‹ Le transformisme social; essai sur le progrès et le regrès des sociétésChapitre 6 sur 45 · X PRÉFACE · texte numérisé non relu

X PRÉFACE

autres formes d'activité sociale ? Le déipeloppement continu de rhistoire nlmplique pas nécessairement le progrès continu. A moins de considérer seulement le point de départ et celui d'arrivée du développement social et de tracer entre eux une ligne idéale en faisant abstraction de tous les points intermédiaires, les fléchissements de cette ligne ne peuvent pas plus être niés que ses relèvements; ce qui est vrai, c*est qu'à mesure que le progrès s'étend en étendue et en profondeur les variations de la courbe ascendante deviennent moins extrêmes et plus régulières tout en étant peut-être plus nombreuses.

Il serait au surplus difficile d'afQrmer que la condition des serfs ait été partout et toujours plus heureuse que celle des esclaves. N'en est-il pas de même aujourd'hui pour les salariés ? N'a-t-on pas vu, en juillet 1898, trois cents bouilleurs de Spring- Valley (Illinois) offrir aux propriétaires des mines de renoncer par contrat à tout salaire à condition qu'on leur garantît une habitation, la nourriture, les vêtements et le chauffage, préférant, disaient-ils, le servage à leur condition actuelle ?

Nous pourrions multiplier à l'infini les exemples de progrès et de regrès de formes sociales particulières; en réalité, il serait impossible d'en tirer une conclusion générale; rien ne prouve mieux que le mètre de la civilisation ne peut être emprunté qu'à cette commune mesure : l'ensemble de l'organisation sociale. Aucune institution ne peut être évaluée en elle-même.

En dehors des critiques soulevées par mes appréciations relatives au christianisme et au moyen âge, il en est une à laquelle je me rallie complètement. M. de Brouckère fait observer avec raison que, tout en attribuant à l'esprit humain une influence sociale considérable, peut-être exagérée, Gondorcet n!a pas perdu de vue la subordination nécessaire des progrès scientifiques aux phénomènes maté-

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