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PHÉNOMÈNES SPÉCIACX DU TRANSFORMISME SOCIAL

espèces à Tétat de nature. Etant inutiles, ils sont très variables puisqu'ils ne sont plus réglés par la sélection naturelle ; dès lors ils sont aussi plus sujets à des effets de retour. Le passage à Tétat rudimentaire paraît graduel ; la suppression brusque n'a jamais pu être avantageuse, car Içs conditions de l'adaptation ne changent pas non plus d'ordinaire subitement. Par suite de changements dans les habitudes, les organes commencent par servir de moins en moins et deviennent finalement inutiles ou sont suppléées par un autre organe. Le défaut d'usage transmis par hérédité aux descendants à l'époque correspondante de la vie agit alors dans le sens de la cohtinuation de la réduction de l'organe; seulement, la plupart de ces organes étant sans usage aux premières périodes du développement embryonnaire et ne pouvant être affectés par un défaut d'exercice, seront conservés à cette phase de l'évolution et resteront à l'état rudimentaire. Aux effets du défaut d'usage, il faut ajouter ceux du principe de l'économie dans la croissance qui réduit sans cesse les parties superflues. La domestication peut dans certains cas aussi faire renaître des organes devenus rudimentaires *.

Telle est l'explication naturelle et générale des phénomènes dont s'agit ; elle s'applique aussi aux faits sociologiques du même genre.

M. le docteur Bordier a fort bien montré la persistance d'organes rudimentaires dans les organismes sociaux ; il y voit avec raison la preuve du transformisme de ces derniers. D'après lui, « les superstitions comme les monstruosités dans les autres organes sont dues à un arrêt de développement dans l'organisme social ». Il conçoit du reste le

(1) Ch. Darwin. De la Variation des animaux et des plantes^ u, p. 335 et suiv.

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corps social coxome un organisme individuel vivant dv^nt les ôiémenit& anatomiques sont. consti lues par les citoyens. Ces éléments anatomiques se. renouvellent dans le corps social comme les cellules se renouvellent plusieurs fois dans la vie de. Tiadividu par un.maaveniient continu de naissance des tissus, de développement, dô dégéaérescence ou d'usure, de mort et d'élimination. D'après lui aussi, dans les sociétés l'ontogenèse reproduit la phylogénèse. L'individu dans, son éducation repiroduil les stades de l'évolution, sociale, nutritive d'abord, puis psychique,, enfin intellectuelle*, détail du re^e shx le même principe que Gondiilac basait^ sa. méthode d'enaeignemfini et: A. Comte croyait aussi à la. nécessité de cette évolution. Elle peut dans tous lesr cas être al)régée eu vertu de la. loi dJaccéléiration du progrès dont, nous avons paislé,. de mèoie qu'elle peut avorter et être arrêtée ainsi que. nous venons de le voir.

Les phénomènes d'arrêt sont, Gonune ou le voit» en rapport étcoii avee^ceux de sucviv-aneersaeiale avec aette différence cependant c^e Les^ organes q^ su^went peuvent être complets* contrairement, ai ceux QfpL aont. Eudimen;-* taires ou assortes^. No&chaiiiJaiFea deslonds aa de» seigneurs sont ^AH exemple des aurvivaiiuiest; côiiliaàaaabg^Med actuelles qAxi ne sont, plus» que des soeiétéa* d'a^éntËOtr maà. des^ organes avortés dont le développeme9i.&été:aflrrèié pac la ûLvilifiotLoot moderne.

Le transformisme, oirganiquie et soeiad^ salûfr. égsalemeixl l'aetiou du. parasitisme. MM. EL Vander* Veldor et J. MâSr sart. onL Gonsancé. une étude dui plaus hautânitécèt' à l!exa? mam de' ce^ faateur spécial^..

(1) La Vie des Sociétés^ p. 10 et suiv.

(2) PoKosilisme or^/inique et parasiiimne. social, Paris^ BulUUn scienlifiqiiet publié par A. Giard, t. XXV, l'893'.

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Le parasitisme agit à la fois, sur le parasite et sur le parasité.

Sur le parasite, il produit Tatrophie dès organes inutiles ; la vie de relation se réduit en raison du- degré de parasitisme; le système nerveux tend à disparaître; dans beaucoup d'espèces, le corps finit par n'être plus qu'un sac avec un ovaire ou des glandes séminales. Socialement, la dégénérescence parasitaire est surtout cérébrale ; ceci conlirme notre loi que la régression affecte d'abord les phénomènes et les organes les plus élevés ; elle finit cependant aussi par agir sur Torg^nisme entier.

Le parasitisme agit encore sur le parasite en développant dans sa structure dés* dispositifs nouveaux; des adaptations secondaires au milieu: s'effectuent; le conquérant est transformé en noble oisiH Ou bien le parasite acquiert ou perlectionne des moyens d'attaque appropriés au nouveau régime ; des différenci^ions, des spécialisations se développent : le crédit a ses- usuriers, le commerce ses malfaiteurs ; chacune de ces spécialités a ses méthodes d'opérer d'après lesquelles la police parvient à savoir d'avance de quel groupe de parasites et même de quelle individualité l'opération est le fait.

Enfin le parasitisme tant organique que social agit sur le parasite même au point de vue de la transformation des modes de reproduction de l'espèce. Cette reproduction se fait moins sous Tinfluence de l'hérédité qui. sous celle de l'imitation et du milieu social. Les crimes et les délits ainsi que les abus sociaux ne peuvent donc être surtout réduits que par une organisation sociale meilleure, par le progrès.

Sur le parasité, sur l'exploité, l'action transformatrice du parasitisme se manifeste par l'affaiblissement du pa-

tient, par l'obligation pour ce dernier de rendre des services non rémunérés ou insuffisamment rémunérés au parasite; enfin, circonstance avantageuse, par le développement des moyens de défense du parasité contre le parasite.

Ces moyens de défense peuvent être répressifs ou préventifs. Au point de vue social, les moyens répressifs consistent, par exemple, dans la transformation des parasites en non parasites par l'action morale ou législative en leur enlevant leurs moyens d'exploitation ; les moyens préventifs les plus efficaces sont l'augmentation de la force de résistance de l'organisme ou de la société et ainsi l'interdiction de l'accès aux parasites du dehors.

Le parasitisme est, dans tous les cas, un facteur régres-, sif ; même quand il incite l'organisme individuel ou social à développer contre lui ses moyens de défense ou d'attaqué, il entraîne une dépense de forces dont l'emploi serait plus avantageux dans d'autres directions.

€ L'histoire complète du développement d'un être quelconque constitue un cercle ; on peut par conséquent en commencer l'exposition à n'importe quel point *. » Nous avons vu l'importance considérable que jusque dans les derniers temps la conception cyclique a eue dans l'histoire de l'évolution des croyances et des doctrines relatives à l'évolution des sociétés ; avec la conception d'un âge d'or, d'un paradis primitif et celle d'un progrès nécessaire, continu et illimité, elle a depuis les temps les plus reculés dominé la conscience collective; elle était la synthèse et le schéma à la fois de l'évolution et de l'involution et concordait, à vrai dire, mieux que toute autre doctrine, avec la grande loi de continuité qui est la base du déterminisme sociologique et avec les données scientifiques concernant révolution de la vie des organismes individuels. C'était en cfTct une conception individualiste étendue par déduction à la dynamique sociale.

Nous avons vu que Hegel avait érigé en loi du progrès la ressemblance des formes dernières et futures avec les

(!) F. Halfour. Traité d'embryologie, t. I, p. 15.

formes primitives ; par suite d'une évolution dialectique, ridée devenue consciente se repliait sur elle-même. D'après M. de Roberty, cette loi ne s'applique qu'aux erreurs et aux mécomptes de l'esprit humain, dans les circonstances où, reconnaissant qu'il s'était égaré, il rebrousse chemin, revenant à son point de départ pour retrouver sa voie véritable*.

Cette explication ingénieuse est insuffisante; nous savons du reste que plu» lasUtucture sociale est devenue complexe, moins les réarrangements et les retours sociaux deviennent aisés; ces réarrangements et ces retours, sauf les ca» de régression: réelle, a'afiectent généralement que les acquisitions sociales les plus récentes ; là en effet, comme nous le. caasiiatoDfl dans la législation, nous voyons quotidiennement se faire des pas en avant ou eitarrière, suivant rexpériencey mai» sao» toutefois que ce& mutations modifient profandémeat la diiteetion générale soit progressive soit régrassiv^i

Lft prétendue loi' de retour périodique des mèmes: formes de gouv&i;nement q^i » tiaat frappé les théonieiens politiques amciens et nrôme iiiodeiqi«s« n'est ea. somme qu'appar rente et siiperfîeiella;. edle n'est pâsi una synthèse du progrès et de la régressiott des* sociétéa; elle ne s'applique qu'à cette dernière, non pas d'une façon absolue et en ce que le» types régressais* Représentent exaotement les types primitifs,, mais en: ce qu'ils tendent^ slIqb reproduire ; elle reçoit aussi son. application, comme nous venons de le reconnaître dans les phénomènes les moins^ profonds, les moins intégrés^ les moins, anciens de l'organisme social.

Lat loit de* régreiseioa est en somme onnforme à la loi

(1) La Recherche éàV^Unité, Paris, Alcan. 4893, p. 6.

dynatuique de réaction, soit spontanée, soit méthodique, que nous avons formulée antérieurement.

La conception philosophique ou sociologique d'un r^t'oniT-incon^scient ou raisonné' aux formes^ primitives coïncide généraicfmmit, av point dfe^vue- d^ son apparition historique', avec certains états de civilisation. Elle- apparaît et réapparaît quand'les formes sociales existantes et officiellessont ruinées par. la critique et par les conditions sociologiques nouvelTes dxi milieu; il en ftit ainsi en Grèce du temps dies sceptiques, de Socrate et de Platon. Alors Tidéalisme, en l'absen'ce d'une science sociale* positive créa des plans de sociétés dont les éléments étaient, sciemment ou non, empruntés à des structures sotn«iles anciennes. Geia conieordait avBc la-conception d'un âge d' or, d'un'Eden, d^un pursfdis origin^els'. Il en futd^ ménre^avaint et après ravènB»ment du^christiimiisflree. Au bout die pmi dfe t^mps, ces constructions' ideailstes^ telles quie' la Képubliique de Platonr et le Gommunisnie'flratemitaire des Pères de l'Eglise, durent s'inclinxîï' dievBart la* réalite.

La conception d'uu retour mrr fèiiwes'pTiwimres' appa^ ra-ît ou réapparaît encore*, tontes* les fois qw^ dfe' grandes civiiisatfenB issues^ dte* Ik comquête et de la' centralisation monaTchiqnes-, teiltes'qrte la^ Prantse ati xvm* siècle, sont ou croient ètï'e-simr^e'paint dfe briser leurstt-uetVire^ hé alors, sm'tont' par Pintermédiaire dfe* puiHîicistes généralement étrangers' ow ayant vécuidaus' de» nrilieuT éti^angers, on compare lie sitoia^ibn db'cesgrairdes civilisations autbritairesF a* dters^ soeiiéîfeif pllis pacifiques, àfermeF fèdératives, où le§ ancrenner sftnrctures communautaires ontpersisCé. C'est ceqrà enl? lléu' eir France avec J'.-J*. Rousseau* et son école qui' prêchèTent' Ite retburà ïa nafure, à l'égalité' de tous, à la souveraineté des* assemblées popuflaires. Quand^

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ces vues rélrospcclives des penseurs d'une société, alors comme aujourd'hui, ont pour objet les formes pro[)riclaircs, et que des tendances se manifestent vers le passé comme nous le voyons par exemple chez de Laveleye et surtout parmi les écoles anarchistes et communistes, le diagnostic est infaillible, les formes actuelles ne sont plus satisfacloires et nous assistons déjà en réalité à leur transformation.

Cette phase est aussi généralement précédée d'une période utopique caractérisée aux xvi®, xvii* et au xvni® siècles, par les constructions socialistes idéalistes de ïii. Morus, Bacon, Campanella, etc.

, La conception apparaît ou réapparaît enQn dans les états sociaux plus avancés, où, la science sociale étant plus parfaite, on reconnaît que ce retour aux formes primitives n'est et ne peut être qu'un retour apparent, les conditions sociales étant en partie autres et plus complexes. Au XIX® gièclo, cette croyance d'un retour aux formes primi-, tives apparaît notamment chez E. de Laveleye et dans les écoles socialistes aussi bien anarchistes que collectivistes. Cette phase théorique a du reste coïncidé précisément avec la connaissance plus approfondie et plus exacte des formes primitives elles-mêmes et avec une réaction bienfaisante contre les formes sociales et politiques despotiques. Malheureusement la démocratie est encore beaucçup trop viciée dans sa propre organisation et dans ses propres doctrines par la survivance des anciennes formes et des anciennes idées autoritaires et majoritaires relatives à la structure et au fonctionnement des sociétés.

Le retour au moins apparent vers les formes primitives se manifeste actuellement, dans la théorie aussi bien que dans la pratique, dans les diverses classes de phénomènes

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sociaux, c'est-à-dire, et c'est ce qui constitue la gravité du phénomène, en somme à propos de chacune des institutions ou organes fondamentaux de la société moderne. Il ne s'agit pas de la transformation d'une partie ou d'un organe quelconque du corps social, mais d'une tendance, réelle et théorique à la fois, vers une transformation d'ensemble, c'est-à-dire vers un Etat qui tout en étant issu de l'Etat actuel et déterminé par lui en différera d'une façon générale de manière à constituer un type nouveau.

Il convient cependant, dans l'intérêt même que nous avons tous à la conslitution de ce type progressif, de signaler ici, en finissant notre étude sur le transformisme social et le progrès ou le regrès des sociétés, le faux point de vue, tout au moins général, de ceux qui conçoivent la société à venir comme pouvant rebrousser chemin vers les formes sociales primitives. Quoi que nous fassions, letat social futur sera toujours déterminé directement par l'état présent et indirectement seulement par tous les états antérieurs; en outre, les uns et les autres seront nécessairement, à moins de régression décadente, appropriés à des conditions spéciales nouvelles, et dès lors ils seront plus complexes et plus différenciés, ce qui entraîne la nécessité de coordinations supérieures inconnues et inexistantes antérieurement.

Examinons maintenant, sous le bénéfice des considérations précédentes, quelques uns des principaux exemples de retour apparent aux formes primitives dans les principales classes de phénomènes sociaux.

Dans sa Sociologie criminelle et ailleurs, M. E. Ferri, indique fort bien les diverses institutions sociales où ce retour, d'après nous apparent, semble se manifester tout

en impliquant un progrès réel *. « La loi de régression apparente dont je me 6uk, écrit-il, occupé dans ma Sociologie criminelle poseee fiait consiant que Le progrès est im retour intelligent.aux infttiiuLtioofi sociales, aux formes et aux caractères primitifs. • JI cite jcommfi exemples Le divorce el le maiûfe, laTeveûdûeationdie régalifeé économique des ienuBes idevanl le travail, la propriété collective, le droit de pfanir qmiue aeèase plis que mit la simple délense fiociele en dehors de toute prétention ifaéologique, de toute idée superposée au fond primitifs de justice distfibutiye. Eu politique, il note le principe.de la son/veraineié de toiK, la législation directe, le relerendum. Le schéma de la conception de l'évolution progreafiive des sociétés est pour lui, comme pour Gœthe, une spirale : < telle, dit-il, une spirale qui semble toujours revenir sur elle-même et qui en fait avance et monte; la ;eûmparaison est de Gœthe. »

La conception du progrès comme un retour. conscient, intelligent aux formes primitives, est hégélienne ; elle ne diffère pas efiBenèiellementde celle de Yico. On sait l'énorme influence exercée par Hegel et Vicosur toute La.philosophie et la sociologie italiennes. M. E. Ferri Ta subie comme la plupart de ses contemporains, tels que J. Ferrari dans les sciences historiques et politiques et A. Vera et R. Mariano dans la métaphysique philosophique.

Avouons que si l'on essayait de représenter par une spirale, fût-ce par une spirale c qui monte et avance •>, l'évolution inorganique et celle des organismes depuis les plus simples jusqu'à celui de l'espèce humaine,. on aurait une

(1) Sociologie crimineHs. Paris, A. Rousseau, 18A3, etun ArtÎAle du même auteur, publié sous le titre de Divorce et Sociologie dans la Scuola positiva également en 1893.

image bien imparfaite de celte évolution; en faU, une représentation schématique, même approximative, de ces corps et de leurs mouvements nécessite des descriptions, des planches, des atlas de planches avec des textes explicatifs qu'une simple spirale, la fit-on monter ou avancer aussi haut que possible, remplacerait difGcilement. Gomment se fait-il donc que de puissantes intelligences aient l&u s'ingénier et s'ingénient encore à essayer de représenter par des figurations au&si simples que le cercle, la spirale, rhélice, etc., etc., des structures et xLes mouvements incommen&urablement plus complexes encore que ceux des organismes ordinaires? Ce «ont là de véritables imageries et imaginations enfantines qui, à force de «implifîeation, en arrivent à ne plus "rien expliquer du tout et «tu lien de débrouiller les problèmes les embrouillent. Si la «ociété pouvait être représenÉée par une imfige, ce serait plutôt pAr un iïBBU de plus en plus étendu, aux. mailles de plus en plus serrées et enchevêtrées et même inextricables, avec des combinajisons superposées de laines et de soies aux couleurs variées, tissu q«i se détériore, se renouvelle, se développe ou se rétrécit toujours, présentant sans cesse des tableaux nouveaux à travers lesquels <m continuerait à apercevoir les plus aaciens. Mieux encore, pour être plus exact, le «chéma social aurait sa fteprésentation la plus fidèle dans l'organisme humain qui en est le mikrocosme, ainsi que l'ont conçu MM. il. Spencer et A. Schàffle, ainsi que tous ceux qui .admettent la fiessemblance soit réelle soit simplemeoi formelle des organismes sociaux avec les corps individuels.

Ici encore une .fois le symbole ne peut tenir lieu des. méthodes positives ; celles-ci, en sûciologie, doivent avoir pour point de départ des statistiques précises et étendues

de l'état et des mouvements des diverses branches de la vie et de la structure sociales; cette statique et cette dynamique pourront être représentées par des schémas graphiques linéaires en rapport avec des chiffres; ces tableaux pourront même représenter les situations et les directions corrélatives des divers ordres de phénomènes sociaux en tant qu'elles sont quantitativement mesurables et appréciables, mais ces graphiques mêmes ne pourront être appliqués ni à la description de la structure ni à celle de la vie des institutions ou organes sociaux particuliers, encore moins à celle des appareils et systèmes d'appareils, pas davantage à celle des systèmes et pas du tout à celle de l'ensemble de la structure et de l'évolution des sociétés humaines, soit isolément soit dans leur ensemble. Ici pendant longtemps et, sans doute même toujours, les descriptions resteront nécessairement qualitatives, par cela même que les institutions et les états sociaux envisagés, soit dans leur ensemble soit isolément, sont des formes limitées dans l'espace et dans le temps, des structures vivantes dont la figure et le fonctionnement ne peuvent être reproduits et représentés exclusivement par des chiffres ou des représentations linéaires de chiffres. De même que le mètre du progrès est dans le degré d'organisation des structures, de *nême la structure et la vie ne peuvent être décrites dans leur ensemble que par la description de leur organisation et de leur fonctionnement.

Voyons donc maintenant de plus près si les cas signalés par divers écrivains comme exemples de régression progressive constituent une régression réelle ou seulement apparente et, en la supposant réelle, s'ils peuvent être considérés comme progressifs.

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