VI PRÉFACE
taires. Les chemins de fer ont traversé des phases bien diverses et l'attitude de l'opinion publique s'est modifiée, dans le cours des cinquante dernières années, à plusieurs reprises. Ils ont dû triompher au début de répugnances et de préjugés; les propriétaires fonciers, qui ont profité dans une si large proportion par la plus-value de leurs terres, par Touverture de nouveaux débouchés, ont fait une vive opposition, en Angleterre, par exemple, et ils se sont faits payer des indemnités exorbitantes, qui dans ce pays ont renchéri démesurément le coût de la construction .
Sur le Continent les capitaux se sont engagés dans l'entreprise avec une réserve si marquée que l'État a été obligé d'intervenir en garantissant un revenu minimum aux actionnaires. Plus tard est venue une période d'engouement, lorsqu'on a vu les merveilleuses transformations qu'a opérées la facilité des communications. On n'a plus regardé que le côté brillant des choses. On s'est livré à une véritable débauche dans la construction des voies ferrées. Les finances françaises se ressentent de cette fièvre des travaux publics, qu'on n'a pas l'énergie et le courage de couper net. On s'aperçoit que par luimême un chemin de fer n'est pas nécessairement rémunérateur et qu'il y a certaines lignes dont il vaudrait peut-être mieux interrompre l'exploitation que de la continuer à perte. Ensuite les chemins de fer sont devenus une sorte de bouc-émissaire pour les commerçants et les fabricants, qui voient leurs bénéfices diminuer, qui ressentent les effets de la crise industrielle, de l'arrêt