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CHAPITRE I

COUP d'oeil historique sur la théorie du transformisme

L'un des problèmes qui ont le plus excité la curiosité des philosophes et des savants de toutes les époques est,

sans contredit, celui de l'origine du monde, de la terre,

des êtres vivants et particulièrement de l'homme. D'où viennent les animaux et les plantes qui peuplent notre terre ? D'où vient l'homme et comment se sont formés les premiers hommes ? Ce sont là autant de questions que rintelligence humaine a dû poser dès qu'elle a été assez éveillée pour en saisir toute l'importance.

Ces problèmes ont reçu deux solutions opposées.

D'après l'une de ces solutions, les différentes espèces d'animaux ou de végétaux qui existent actuellement ou qui ont autrefois vécu sur notre globe ont été créées de toutes pièces par une divinité quelconque et se sont toujours montrées avec les mêmes caractères ; chaque espèce est toujours restée ce qu'elle était au moment de sa création et

n*a pu se confondre avec aucune autre. Quant à Funivers entier et à notre planète, ils ont été également créés par la divinité et sortis par elle du néant.

Cette première solution du grand problème de Torigine du monde, des êtres vivants et des diverses espèces de ces êtres, peut être désignée sous le nom de théorie dé la création et de la fixité des espèces.

Conçue dans les époques d'ignorance, elle a été le patrimoine de toutes les religions. Delà elle est passée dans les systèmes philosophiques ou dans les théories scientifiques. Malgré son absurdité, elle compte encore de nos jours bon nombre de défenseurs.

Si cette théorie était exacte, les espèces végétales ou animales ne pourraient ni se perfectionner ni dégénérer ; la fixité la plus absolue serait pour elles une immuable nécessité. Appliquée à l'espèce humaine, elle a pour conséquence la suppression du progrès. C'est Thumanité cristallisée dans une forme invariable dès son premier pas sur le sol de notre globe ; c'est le crâne humain condamné aux formes fuyantes que l'on découvre dans les cavernes ; c'est l'homme primitif, imbécile, condamné à une éternelle imbécillité et courbé sous la volonté implacable de son créateur et des maîtres qui prétendent repi*ésenter la divinité créatrice.

Une semblable doctrine pouvait bien être admise sans contestation alors que l'homme, à peine plus intelligent que ses ancêtres, voyait la nature sans savoir la regarder, alors que, subissant lui-même une évolution nécessaire, il n'avait fait encore que les premiers pas dans la voie du progrès, alors que la religion et la philosophie étaient si peu distinctes que les dogmes de la première ser\'aient de base aux systèmes de la seconde.

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