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rialîsme historique.) En somme le progrès esh une espèce d'évolution qui tend à s'accentuer et à se protonger, la loi du regrès n'est pas distincte de celle du progrès, pas plus que la pathologie n'est distincte de la physiologie normale.
M. Revelin me reproche de ne pas avoir donné une place suffisante à l'histoire des doctrines économiques et surtout à rhistoire de la production et de la technique de la production. Il m'excuse lui-même e« déclarant que je me suis placé au point de vue sociologique général et que « je me propose à peu près uniquement d'éclairer la notion de progrès et de regrès ». Mais à cela même d'après lui, je ne réussis pas. Pourquoi? Parce que «je ne montre pas comment l'idée de progrès a, dans la doctrine de l'évolution, le sens de procès, de développement, qu'elle ne comporte pas d'autre élément que l'idée d'adaptation au milieu, idée piirement mécanique, exclusive de toute fînalilé, du moins de toute finalité qui ne serait pas une finalité immanente ».
Il est vrai, je soutiens le contraire c'est-à-dire que pour les sociétés humaines, le progrès n'est pas un simple développement. mécanique de l'adaptation au milieu, mais une adaptation meeï^e»rd en partie méthodiquement poursuivie par la société même en vue de la réalisation d'un idéal dont tous les éléments certainement sont empruntés à la réalité, mais aussi incorporés dans des combinaisons supérieuires nouvelles. Ainsi se concilient la doctrine du progrès dont le critique fait à tort l'apanage des écoles dites libérales, et celle du simple développement, dont il fait à tort un dogme essentiel du socialisme et même du marxisme.
Je n'admets pas du reste avec les sectateurs de l'École que toutes les variations même superficielles, politiques par exemple, proviennent uniquement de changements
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économiques; un changemeat de miaistère n'implique pas nécessairement une variation économique. Loin d'être contraire comme il le prétend à la loi de solidarité des organes sociaux:, mon point de vue la consacre en donnant une plus grande place à. l'interdépendance de tous les faits sociaux^ tout en admettant la prédominance du facteur économique, sans cependant accorder à ce facteur une initiative absolue comme cause première. M.'Revelin objecte la révolution politique de 1830 en France, qui a été l'avènement à la vie politique d'une classe nouvelle représentant des intérêts économiques, déterminés. J'admets non seulement que cette révolution a eu ces conséquences économiques, mais que, en réalité ces prétendues conséquences en ont été les causes ; seulement une simple variation politique n'agit pas toujours et nécessairement sur la vie économique profonde des sociétés ; cela dépend de l'intensité de la perturbation ; de même toute émotion n'influe pas nécessairement sur tous nos organes, sur tous nos muscles malgré la loi psychorphysiologique générale de la diffusion des émotions.
M. Revelin conclut que dans ma théorie la distinction entre le progrès elle regrès n'est pas assez nette. Il semble aussi rejeter ma classification des phénomènes sociaux ou croire tout au moins que je suis moi-même en contradiction avec elle parce que « la classification qui est supposée par ma doctrine, est ruinée par ce fait que j'admets que la régressio;i peut s'arrêter et s'immobiliser dans les couches supérieures )>. Mais n'en est-41 pas de même dans les maladies mentales, par exemple dans eelles de la volonté et de la mémoire? Et en dynamique sociale, une crise politique doit-^Ile inévitablement se répercuter sur la législation, la morale, la science, Fart, la population, l'économique ? Et de même une perturbation économique ne peut-elle être arrêtée de manière à ne pas avoir le
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temps d'influer sur les faits sociaux d'ordre plus complexe? En somme ce qui déroute les idéalistes comme M. Tarde et les marxistes comme M. Revelin c'est la complexité de ma théorie, complexité qui n'étonnera pas les psychologistes et les biologistes et qui a pour pour résultat do ramener la conception absolue des lois sociales à la relativité constante de toutes les lois scientifiques.
M. Revelin critique aussi mon mètre du progrès. Comment dit-il, appliquer une commune mesure à des phénomènes aussi différents ? Aussi je n'applique pas cette mesure ni aux éléments constitutifs ni aux sept classes de phénomènes sociaux abstraits, mais à leurs combinaisons sociétaires sous forme d'agrégats. Toutes les sociétés sont des superorganismes homogènes et c'est par le plus ou moins de perfection de leur organisation que je les évalue. Il n'est pas exact que le mètre ne soit pas en usage en biologie, bien que certains biologistes n'admettent qu'un seul critérium, le plus ou moins d'avancement de révolution de chaque espèce, sans y attacher une idée de supériorité ; je pense que même en biologie cette conception est insuffisante ; dans tous les cas elle me le paraît en sociologie.
Le mèlre proposé par moi n'est ni exclusivement économique, ni exclusivement psychique, ni exclusivement moral, etc. Il est sociologique et sous ce rapport, loin d'être en contradiction avec Cli. Fourier comme le pense M. Revelin ma formule se rapproche en partie de la sienne : « le progrès, dit Fourier, doit se mesurer dans toute la durée de l'enfance sociale par V ensemble des faits dont le concours tend à donner à l'humanité la gérance unitaire et harmonique qu'elle est destinée à exercer sur le globe ». Bien entendu j'enlève de ma formule toute idée de finalité et de prédestination. L'humanité s'adapte et s'organise de mieux en mieux parce qu'elle y trouve son