XVI PRÉFACE
si peu négligé Timportance qu'avec A. Comte et H. Spencer, j*en ai constamment montré Tinfluence capitale sur la structure de toutes les autres formes sociales.
Des lacunes certes existent dans le présent ouvrage ; ainsi M. de Brouckère signale avec raison que je ne me suis guère occupé de la question de La survivance des formes primitives devenues rudimentaires au sein de sociétés plus avancées ; j'ai à peine effleuré d'après lui, la raison de cette survivance. Cette question figure au plan d'études annexé à cette deuxième édition, plan que je n'ai pas la prétention d'avoir épuisé ; elle a du reste été très bien exposée par M. Tylor dans Civilisation primitive,
A propos de ma classification fondamentale des phénomènes sociaux, M. Tarde prouve une fois de plus qu'il lui est impossible de comprendre un système complexe ; il faut à son génie une formule, un mot qui expliquent toute la structure, toute la vie sociales : imitation, opposition, etc. Il en veut surtout à ma classification hiérarchique; il objecte que dans un groupe social tous les éléments coexistent au lieu de se succéder et qu'ils se conditionnent mutuellement; pour que mon idée fut exacte, il me faudrait montrer des sociétés où tout serait exclusivement économique, génésique, artistique, etc. Comme j'ajoute qu'en économie l'appareil circulatoire est le plus général et le plus simple, je devrais sans doute montrer des agrégats sociaux où il n'y a que des phénomènes circulatoires ! Dois-je rappeler à mon éminent critique que dans une analyse des éléments cojistitutifs abstraits de tout agrégat social et dans la classification à la fois logique, dogmatique et naturelle de ces éléments abstraits, analyse et classification qui font l'objet de la première partie de mon Introduction à la Sociologie^ il n'est et ne pouvait nullement être question de groupe social^ ni de sociétés pas plus qu'en chimie il n'est question ni de la