PRÉFACE. V
nous - même l'analyse du projet de loi anglais actuellement discuté par la Chambre des Lords, le résumé de Tinterminable discussion qui a eu lieu à la Chambre des députés en 1886 sur les tarifs de chemins de fer (interpellation Thevenet) et un chapitre nouveau sur la Russie.
Il n'est pas de problème plus complexe et plus ardu que celui des relations de l'État, représentant la collectivité des intérêts, avec les Compagnies de chemins de fer, qui, en échange de sacrifices plus ou moins considérables des actionnaires, ont été pourvues d'une sorte de monopole industriel * . La situation diffère dans les différents pays, suivant que l'État a contribué dans une mesure considérable ou faible à l'établissement des voies ferrées par des subsides, pardesconcessions de terrains, par des garanties d'intérêt, par l'octroi de privilèges exclusifs. Elle est entièrement autre en Angleterre, oùTinitiative privée toute seule a construit avec ses propres capitaux, et en France, en Russie surtout, où le Trésor n'a cessé de faire des sacrifices et où, dans une certaine mesure, les actionnaires ressemblent fort à des obliga-
* On peut appliquer aux chemins de fer ce qu'un savant ing^énieur, M. Aig^uiUon, a pu justement. écrire en parlant des mines : <( Concevoir de la lé^alation minérale un type métaphysique dont on ne pouvait s'écarter sans être taxé d'erreur, serait commettre une faute tant au point de vue juridique qu'au point vue économique. Plus qu'aucune partie peut-être du droit positif, cette législation est fonction du temps et du lieu con^me aussi des traditions. »