‹ Le transformisme [microforme]Chapitre 6 sur 9 · MES · texte numérisé non relu

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La manière dont la tête s’articule à la colonne dorsale oblige l’homme à se tenir debout, tandis que chez le singe, cette articulation est telle qu'il est obligé de rejeter sa tête en arrière quand il est debout, afin de maintenir l'équilibre de son corps ; aussi ai-je remarqué que le gorille ne peut que très peu de temps garder l'attitude verticale... (Du Chaille.)

Il y a donc différence dans la structure du bassin et des membres qui permettent à l’homme seul parmi tous les êtres, la station verticale dans la marche; différence ‘dans la courbe des vertèbres dorsales; différence dans la construction du pied destiné à être la base solide du corps humain et non à servir à la fois à la marche et à la préhension ; différences plus importantes encore dans les membres supérieurs. dans la main surtout qui ne saurait être comparée à la patte de l’anthropoïde, même de l'ordre le plus élevé ; différences enfin dans les crânes où, quelle que soit la ressemblance que l’on puisse relever, elles marquent profondément la distance qui sépare l'homme de tous les êtres. (De Nadaillac.)

Huxley avait relevé ces différences anatomiques :

Chaque os de gorille, disait-il, porte une empreinte par laquelle on peut le distinguer, dans la création actuelle, de l'os humain correspondant; aucun être intermédiaire ne comble l'abime qui sépare l’homme du troglodyte (sorte de singe). Nier cet abime, ajoutait-il, serait aussi blämable qu’absurde.

Tous les hommes, dit sir William Turner, quelle que soit la race à laquelle ils se rattachent, sont doués de la faculté de se tenir droit. Cette posture n'est le résultat ni de l'éducation, ni de changements successifs, mais bien une des particularités constitutives de la charpente humaine.

La tête surtout diffère de celle du singe par la manière dont elle est fixée, par la façon dont les yeux sont dirigés. Le singe est fait pour regarder quai.d il est à quatre pattes, l’homme quand il est le front levé. Le singe est fait pour regarder en bas, l’homme pour regarder en haut.

B. L'homme diffère du singe par le développement crânien.

D'après M. Eugène Dubois, le poids moyen du cerveau chez vingt-cinq hommes observés est de 1,491 grammes. Un autre calcul sur trente-trois cerveaux, a donné une moyenne

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de 1,224 grammes. Le cerveau du singe pèse seulement 400 grammes. Le cerveau d'un orang, mort au Muséum en 1891, pesait 800 grammes.

Il y a des différences aussi dans le développement des plis du cerveau. C'est, une loi sans exception, dit Gratiolet, qu’en histoire naturelle le semblable se développe d’une manière semblable. Toute exception à cette règle constitue une anomalie sans exemple, un véritable prodige.

Or, ce prodige est réalisé par l’homme. Dans le cerveau des singes, les plis apparaissent d’abord sur les lobes inférieurs et, en dernier lieu, sur les lobes frontaux. Dans l’homme, c’est le contraire: les plis frontaux apparaissent les premiers; les plis inférieurs sont les derniers.

C. La géologie a-t-elle fait des découvertes favorables aux évolutionistes? Non.

Que l’on cherche dans tous les terrains; partout, à toutes les époques, on trouve des squelettes semblables à ceux des races de type moderne’’ — voir Causeries du Dimanche — et aussi ‘‘Que sommes-nous’’?, de l’abbé Moreux.

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