SOCIÉTÉ ET FAMILLE CHIZ LB8 VÉGÉTAUX 48S
poration de Teau contenue dans le sol et entretient ainsi une humidité favorable à la eroissanoe des protégées et des protectrices. Entre ces deux ordres de plantes, l'aide pour la lutte est réciproque ; les plus faibles rendent aux plus fortes les services qu'elles en reçoivent.
Dans ee cas, comme dans les précédents, l'association des individus, employée comme arme défensive dans la lutte pour Texisténce, est absolument inconsciente, mais elle n'en est pas moins réelle, et elle est indispensable aux forts comme aux feibles» aux grands comme aux petits.
Les sociétés végétales dont nous venons de parler ofh*ent à notre étude un autre problème dont je dois maintenant exposer les termes.
La famille est actuellement considérée, même par la majorité des savants, comme la base sur laquelle se sont élevées les sociétés humaines.
Placons*nou8 en dehors de toutes les passions soulevées par la discussion de cette question, et, pour être certains de conserver le calme nécessaire à nos observations scientifiques, commençons l'étude de ce problème par les sociétés végétales.
Voyons ce qui se passe dans une forêt inculte au montent de la germination des graines et pendant le développement des jeunes arbres.
Ce chêne, doyen de la forêt, ancêtre plusieurs fois séculaire d'innombrables générations, laisse tomber à ses pieds les graines sans nombre qu'il a produites. Sur le sol entretenu constamment humide et protégé contre les ardeurs du soleil parla cime du géant, les graines ne tardent pas à germer. Les jeunes plantes qu'elles produisent, nourries par Thumus qu*ont formé les vieilles feuilles de
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leur père, grandissent rapidement, et le chêne est bientôt entouré d'une nombreuse famille qui prospère sous sa protection .
Mais, lorsque les enfants ont atteint un certain âge, les conditions changent complètement. Jusqu'alors ils avaient besoin d'ombre et de repos ; désormais il leur faut le soleil, il leur faut le vent, qui, en agitant leurs branches, active la circulation de la sève dans leurs vaisseaux. Or, le vieux chef de la famille intercepte la chaleur, la lumière et le vent ; les enfants ne tardent pas à mourir, anémiés, étouffés par celui-là même qui leur a donné le jour.
Pendant ee temps, des plantes toutes différentes, des ronces, des herbes, des mousses, des lichens, une innombrable quantité de petits êtres ayant des besoins spéciaux, se développent à la surface du sol, s'y étalent et vivent plant ureusement à l'ombre de cette famille, dont les membres se combattent les uns les autres et meurent victimes des liens trop étroits qui les retiennent enchaînés.
La famille a été impuissante à constituer une société durable, tandis que des êtres différents se prêtent l'aide mutuelle pour la lutte qui fait les sociétés nombreuses et prospères.
Supposons maintenant, et, en agissant ainsi, nous nous conformons à ce qui se passe réellement dans la nature, supposons, dis-je, qu'un certain nombre de graines du chêne dont je parlais tout à l'heure aient été emportées par des oiseaux ou entraînées par l'eau de la pluie et transportées plus ou moins loin de l'arbre qui les a produites, dans un lieu découvert et propice, sur la lisière de la forêt, par exemple, ou dans quelque grasse clairière, chacune d'entre elles pourra facilement produire un