DE SON ÉVOLUTION
Après avoir étudié les propriétés de la matière vivante, comparées à celles de la matière non vivante, nous devons nous demander par quels procédés la matière vivante a pu faire sa première apparition sur la terre et par quelques phases elle a dû passer pour acquérir les formes diverses et inégalement perfectionnées sous lesquelles elle se présente actuellement. Deux problèmes en un mot nous restent à étudier : celui de l'origine de la matière vivante et celui de l'évolution de cette forme de la matière.
Nous savons déjà que la matière vivante est constituée en majeure partie par des substances albuminoïdes et nous savons que ces substances ne sont formées chimiquement que par un petit nombre de corps simples : carbone, azote, hydrogène et oxygène, très répandus sur la terre.
Il est permis d'admettre que ces corps simples ont
pu et peuvent peut-être encore se trouver en présence, dans des conditions telles que leur combinaison s'effectue pour produire des substances album inoïdes.
Il n'y a pas davantage de difficulté à concevoir que certaines matières albuminoïdes, une fois formées, se soient associées entre elles et avec des composés inorganiques, pour donner naissance à la matière vivante. Ce que nous ignorons, c'est la façon dont ces phénomènes se sont produits, ce sont les phases par lesquelles sont passées les combinaisons matérielles avant de parvenir à l'état complexe que présente la matière vivante.
On s'est beaucoup préoccupé, à toutes les époques, de la question de la genèse des êtres vivants. Depuis une trentaine d'années surtout ce problème a été agité avec passion, non seulement par les hommes de science, mais aussi par les philosophes, partisans ou adversaires de la doctrine de la création de l'univers par un étreimnfatériel.
Il n'est pas de thèse qui ait soulevé de si nombreuses et de si ardentes polémiques. Déistes et matérialistes croyaient en effet que de la solution ou de la non-solution de ce problème, pourrait découler le triomphe de leurs idées. La question de la « génération spontanée » est ainsi devenue une pomme de discorde jetée dans le monde scientifique qui a perdu pour la saisir beaucoup plus de temps qu*il n'en aurait dû consacrer à ce jeu enfantin.
Nous ne parlerons ni des anciens qui croyaient à la génération spontanée des abeilles dans le ventre des animaux en putréfaction, ni des hommes qui, il y a quelques siècles, admettaient la formation spontanée des rats dans les vieux chiffons ; nous ne voulons faire allusion qu'aux recherches les plus modernes. Exprimant notre avis sur ces recherches, nous n'hésitons pas