ÉVOLUTION ASCENDANTE
verte de dépôts constitués par ses propres éléments, mais charriés d'un point à un autre de sa surface. Qu'on ajoute à ces éléments, dissociés physiquement, les matériaux rejetés à travers les fissures de la croûte solide et provenant des entrailles du globe, et Ton aura une idée suffisante de la nature et de l'origine des formations géologiques qui se sont déposées pendant la période archaïque de l'histoire de la terre, à la surface de la couche solide primitive.
Ces formations atteignent une épaisseur qu'on évalue à plus de trente mille mètres. On les a divisées en deux séries : formation Laurentienne ou gnéssique primitive et formation Huronienne ou schisteuse primitive.
C'est, sans aucun doute, pendant les formations de la série laurentienne que se sont montrés à la surface du globe les premiers organismes vivants ; mais il est facile de comprendre qu'on ne puisse en trouver les traces. Formés uniquement de matière vivante molle, ces organismes pourrissaient et ne laissaient après leur mort aucune trace de leur passage sur la terre, ainsi que font aujourd'hui les Monériens, les Amœbiens, les Infusoires et un grand nombre de végétaux inférieurs.
Parmi les organismes inférieurs, lesForaminifèresetles Radiolaires, qui sont pourvus de squelettes ralcaires ou siliceux, étaient seuls capables de laisser dans les rouches géologiques des traces de leur existence. Aussi est-ce sur eux que se porte l'attention des géologues qui se livrent à l'étude des formations archaïques.
Dans les couches supérieuresde la série Laurentienne, on croit avoir trouvé l'un de ces organismes YEozoon canadense, Foraminifère qui aurait atteint une taille gigantesque, si l'on en juge d'après les productions que l'on considère comme représentant sa coquille. Celle-ci se montre
tion non réfléchie de ses appétits individuels, rhomm diminué dans une mesure considérable l'action de luui les causes qui, chez les animaux, déterminent le pro^ incessant des individus et des espèces.
Chez tous les animaux, la lutte pour l'existence en les individus- d'une même espèce entraîne la persislar. des plus robustes et des plus intelligents; chez l'homn. celte lutte a créé les rois, les nobles, les prêtres, lesesp' leurs de toute sorte; elle ralentit ou arrête par mom»'i le développement de l'intelligence, supprime par lamiet par la guerre les individus les plus forts.
Chez tous les animaux la lutte sexuelle amène triomphe des plus beaux, des plus robustes et des [• intelligents ; chez les hommes, la femme se vend au| J riche, qui est souvent aussi le plus faible ou le plu? - Enfin, l'asservissement et l'ignorance de la femme pour conséquence la procréation d'enfants moins inl-^ gents et plus serviles qu'ils ne le seraient si les sexe; : talent rapprochés, comme chez les animaux que . i l'attrait des qualités naturelles.
L'antagonisme entre la famille et la société, atténué •! i ses effets, chez les animaux, par un ensemble de conditi i naturelles, se manifeste avec toutes ses fâcheuses corquences dans les sociétés humaines, où elle per|' i l'ignorance, la misère et l'esclavage.
L'association des individus, si utile à tous les a maux, a produit jusqu'à ce jour, parmi les homC' bien des effets désastreux, les races fortes et dominatr^ ' s'arrogeant seules l'usage des droits qu'elles interdi-i aux classes dominées et s'associant pour opprimer ■ dernières, tandis qu'elles les empêchent de se groupe' i de s'unir pour la lutte.
ROLE DE LA LtJTTB t>Otm L'eXISTENCE 808
Qaant à la ségrégation elle n'a contribué qu'à maintenir d'une part, la supériorité des castes supérieures et dominatrices, et, d'autre part, l'ignorance et la servilité de la masse des individus qui composent l'espèce humaine.
Nous devons maintenant nous demander quel est le rôle de la lutte pour l'existence et de la sélection naturelle qui en est la conséquence dans la formation de variétés et d'espèces nouvelles.
Nous avons vu que les animaux et les végétaux sont soumis à une lutte, incessante : 1* contre les variations brusques du climat ; 2<* contre les autresanimaux ou végé-' taux et l'homme; 3* contre les individus appartenant à la même espèce animale ou végétale.
Envisageons d'abord la lutte contre le milieu extérieur, c'est-à-dire contre le climat, les vents, le froid, le chaud, l'humidité, etc. J'ai déjà montré que cette lutte n'est même pas de nature à toujours amener la persistance des plus forts. Mais en admettant même qu'elle le pût, il n'en résulterait pas la formation d'espèces nouvelles ; la seule conséquence qu'elle pourrait avoir serait de perfectionner l'espèce. Pour que celle-ci soit transformée, il faut riue les conditions générales changent complètement ; ce le sont pas des variations accidentelles qui pourraient >roduire un effet aussi considérable.
La lutte pour l'existence des animaux contre les végéaux et réciproquement, ou bien celle d'une espèce aniriale ou végétale contre une autre espèce appartenant LU même règne, peuvent-elles davantage produire des ïdpèces nouvelles? Je ne le pense pas, et le lecteur n'a ju'à se reporter à ce que nous avons dit de cette lutte ^our arriver à la même conviction.
Prenons un exemple. Le lapin et le renard sont incon*
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teatablement en lutte incessante, et cependant ]^ ' crois pas qu'on puisse dire que cette latte soit de nat/ à transformer Tun on Tautre ; le lapin a dû acquérir i . d'habileté pour creuser son terrier et s'y mettre à li^ dn renard, plus de délicatesse d'oreille pour entendn? pas de son ennemi, plus d'intelligence pour déjouer r ruses; mais il me serait bien difficile d'admettre q. peut trouver dans cette lutte les moyens de modifier ^ dentition de rongeur. Le renard a pu, de son côté, perf tionner ses qualités de manière à amener le succès d-^ ^ chasse au lapin; mais cela ne suffît pas pour faire unepèce nouvelle et surtout pour expliquer comment •: renard on passe à un loup, comment d*un loup on yy^ à un tigre, etc.
Nous avons vu que les armes le« plus împortan dans la lutte pour Texistence entre les individu^ partenant à des espèces différentes sont la rapidité c multiplication et l'association des individus. Il est à \-* besoin d'insister sur l'impossibilité dans laquelle sont . ou l'autre de ces phénomènes de déterminer la forma d'espèces ou même de variétés et de races nouvelles. N avons vu, par exemple, qu'une plante produisant i grand nombre de graines a plus de chances de laisser postérité que celle qui en donne une petite qaai. qu'un couple très prolifique de lapins laissera plus a ment une descendance qu'un autre couple à faculté? : nésiques limitées, etc. Il en résulte un avantage mar pour tous les individus très prolifiques, et ce fait aisén constatable que plus une espèce compte d'ennemis <» chances d'être détruite par eux, plus elle est prolit: Mais il est bien évident que cette lutte ne peut pas en*' nerla transformation d'une espèce en une autre.