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SOCIÉTÉ ET FAMILLE CHEZ LES VÉGÉTAUX

arbre nouveau, qui se développera librement et contribuera à l'extension des limites de la forêt.

Ainsi, pour que la société à laquelle appartient notre chêne s'accroisse, il a fallu que les membres de sa famille fussent ségrégés et dispersés par des causes accidentelles.

Le même fait nous est offert par tous les végétaux. Retenue dans les limites étroites que lui assigne Timmobilité des êtres qui la composent, la société familiale entraînerait fatalement la disparition des espèces. Aussi trouvons-nous chez les végétaux tous les procédés de dispersion des graines qu'il est possible d'imaginer et dont nous avons déjà parlé dans un chapitre précédent.

Ce qu'il importe de noter, ce dont la doctrine de la lutte pour l'existence nous donne l'explication, c'est la façon dont les moyens de dispersion des graines et des fruits se sont développés.

Si les graines et les fruits se montrent pourvus de tous les caractères les plus convenables pour amener leur dispersion, si les fruits du pissenlit ont les légères aigrettes qui permettent au vent de les enlever; si les graines [lu coton ont les poils qui s'accrochent aux plumes et ï la laine des animaux ; si les baies du gui sont entourées Tune glu qui les fait adhérer aux branches sur lesquelles es déposent les oiseaux, ce n'est pas en vertu de l'interention de quelque puissance occulte, — nous pouvons ous passer de toutes celles que l'ignorance a imaginées, - mais simplement parce que des individus dont les raines sont le plus activement dispersées sont les seuls ui puissent laisser une descendance, ceux dont les raines germent sur place succombant fatalement, tôt ou ird, dans la lutte pour Texistence qu'ils ont à soutenir, on seulement contre le monde extérieur,^ les animaux et

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les plantes de nature différente, mais encore contre leurs semblables et surtout contre leurs parents les plus proches.

En présence de ces faits, dont il me semble impossibk de contester l'exactitude et la généralité, quoiqu'ils paraissent avoir échappé jusqu'ici aux observateurs, nous est-il possible de considérer la famille comme la base <>t le point dé départ des sociétés végétales? Évidemment

non.

II est un autre phénomène dont nous avons déjà pari dans un chapitre précédent, 8i!br lequel nous devon* revenir ici, parce qu'il présente un intérêt marqué relativement à la lutte pour l'existence chez les végétaux.

Nous avons dit que les fleurs hermaphrodites se frcondent rarement elles-mêmes et que, d'autre part, il n; a pas avantage pour les plantes à ce que les fleurs d'u: individu déterminé fécondent les fleurs du même inividu, mais qu'il est, au contraire, très avantageux quehfleurs d'un individu soient fécondées par celles du autre.

Les avantages de la fécondation croisée sont si con^id'râbles, que les plantes les mieux douées en vue de cett fécondation sont celles qui luttent avec le plus de sucepour leur existence et qui offrent les espèces les plus p€> manentes.

Les fleurs ne pouvant pas aller au-*devant les unes d autres pour effectuer cette fécondation, celle-ci est opér' d'habitude, par les insectes qui voltigent d'une fleur l'autre, transportant les éléments fécondateurs des orgafi*^ mâles sur les organes femelles.

Les insectes visitent les fleurs pour s'y nourrirdu liqui. sucré qu'elles produisent. Or, les fleurs de presqae lo«:

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