voyageurs transsahariens (14.500 allers et retours
135.000 tonnes (ou voyageurs de 3° classe) sur le réseau soudanais;
100.000 tonnes (ou voyageurs de 3° classe) sur le tronçon sud-marocain (17).
Or, nous avons vu que, dans l’ensemble, même avec nos évaluations très prudentes, les prévisions de l’Organisme, quant au trafic, devaient être dépassées.
M. Maitre-Devallon, lui-même, parlant de cette hypothèse (300.000 tonnes « fatidiques » au bout de 25 ans seulement) n’a-t-il pas déclaré récemment (18) : « Je n’oserais plus la faire maintenant. »
(16) Ibid.
(17) Rpport de l’Organisme d’études, partie administrative et financière, p. 25.
(18) MaïrRe-DEVALLON. Conférence à l’Union coloniale, déjà citée,
Les Recettes Marchandises.
En reprenant les « chiffres » du trafic que nous avons cru devoir avancer (et qui sont loin même des prévisions « moyennes »), nous pourrons aisément calculer les recettes probables du Transsaharien. D'abord, parce que les plus intéressantes, celles provenant des marchandises (19).
Exportations. — Nous avons prévu, dès le début, une production deltaïque nigérienne de 20 à 25.000 tonnes de coton, au minimum.
20.000 tonnes à 700 francs = 14 millions (tarif moyen : 850 francs) (20).
Pour le riz nous pouvons compter facilement 30.000 tonnes à 309 francs, soit : 9 millions.
Les 15.000 tonnes de peaux et de laines que nous avons envisagées nous assurent une recette d’un même montant (9 millions), au tarif assez élevé de 750 francs la tonne, que ces marchandises peuvent payer.
EL nous ne faisons pas intervenir ici les encaissements qui peuvent être procurés par le bas prix du bétail soudanais (au taux actuel d'achat de 15 francs pour un mouton et de 75 francs pour un bœuf les exportations de bétail sur pied vers l'Algérie ou les oasis sahariennes sont possibles) (21).
Les arachides, nous l’avons vu, doivent constituer également un des gros éléments du trafic (pendant quelque temps même, le plus important).
Parler d’un produit de vingt millions, procuré par l’exportation de 100.000 tonnes à 200 francs, c’est être au-dessous de la vérité.
Egalement une recette de 7.500.000 francs (50.000 tonnes à 150 francs) prévue par l’exportation de céréales diverses (mil, maïs, etc...) n’est nullement exagérée pas plus pour le
(19) Nous suivons ici les tarifs très étudiés par le Ministère des Colonies, avril 1933.
(20) Le tarif moyen comprend le prix de revient, plus la marge dite « de bénéfice », destinée à couvrir les dépenses fixes et à rémunérer le capital engagé.
(21) Au moins au début, car, par la suite, ces prix augmenteront et auront tendance à se rapprocher du niveau mondial, par suite de la
liaison établie entre la boucle du Niger et le reste du monde par le Transsaharier,
tonnage envisagé que pour le tarif prévu (tarif moyen : 300 francs).
La même remarque peut être faite pour les recettes provenant du transport des fibres et textiles divers : 20.000 ton-
nes à 1950 francs donnent : 3 millions (tarif moyen : 300 francs).
Nous prévoyons un tarif de 350 francs (vraiment bien bas) pour les 10.000 tonnes de produits divers envisagées, soit 3.500.000 francs (tarif moyen : 500 francs).
C'est ainsi que le trafic exportation des marchandises nous donnerait déjà, la première année de l’exploitation du Transsaharien, une recette d'environ 66 millions.
Mais nous tenons à rappeler que nos évaluations de trafic ont été fort modestes et qu'il faut escompter un large dépassement de nos chiffres. Les encaissements ne peuvent donc qu’en être proportionnellement accrus.
Importations. — A l'importation, nous avons déjà distingué entre les marchandises pauvres et les marchandises riches.
Les premières, en raison de leur incontestable utilité, devront bénéficier d’un tarif bas : 150 francs, soit 100.000 tonnes à 150 franes = 15 millions (tarif moyen: 300 francs).
Les autres, évaluées arbitrairement à 25.000 tonnes, donneraient au tarif de 900 francs (normal pour des marchandises de luxe ou de demi-luxe) : 22.500.000 francs.
En y ajoutant le produit des tarifs locaux, devant donner d’après le Ministère des Colonies, au minimum 23 millions, nous aurons donc un total de recettes marchandises d’environ 110 millions.
Les Recettes Voyageurs.
D'autre part, en ce qui concerne les recettes voyageurs, nous avons supposé délibérément qu'aucun indigène ne traversera le Sahara (ce qui est certainement faux).
Nous nous sommes contentés de bénéfices procurés par le trafic certain de 2.000 voyageurs européens (aller el retour) utilisant uniquement des automotrices.
Chaque voyage aller et retour doit pouvoir laisser, en
moyenne, un bénéfice de 1.500 francs à l’exploitant, tous frais de trains payés, soit : 1.500X2.000 = 3 millions.
En outre, le trafic des voyageurs soudanais peut procurer facilement un million (22).
Recettes marchandises et voyageurs devraient donc donner un bénéfice total de 115 millions au minimum.
Or, pour le tonnage envisagé, l’Organisme d'Etudes a estimé que ne seraient guère supérieures à 90 millions les dépenses fixes (frais généraux, dépenses de pose, entretien de la voie contre les intempéries et même renouvellement des installations fixes, etc...).
C’està-dire que le Transsaharien commencerait, dès le début, à consacrer 25 millions environ au service de ses capitaux, c’est-à-dire au moins 1/5 de leur charge.
Mais il y a lieu de noter que les prix sont actuellement au plus bas et qu’une hausse, même légère, des tarifs, due à une reprise économique, modifierait sensiblement ce bilan financier dans le sens d’une importante amélioration.
D'autre part, nous ne cacherons pas, à nouveau, notre certitude que les tonnages dont nous avons diminué sciemment les chiffres, seront plus élevés, dès le début de l’exploitation du Transsaharien.
L’accroissement certain du trafic doit ainsi assurer, à très bref délai, l’équipement complet de l’entreprise. Gest l'opinion du Ministère des Colonies (3).
Quant à M. Auguste Brunet, auteur d’un rapport sur le Transsaharien à la Commission des Colonies de la Chambre des Députés, il est encore plus optimiste. Il estime en effet que « la garantie d'intérêt attachée aux obligations, et qui n'aurait à jouer qu’à partir de la mise en exploitation du réseau, c’est-à-dire à compter de la neuvième année, sera purement nominale, le chemin de fer devant faire ses frais si les prévisions que nous formulons avec une entière conviction, confirmées par celles de l'Administration Coloniale
(22) Ces chiffres sont extraits de la note précitée du Ministère des Colonies.
(23) Note précitée du Ministère des Colonies,
LE TRANSSAHARIEN ÉCONOMIQUE ET FINANCIER (y
et par celles des Comités d'experts et d’économistes, sont exactes, dès l’année même de sa mise en marche » (24).
C’est dire que l'affaire doit être rémunératrice, rentable (25).