de quaUtés différentes, présentera à la fois les propriétés caractéristiques de l'huile d'olive et les qualités propres aux deux sortes qui ont servi à la produire ; de même encore qu'une goutte d'eau résultant du mélange d'une goutte d'eau de mer et d'une goutte d'eau de pluie, tout en présentant la composition chimique et les propriétés physiques caractéristiques de l'eau, offrira un mélange des qualités de l'eau de pluie et de l'eau de mer. Envisagé dans ce qu'il a d'essentiel, le phénomène de la conjugaison entre deux individualités vivantes simples ne diffère donc, en aucune façon, de la fusion de deux masses inorganiques assez semblables pour pouvoir se mélanger intimement.
La seule différence qu'on pourrait essayer d'établir entre la conjugaison de deux cellules vivantes et la fusion de deux gouttes d'huile ou d'eau, c'est que les deux cellules peuvent en apparence aller au-devant l'une de l'autre, tandis qu'il faut qu'un agent extérieur mette en présence les deux gouttes de liquide ; mais cette objection ne peut pas nous arrêter, parce que nous savons
déjà que les deux gouttes d*eau ne sont pas douées de la propriété d'entrer en mouvement d'une façon spontanée ; parce que nous n'ignorons pas que la direction et rintensité des mouvements des unes comme des autres sont toujours déterminées par des agents extérieurs dont nous pouvons méconnaître la nature et l'action, mais qui n'en sont pas moins réels et nécessaires. Conjugaison de deux masses vivantes et fusion de deux masses non vivantes , sont donc, en réalité, deux phénomènes de même ordre.
Plaçons-nous maintenant en face d'un second cas, celui de deux êtres vivants formés d'un nombre variable de cellules jouissant toutes des mêmes propriétés principales et toutes susceptibles de se conjuguer deux à deux. Il est bien évident que la cellule nouvelle, produite par la réunion de deux cellules aussi semblables qu'il est possible de Têtre à deux masses de matière, présentera à un haut degré les propriétés communes & ses deux générateurs. Si les deux cellules génératrices se multipliaient par division, la cellule nouvelle jouira aussi de la propriété de se segmenter de la même façon, sous l'influence des mêmes conditions extérieures et intérieures. Si les .deux cellules génératrices provenaient d'un être filamenteux, formé à l'aide de segmentations perpendiculaires au grand axe de ses cellules, l'être nouveau, d'abord unicellulaîre, ofiHra bientôt des segmentations semblables et reproduira un filament identique à celui qui a fourni ses deux cellules génératrices, c'est-à-dire à son grand parent, filament qui sera formé comme ce dernier de cellules aussi semblables entre elles que possible et ayant toutes la propriété de se conjuguer deux à deux.
Un troisièn^e cas est celui dans lequel certaines cellules