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I. LE NIGER

Le Niger (le Dioliba indigène) est un des plus grands fleuves de l’Afrique et la principale artère, en arc de cercle, sur 2.000 kilomètres, de nos colonies de l’A. O. F. avant de terminer son cours en Nigéria Anglaise et de se jeter dans l'Atlantique.

« Il prend sa source au Fouta-Djalon, dans la Guinée Française, un des pays du monde où, pendant six mois de l’année, les précipitations d’eau sont les plus intenses, alors que, durant les six autres mois, elles sont presque nulles. De cette particularité résulte une irrégularité de débit tout à fait extraordinaire variant de 7.000 mètres cubes à la seconde, en période de crue, à 50 mètres cubes à l’étiage.

Son aspect varie dans les mêmes proportions : c’est tantôt une mer véritable s'étendant sur plusieurs dizaines de milliers de mètres de largeur, et tantôt un fleuve paresseux s’étirant en de nombreux bras sinueux » (2).

Le bassin d’alimentation du Niger recevrait en moyenne, sous forme de pluie, une quantité d’eau de 160 milliards de. mètres cubes. Défalcation faite de l’évaporation et des infiltrations, le reliquat des eaux de surface serait d'une vingtaine de milliards de mètres cubes (3), mais qui s’écouleraient presque uniquement dans une moitié de l’année (4).

(1) Nous avons puisé l’essentiel de ces renseignements dans l’étude de M. Roume, ancien Gouverneur général de l’A. O. F. parue dans la revue des Deux Mondes du 1‘ novembre 1931, sur : La Vallée du Niger et le Transsaharien.

(2) RouME. Etude précitée.

(3) GauTIER. L’Aménagement du Sahara, ouvrage précité, p. 48.

(4) À Koulikoro, en octobre 1925, le débit était de plus de 10.000 m°.

Dans ces conditions, l’utilisation de cette énorme quantité d’eau qui devrait féconder l’immense vallée, se trouve être extrêmement limitée.

La navigation n’est possible que pour de courtes durées et l'action périodique de l’eau provoque l’éclosion d’une végétation extraordinaire mais éphémère. On a alors l’impression d’une magnifique abondance, d’une grande richesse.

Mais, deux ou trois mois après, le tableau s’est transformé: l’harmattan (vent du désert) a soufflé, tout s’est desséché.

Il convenait donc de substituer aux inondations déréglées et passagères, un régime organisé d’irrigations permanentes, en vue d'utiliser rationnellement, pour la fertilisation du sol nigérien, les volumes d’eau considérables descendus du massif du Fouta-Djalon.

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