CHAPITRE VI LA RENAISSANCE ET LA RÉFORME
En réalité le catholicisme du moyen âge n'avait maintenu son règne que par cette dépression générale du monde social d'où était née la sombre croyance en la fin du monde pour l'an mil et qui se manifestait également par ces superstitions et ces hallucinations sous l'influence desquelles l'imagination populaire peuplait la nature entière de démons, de sorciers, de possédés, de faits étranges et terribles représentés par les scènes du sabbat. La terreur avait été l'âme du catholicisme, par la terreur il continuera à se défendre. Né sur le Golgotha, après un long calvaire il se consumera sur le bûcher de Giordano Bruno. La croyance à la fin du monde et au jugement dernier furent pendant dix siècles son cauchemar et son ■obsession constante ; sa vraie poésie fut le terrible, (lies irœ, dies illa.
La renaissance fut véritablement, ce qu'indique son nom, une reviviscence sociale, un retour au fonctionnement d'éléments utiles, de facteurs sociaux bienfaisants dont l'évolution avait subi un arrêt et même avait involué. La dénomination même donnée unanimement et pendant si longtemps à ce phénomène social, la renaissance, constitue, en somme, un témoignage collectif résultant