LE TRAFIC MARCHANDISES
I. Le synchronisme de l’aménagement du Moyen Niger et de la construction du Transsaharien.
Nous ne pouvons même plus, en effet, prévoir l’achèvement du Transsaharien avant le plein développement des travaux d'irrigation du Niger.
Le reproche, que Fock adressait au Rapport de l’Organisme d'Etudes (!), de vouloir réaliser la construction du chemin de fer avant « la mise en valeur, impossible sans lui, du delta central nigérien », ne serait plus de mise actuellement (2).
On peut se demander même si le programme de Fock consistant à faire marcher de pair la construction du chemin de fer et le développement des cultures dans le Niger, ne présentera pas bientôt le même caractère archaïque.
En vérité, il importerait de se mettre à l’œuvre transsaharienne sans tarder si nous ne voulons pas que la ligne ferrée aboutisse au Niger un peu tard, trop tard même pour aider au lancement du delta central irrigué, mais qui sera seulement à demi équipé.
Même M. Tetau, qui estime les prévisions de Fock un peu hardies en ce qui concerne l’état d'avancement pro-
(1) A. Focx. Examen critique du Rapport de lPOrganisme d’études, déjà cité, p. 47.
(2) Ibid.
bable des travaux d'irrigation, reconnaît que « ce n’est pas là le danger qui nous menace : les rapports de l'Organisme d’études ont été déposés en décembre 1929 et depuis... » (3).
Et depuis, le projet de Transsaharien piétine, alors que les travaux de mise en valeur de la vallée du Moyen-Niger progressent rapidement. À telle enseigne que l’on peut dès maintenant prévoir le tonnage probable des exportations nigériennes par le Transsaharien. C’est de l’étude de ces probabilités que nous nous occuperons d’abord. Nous examinerons ensuite les exportations des autres parties du Soudan non irrigué, avant d'évaluer les importations de cette colonie ainsi que le trafic des voyageurs dans chaque sens (Afrique du Nord-Soudan, ou vice-versa).