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Tel est le compte fondamental dont tous les autres ne sont que les parties. Très peu de compagnies de chemins de fer publient la balance de leur trésorier; mais, à l'aide de deux rapports qui se suivent, un homme un peu familier avec ces matières, peut reconstituer la balance du trésorier pour la période intermédiaire.
Au moyen d'un simple coup d'œil jeté sur le compte, tel
que nous l'avons établi, on voit clairement que si Taccrois-
sement de la dette avait été de 75,000 dollars, au lieu de
65,000 d., le chiffre des dividendes aurait pu être porté de
* 240,000 d. à 250,000 d. , sans- que les autres comptes
fussent changés, ni la balance détruite. En d'autres termes, la somme qui paraît nécessaire pour les dividendes, varie avec le chiffre de l'accroissement de la dette , accroissement qui est dans une très large mesure sous le contrôle des directeurs. Aussi est-ce sur ce point que se produisent les plus grands abus provenant des règlements des comptes des compagnies de chemins de fer.
* Sous la forme, soit d'obligations, soit de billets, d'effets de commerce ou de soldes de comptes. Toutes les dettes qui ne sont pas représentées par des obligations sont confondues sous le nom de « dette flottante ».
^ Dépenses d'exploitation, intérêts, loyers, impôts.
'^ Constructions nouvelles, outillage, distincts des dépenses ordinaires d'entretien.
Continuons notre examen sous cette forme générale. D'après les chiffres présentés aux directeurs, les recettes du chemin de fer pendant Tannée se seraient élevées à 1,000,000 de dollars. La dépense totale se monte à 820,000 d. , dont 700,000 ont été payés, laissant 120,000 d. impayés. Le trésorier a en caisse 300,000 d. (plus 50,000 d. représentés par des fonds non employés, le matériel, etc., qu'il doit conserver à peu près au même chiffre). Si les directeurs acquittent tous les engagements qu'ils ont souscrits, ils auront 180,000 d. à répartir sous forme de dividende entre les actionnaires. S'ils ne le font pas, ils auront 300,000 d. à distribuer. Que paieront-ils ? toute la question est là.
Le premier mouvement de la plupart des personnes à qui cette question sera posée, les portera à répondre : il faut d'abord s'acquitter de tous les engagements pris et répartir comme dividende ce qui restera. Mais un examen plus attentif permet de découvrir* un grand nombre de cas dans lesquels ce principe ne peut être appliqué. Supposons qu'une compagnie -construise un embranchement pour s'assurer un nouveau trafic. Essayer d'acquitter les dépenses au moyen des recettes courantes , serait peut-être impossible. Tenter d'en payer la plus grande partie par ce moyen, c'est enlever de la poche du capitaliste de l'argent qui a été réellement gagné, et cela pour étendre les affaires de la compagnie? Un particulier peut agir ainsi. Il peut sans difficulté consacrer son capital à l'extension de ses propres affaires. L'administration d'une compagnie de chemin de fer ne peut agir de même. Elle gère la propriété d'un
grand nombre de capitalistes indépendants, qui ont actuellement besoin de recevoir l'argent réellemenl gagné et ne peuvent être contraints de le placer de nouveau. Quand un administrateur désire construire des embranchements, établir une double voie, augmenter un outillage — en un mot tout ce qui accroît le capital fixe et probablement aussi les chances de bénéfice de la compagnie, — il n'hésitera pas à emprunter pour faire face à toutes ces dépenses. Dans l'espèce que nous considérons en ce moment, la théorie conduit à acquitter de la manière suivante les 120,000 dollars restant encore dus : payer tout ce qui rentre dans les dépenses courantes, ou peut-être un peu plus au moyen des recettes et couvrir au moyen d'un emprunl toutes les autres dépenses jyanl eu pour but de créer des capitaux fixes, ou peut-être un peu moins. L'excédent des recettes restant er caisse après le paiement des dépenses courantes représente la véritable somme à répartir sous forme de dividendes.
Le compte se trouve désormais partagé en deux parties : d'un côté, le compte du revenu (income account) comprenant les recettes et les dépenses courantes ;• de l'autre, un compte destiné à prendre place dans la balance générale, comprenant les actifs et les engagements d'une nature plus permanente.
Le compte du revenu s'établira delà manière suivante :
Recettes (brutes) 1 . 000 . 000
Dépenses - 750.000
Dividendes 240.000
Surplus pour l'année. . . . 10.000
l.OOO.OOO
L'autre partie du compte s'ajoute à la balance générale de Tannée précédente, savoir :
Balance générale au \^^ janicier 1884,