MATIÈRE VIVANTE INCOLORE ET CHLOROPHYLLÉE
produites par une simple modification chimique de ces dernières. Puis, cette qualité une fois acquise par la cellule ou les cellules d'un individu, s'est perpétuée par l'hérédité et est devenue caractéristique de tout un groupe d'organismes.
Les végétaux actuels ont des cellules entourées de membranes formées de cellulose, tandis que les cellules des animaux ont des membranes formées d'une substance azotée. Ce caractère n'est cependant pas absolu. Certains animaux, par exemple les Tuniciers, ont des enveloppes de cellulose ; d'autres, comme les Insectes, ont des membranes incrustées de chitine, substance voisine de la cellulose, etc. Dans tous ces cas, les membranes ne sont que des produits engendrés par la désassmilation des matières albuminoïdes et de leurs dérivés.
Il est une autre différenciation de la plus haute importance biologique qui a dû se produire dès les premiers instants de l'apparition de la matière vivante sur notre globe. Actuellement, cette matière se présente à notre observation sous deux aspects bien distincts : ou bien elle est incolore ; ou bien, elle est colorée par une matière verte, qui a reçu des botanistes le nom de pigment chlorophyllien.
Nous devons nous demander quelle est celle de ces deux formes de la matière qui a précédé l'autre sur la terre. Mais, auparavant, il est nécessaire de bien insister sur les propriétés qui les caractérisent. Ces propriétés sont véritablement capitales.
Toute matière vivante incolore, ou, pour mieux dire, dépourvue de pigment vert chlorophyllien, tous les animaux ou ^es végétaux qui ne possèdent pas ce pigment, ne peuvent se nourrir et s'accroître qu'à la condition
d'avoir à leur disposition des matières organiques préalablement formées. Au contraire, toute matière vivante colorée en vert et tous les animaux ou les végétaux qui possèdent, en plus en moins grande quantité, du pigment chlorophyllien, sont susceptibles de se nourrir et de s'accroître à l'aide de substances purement inorganiques, à la seule condition qu'ils soient exposés à la lumière du soleil ou à une lumière artificielle suffisamment intense.
Un pied de haricot, par exemple, dont les feuilles sont vertes, se contente pour sa nourriture de l'acide carbonique de l'atmosphère et de l'eau du sol, dans laquelle sont dissous quelques sels minéraux, tels que des carbonates et des azotates. Quand les feuilles vertes de cette plante sont exposées à la lumière du soleil, elles prennent à l'acide carbonique son carbone ; en combinant ce carbone avec l'oxygène et l'hydrogène dé l'eau, elles fabriquent des matières organiques ternaires, amidon, graisses, etc., dont elles se nourrissent. Elles peuvent même, peut-être, pousser plus loin encore cette synthèse chimique, et fabriquer directement des matières quaternaires, en combinant le carbone et l'eau avec l'azote qu'elles retirent des azotates du sol. Quoiqu'il en soit, toute plante verte peut être nourrie avec de l'acide carbonique, de l'eau et quelques sels minéraux. Avec ces matériaux inorganiques, elle fabrique, dans ses organes verts, qui sont de véritables laboratoires, des aliments organiques qui se répandent ensuite dans toutes les parties du corps pour nourrir le protoplasma des cellules.
Les plantes dépourvues de chlorophylle et presque tous les animaux se comportent très différemment. Ils ne peuvent se nourrir et s'accroître qu'à la conditio/i d'avoir à leur disposition des aliments organiques, ternaires ou