I. L'ENTRETIEN DE LA VOIE
En étudiant le problème de l'exploitation de la ligne transsaharienne, le premier point qu’il convient d'examiner est évidemment celui de l’entretien de la voie.
Ce n’est pas un fait nouveau où il y ait à exercer une ingéniosité quelconque. Il n’est que d’imiter ce qu’on a déjà réalisé en la matière sur les autres lignes transdésertiques, notamment sur le Transcapien et le Transaustralien estouest.
Déjà, en 1883, il suflisait de deux hommes par verste (1.807 mètres) pour entretenir la voie transcapienne (3.000 francs de frais à l’époque, par verste) (1).
Avec les moyens dont on dispose aujourd’hui, on est arrivé à utiliser, sur le Transaustralien qui traverse pourtant d'importantes régions sableuses, un effectif incroyablement faible (1 homme par 8 kilomètres (2).
Par prudence, l’Organisme d'Etudes a compté un homme tous les cinq kilomètres au Sahara et tous les deux au Soudan. En effet, « le grand ennemi de celui qui entretient les chemins de fer, c’est l’eau, c’est la pluie. Les neuf dixièmes ou plutôt les dix-neuf vingtièmes des dépenses d'entretien sont occasionnées par la pluie » (3); c’est ce qui explique à la fois la différence des effectifs du Sahara et du Soudan et aussi, l'entretien, à très peu de frais, des quatre ou cinq grands chemins de fer transdésertiques actuellement en exploitation.
(1) Edgar BouLanGrer, Rapport précité sur le Transcapien, p. 50. (2) Rapport Organisme d’études, p. 58, (3) MaiTre-DEvALLON. La Construction du Transsaharien, p. 19, 1933,