III. Influence de l’ouverture du Transsaharien
sur le Commerce de l’A. O. F.
Mais c’est surtout dans le domaine commercial que se fera sentir la transformation due à l’ouverture du Transsaharien.
Il sera inévitable, comme nous nous en sommes déjà aperçus, que la mise en service d’un chemin de fer reliant l'Afrique du Nord au Soudan influence les conditions du commerce en À. O. F, Mais il apparaît aussi, que l’action de cette voie ferrée ne pourra s’exercer uniformément sur toutes les parties de notre grande colonie de l’Ouest- Africain.
C’est ce qu’a excellement résumé le Président du Comité d’études du Transsaharien, M. Fontaneilles, dans les lignes suivantes :
« Le Transsaharien trouvera probablement du trafic, non seulement dans les territoires soudanais, mais aussi dans les régions voisines. II faudra donc apprécier, pour chaque partie de l’Afrique Occidentale, si cette partie est comprise dans la zone d'influence d’un point de l’Atlantique ou dans celle des ports méditerranéens. Les zones d’influence auront d’ailleurs des limites différentes suivant la nature du trafic considéré » (3).
L'action du Transsaharien s’étendra, par suite, sur deux zones : « Dans la première elle sera sûre, immédiate et générale; dans la seconde elle ne peut être qu’indirecte, limitée, parcellaire; on ajoutera pour ne rien préjuger : si même elle existe » (4).
(3) FoNTANEILLES. Introduction à l’étude d’un chemin de fer Transsaharien, éditions du Comité du Transsaharien, Paris, 1929, pp. 36 et 37. (DA. DucnÈèxe. L’A. O. F. et le Transsaharien, étude précitée,
IL est, en effet, difficile d'évaluer actuellement l’étendue et même la durée de la zone d’influence. On peut cependant poser en principe que :
1° Un chemin de fer « jeté comme un pont entre deux groupes de population », l’un de 15 millions d’âmes (Afrique du Nord), l’autre d’autant d’humains (A. O. F.) ne peut que provoquer rapidement un important trafic commercial.
2° La zone desservie directement par le Transsaharien et où tout est à faire, ne pourra que prendre un développement considérable, le jour où elle sera reliée au monde civilisé par le chemin de fer.
3° Lorsque le Transsaharien sera transformé en Transafricain, la prospérité de l’A. O. F., lieu de transit (5) des produits centre-africains, ne pourra qu’en être accrue.
4° Le tourisme constituera également un appoint intéressant pour l’A. O. F., surtout si cette colonie organise des circuits automobiles dans le genre de ceux établis en Afrique du Nord ou en Australie centrale (6).
« Ces voyageurs, dont beaucoup seront tentés par la modération des prix que l’Organisme d’études propose d’établir, mais dont beaucoup aussi seront prêts à dépenser largement, parcourront très rarement, tout d’un trait, le trajet à acocmplir entre la Méditerranée et leur point de départ ou de destination » (7).