‹ Le Transport des Matières PérissablesChapitre 18 sur 30 · RER D · texte numérisé non relu

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spécial affecté au transport des articles périssables : primeurs, fruits, lait, etc. « La Compagnie d'Orléans en particulier, dit M. Poher, a mis en service, en 1908, un type nouveau de wagons peints en blanc. Ces wagons sont destinés plus spécialement au transport des fruits et légumes. Ils sont à doubles parois isolatrices sur les côtés et à double toiture. Ils peuvent être largement aérés par des volets grillagés situés à la partie supérieure et par des persiennes inférieures. Des portes de front, centrales, avec passerelles. permettent l’intercirculation du per sonnel chargé du classement et dela surveillance des colis au cours du transport. Un certain nombre de ces wagons viennent d’être pourvus de ventilateurs (torpédos) et d'étagères intérieures mobiles. La Compagnie P.- L.-M. possède un matériel analogue. pour le transport des primeurs » (1).

Les fruits, en raison de leur « périssabilité », doivent tout particulièrement être l’objet de mesures spéciales, comme le prouve l'exemple des fraises et des raisins. C'est surtout la ligne de Limours en Hurepoix (P.-0.) qui amène à Paris, chaque nuit, pendant la saison, les fraises par train spécial. Les paniers sont chargés avec l’aide des expéditeurs eux-mêmes dans les wagons aménagés, c'est-à-dire des wagons de messageries munis de claies horizontales assez espacées et sur les-

quelles on place les dits paniers de façon que les fraises

(1) Poher, p. 190.

ne s'écrasent pas. Les raisins nécessitent également des soins particuliers autres que ceux de l'emballage. Certes, on peut les mettre dans des wagons aménagés ou non. Dans le premier cas, l'expérience a montré que les paniers placés sur les étagères ne supportaient pas bien le transport si les wagons étaient placés en queue, aussi met-on ceux-cien tête ; si les raisins voyagent par wagons ordinaires, il est indispensable de procéder à l’arrimage des colis; on les attache entre eux au moyen de ficelles ou de fils de fer minces pour éviter leur déplacement en cours de route ; on plombe les wagons complets au départ des principales gares d'expédition, et les trains font l’objet d’une surveillance toute particulière (4).

Les wagons à étages mobiles, wagons ordinaires aménagés pour la saison, ont même pris sur certains réseaux un développement considérable. M. Dubel cite le réseau d'Orléans sur lequel il y aurait plus de 25 0/0 de wagons aménagés pendant la campagne des raisins (2).

La viande nécessite l'emploi de crochets de suspension fixés au bout du wagon ou susceptibles de se mouvoir

sur des traverses, elles-mêmes mobiles, supportées par des tréteaux. D’usage courant en Allemagne, en Autriche, en Hollande et en Russie, les crochets sont fournis par l'administration des chemins de fer elle-même.En France, c’est l'expéditeur qui doit s’en charger, et il paie,

pour leur transport, comme il paie pour le transport des

(1) Courajod, p. 190, et Poher, p. 372.

(2) Dubel, p. 50.

PRIT 2h

viandes accrochées ; des réductions sont toutefois exceptionnellement accordées pour encourager l'emploi de certains agrès. Les wagons aménagés causent d’ailleurs beaucoup de soucis aux administrations de réseaux, car leur manutention exige des emplacements spacieux dans les gares de départ et d'arrivée (1).

Comme wagons spéciaux, on peut également citer les wagons isolants qui circulent en Russie et dont les premiers datent de 1883. En hiver, ils préservent la viande du froid, mais ils sont inutilisables en été et on ne peut les maintenir à une température constante (2). On peut ajouter à ce type de wagons certains wagons employés en Russie pour le transport de la volaille ; certains éleveurs ont fait construire des wagons qui ne sont autres que d'immenses cages à engraissement de deux étages, où se trouve au départ une nourriture abondante; les animaux n'y dépérissent pas, ils y engraissent ; il y a là une solution élégante, sinon parfaite, du problème si compliqué de leur transport (3).

La question du transport des matières périssables peut aussi se résoudre par l'expédition de wagons complets, voire de trains complets, chargés d’un seul article, ce qui apporte de sérieuses garanties au point de vue de la con-

servation. Mais, ici, une fois de plus, il faut faire appel

(4) Dubel, p. 50-51.

(2) Ier Congrès International du Froid, Rapports et Communications, p. 155.

(3) Dubel, p. 25.

au groupement, l'individu ne pouvant d'ordinaire, s’il est isolé, bénéficier des réductions, facilités, etc., attachées à ce monde de transport. Mentionnons les paroles suivantes de M. Sartiaux à ce sujet : « Il ne faut pas se faire illusion, il est à peu près impossible de songer, avec les charges qui pèsent actuellement sur les chemins de fer, à faire des réductions sérieuses du tarif pour les petites quantités transportées. Pour que les réductions soient possibles, il faut transporter par wagons complets, mieux encore par wagons complets de grande capacité, mieux encore pàr trains complets de wagons complets. Il semble que l’organisation des syndicats, rien qu’en facilitant les groupements par masses importantes, doit permettre de diminuer le prix de revient et par conséquent d'obtenir la réduction du prix de transport. Mais si, allant plus loin encore, ces associations se déterminaient à se rendre propriétaires de wagons de grande capacité et à faible poids mort, une nouvelle voie serait ouverte pour de nouvelles réductions » (1). Cette question de wagons complets et des wagons spéciaux à tel syndicat ou à telle coopérative offre un intérêt considérable, non seulement au point de vue des tarifs, surtout envisagés par M. Sartiaux, mais tout autant au point de vue de la conservation des matières transportées.

Les denrées périssables exigent aussi le maximum de

(1) Bulletin de la Société des Agriculteurs de France, 1°" mars 1905, p. 259-261. Voir aussi l'Agriculture commerciale, 7 avril 1907,

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