‹ Le Transport des Matières PérissablesChapitre 14 sur 30 · DE, HE · texte numérisé non relu

DE, HE

des Alpes-Maritimes n’ont pas pris l’extension à laquelle elles pouvaient prétendre. « Certains de nos producteurs, y est-il dit, n’apporteraient pas aux emballages toute l'importance qu'ils méritent lorsqu'il s’agit de certaines fleurs. L’emballage en paniers d’osier est défectueux s’il s’agit d'expédition de roses à longues tiges ou d’œillets ou lorsque le temps est froid. La fleur est, en etfet, insuffisamment protégée. Les seuls emballages qui conviennent sont les cartons ou caisses en bois. Il est encore nécessaire que la fleur soit placée de telle façon qu'elle n'ait pas à souffrir durant le voyage. Chaque rangée de fleurs doit être séparée par un papier de soie, toutes précautions qui ont, en outre, l’avantage de plaire à l'acheteur (1) ».

De même l'Irlande, par un emballage plus perfectionné et par un triage plus sérieux des œufs, pourrait de beaucoup accroître ses importations en Angleterre et battre sur ce terrain la Russie (Sibérie comprise) qui occupe le premier rang. Comme le dit M. Velten, consul de France à Dublin, « le Département d'agriculture d'Irlande... recommande... à l'expéditeur irlandais de soigner davantage l'emballage et de se conformer strictement aux exigences du consommateur anglais, qui achète de préférence les œufs soigneusement triés quant au poids » (2).

£n Egypte, les fruits turcs pourraient trouver une

(2) Bulletin de l'Office de Renseignements agricoles, 1911, p. 643.

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clientèle relativement riche et nombreuse. M. Lefeuvre- Méaulle, attaché commercial en Orient, montre que les produits de provenance turque, syrienne, etc., n’ont pas tout le succès qu’ils pourraient obtenir, car ils arrivent fort mal présentés, dans des emballages plus que rudimentaires et, de plus, souvent malpropres (1). Mieux emballés, nos beurres seraient assurés de mieux concurrencer les beurres italiens le long du littoral du Sud-Est. Certes, le consommateur de Nice et des environs se détache peu à peu des produits italiens et en particulier du « beurre de Milan », le mouvement ayant été facilité par la cherté toujours croissante des beurres italiens, cherté due à la limitation de leur production et à l'augmentation de la consommation de l'Italie septentrionale, mais il ne faut pas oublier que les progrès auraient pu être plus rapides. Au point de vue technique et commercial, il est vrai, la plupart des intéressés ont apporté tout le soin désirable à la préparation de leurs beurres destinés à la Côte d'Azur, les uns adoptant la forme des pains italiens, les autres expédiant en rouleaux de 2 kilogrammes. Mais les emballages utilisés sont bien éloignés de la perfection. « Un certain nombre sont trop faibles, lisons-nous dans l’Orléans Agricole. Les cartonnages et les caissettes insuffisamment résistants ne protègent pas convenablement les pains qui arrivent

dès lors déformés, écrasés, salis, ce qui mécontente la

(1) Ibid, 1911, p. 1479.

clientèle. L’expéditeur, qui veut ainsi gagner sur le prix de l'emballage et sur le poids net transporté, s'expose à perdre sur le prix de vente sans compter les reproches et la perte possible de sa clientèle.

«a L’emballage italien, panier en lamelles de bois tressées avec couvercle léger mais solide, est au contraire très convenable. Les pains de beurre sont protégés intérieurement par des frisons de bois (sans odeur) dans lesquels sont noyés en été des morceaux de glace destinés à leur conservation. Il seräit sans doute facile de faire fabriquer dans nos régions des emballages semblables (1). »

En somme, la défectuosité de l'emballage a pour effet la raréfaction ou la disparition des relations commerciales. Voyons maintenant, suivant les produits périssables, quels sont les emballages et réglementations auxquels il convient de recourir.

Les Anglais ont beaucoup de goût pour nos pommes de table et seraient désireux de nous en acheter des quantités de plus en plus importantes. Mais encore fautil que nos horticulteurs se plient à leurs exigences et satisfassent à leurs desiderata. Lorsque le destinataire anglais reçoit une livraison de ce genre de fruits, il les classe en catégories, par exemple s’il s’agit de pommes en tonneau, une catégorie pour les emballages dont le

contenu est bien serré, une autre pour ceux dont le con-

(1) Le marché des beurres de la Côte d’Azur, dans l'Orléans Agricole, p. 99.

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