‹ Le transformisme social; essai sur le progrès et le regrès des sociétésChapitre 14 sur 45 · XXII PRÉFACE · texte numérisé non relu

XXII PRÉFACE

avant le» croyamcea et que cependaal^ eomiae je l'ai éAOiieé> les. rites ont survéciL sbujl croyajo^es. Qu'est-ee qu'un rite ? C'est la cristallîsatictn ^s< formes orrgmaires des* émotions^ gestes, mouvesn^ata et: pratiquies correspondants aux eroyances; ce sont ces formes originai^res primitivement bien vivantes et intelligentes qui dégénèrent finalement, après la perte des croyances, «i pratiques, es rites, dont ni les Mèle& ni même leurs pasteurs ne comprennent plus la signification. En vérité, M. Tarde m'oblige à des définitions élémentaires.

M. de Bjrouckère critique de son côté mon mètre de la civilisation.mais par des arguments moins captieux. Bans les sciences les plus simples, dit-il, certains éléments, la température, par exemple, ne sont jusqu'ici déelai'és mesurables que grâce à un véritable artifice logique ; d'autres^ l'intensité du son et l'affinité, ne paraissent pas susceptibles d'une mesure rigoureuse. En supposant le progrès mesurable, il ne le serait pas en nombre, maisen qualité. J'hésite à ne voir dans les mesures adoptées dans les scienees les plus simples, comme en physique, que de purs artifices logiques ; je suis cependant disposé à reconnaître que plus on s'élève dauale domaine des sciences plus complexes, chimiques, biologiques et psychiques, les mesures rigoureuses deviennent de plus en plus difficiles, bien qu'avec les progrès de la technique la difficulté ne paraisse pas insurmontable. Toutefois le mètre proposé par moi en soeiologie, n'est pas purement qualitatif ; en réalité, il est composé d'abord de tous les éléments quantitatifs que peut lui fournir la statistique ; seulement celleci à elle seule est insuffisante, son véritable sens ne peut se dégager d'abord que de l'appréciation des institutions -sociales particulières et surtout de la considération d'ensemble de ces dernières, de l'organisation sociale intégrale. Ainsi une des lois sociologiques les plus générales.

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celle de récaaomie de l'effort et de la réductioa progressive du poids mort dans tous les phénomènes circulatoires des sociétés, peut très bien être évaluée quantitativement dans le transport, dans la monnaie, dans le commerce en général et qualitativement dans les institutions appropriées.

Dans tou& les cas, lorsqu'il s'agit d'organismes etspéciar lement d'organismes sociaux, la mesure qualitative suffît pour déterminer si une société est supérieure à une autre. Un homme dont les centres d'association représentent les deux tiers de la surface corticale est supérieur à un singe dont les ceiitres n'en représentent que la moitié et, à plus forte raison, à un animal chez qui les zones de projection existent seules, d'autant que cette structure s.péciale est toujours en corrélation avec l'ensemble de l'organisation^.

Dans la conceptioSi de M. Tarde et même de M. de Brouckère, la classification hiérarchique des sciences de Comte, celle de M. H. Spencer relative aux types sociaux, celle de K. Marx empruntée au développement des formes de la production, seraient sans signification au point de vue du progrès. Je n'ignore pas qu'une tendance du Marxisme est de soutenir que le processus social constitue un simple développement ; mais, en réalité, l'avènement de la production socialiste ne constitue-t-elle pas, dans la pensée même de Marx, une amélioration relativement au régime capitaliste antérieur? Et cette amélioration ne résulte-t-elle pas de la supériorité de l'organisation ?

Les critiques de M. Reveiin s'adressent davantage encore au fond de ma doctrine. M. Reveiin est marxiste dans le sens le plus orthodoxe. D'après lui, ma méthode n'est pas conjTorme à celle de Lamarck ; je n'explique pas les transformations sociales par l'action du milieu et je ne montre pa& que le& formes sociales complexes dérivent de formes sociales plus simples. M. de Brouckère dit au contraire que

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j'explique les variations par le milieu ; celui-ci a donc vu ce qui a échappé sans doute à M. Revelin ; ce qui est vrai, c'est que je n'explique pas toutes les variations par l'adaptation aux milieux; ma théorie est plus complexe; quant à la filiation naturelle des formes sociales complexes des plus simples, elle constitue la base même de la théorie que j'ai développée dans les deux premiers volumes de mon Introduction à la Sociologie où je montre cette filiation naturelle et son parallélisme avec la classification logique et dogmatique des phénomènes sociaux et des sciences sociales correspondantes.

Ma méthode d'après M. Revelin ne serait pas non plus celle de Darwin, qui va de l'analyse des formes complexes aux simples. Or, tout le premier volume de mon Introduction a pour objet l'analyse des phénomènes sociaux, dont je reconstitue une synthèse dans le deuxième, synthèse destinée à être complétée dans le troisième consacré à la structure générale des sociétés.

Je croyais avoir suffisamment indiqué que le transformisme social n'était qu'un chapitre détaché du sixième volume qui aura pour objet la Dynamique ou Vie générale des sociétés.

D'après M. Revelin, « l'œuvre sociologique équivalente à l'œuvre de Lamarck et de Darwin a été faite en ce qu'elle a d'essentiel, quoique M. De Greef ne Tai point dit, dans les chapitres qu'il a consacrés à l'histoire des croyances et des doctrines, et cette œuvre est précisément celle de Marx». Nul n'a plus de sincère admiration pour l'œuvre de Marx, mais je n'ai pas dit qu'elle était, comme sociologie. l'œuvre la plus parfaite, parce que je ne le pense pas. Le capital n'est pas une sociologie ; il n'est pas même toute la sociologie économique bien qu'il constitue une date importante dans l'histoire des doctrines économiques en rapport avec la première phase de l'évolution industrielle

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