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LE TRANSSAHARIEN V. LE TRANSSAHARIEN INTERNATIONAL

Cependant, les grandes œuvres françaises du XX siècle doivent, en même temps que nationales, avoir un caractère, présenter un esprit international. Le Transsaharien ne saurait échapper à cette règle, il ne peut même s’y soustraire. =

Nous verrons, dans le chapitre suivant, en étudiant le problème du tracé du Transafricain, que ce dernier ne peut, ne doit aboutir que sur un des ports méditerranéens de notre Afrique du Nord.

Cette situation, si elle accroît, dans des proportions incalculables, notre puissance, nous dicte aussi notre devoir.

Le Transafricain, dont le Transsaharien est nécessairement le premier tronçon indispensable, doit nous ouvrir d'immenses régions de l’Afrique (c’est ce que nous examinerons dans le chapitre suivant), actuellement et pour longtemps, seul débouché intéressant pour une Europe arrivée à un tel degré de concentration industrielle que la quantité de produits fabriqués dépasse largement ses besoins, sans même fournir du travail à tous ses habitants.

Il faut donc qu’elle résorbe le trop-plein de son potentiel économique constitué par des capitaux et son outillage.

Or « seuls les grands travaux d'utilité publique dispersent les capitaux en les rendant à la circulation » (22).

Cependant, ce remède n’est admissible qu’autant qu’il peut créer des débouchés nouveaux, un pouvoir accru de consommation. Où les trouver, sinon dans cette Afrique d’une immense étendue, dont le niveau économique et social est très au-dessous de celui de la moyenne de l’humanité ? Tandis que, d'autre part, de par sa situation géographique, ses besoins comme ses productions ne seront jamais que complémentaires des nôtres et contribueront au commun enrichissement des deux continents européen et africain !

« En résolvant ainsi le problème vital de ses débouchés, par ses propres moyens, et sans rester hynoptisés par ce qui arrive à l’est ou à l’ouest, l’Europe peut retrouver son équilibre » beaucoup mieux qu’en fédérant, d’une manière

(22) Commandant be Bayser. Le Siècle de l'Afrique. article paru dans L'Africain du 10 septembre 1933, |

que l’on s’imagine avantageuse pour tous, l’Europe centrale et orientale agricole et l’occident industriel.

Si l’Europe industrielle (Europe A) équipait l'Europe B (agricole) qui, en retour, lui fournirait ses produits, a imaginé M. Francis Delaisi, ne pourrait-on créer une Fédération économique européenne, assurant la paix et le bonheur de l’Europe ?

Mais ce plan, s’il était appliqué, présenterait deux écueils :

1° Les produits agricoles de l’Europe B ne viendraientils pas menacer et écraser l’agriculture de nos pays occidentaux déjà péniblement défendue ? (Voir question des blés ou des bois de l’Europe centrale, par exemple.)

2° Si l'Europe B était équipée industriellement (l’exemple du dumping soviétique le démontre) que deviendraient les industries de l’Europe À ?

De tels dangers ne peuvent être redoutés avec la mise en valeur de la zone tropicale de l'Afrique. D’une part, son agriculture ne pourra concurrencer la nôtre, de l’autre, son industrie, pour divers motifs, (climat, mauvaises conditions de lancement, difficultés de rendement d’une main-d'œuvre apte), sera toujours assez rudimentaire.

Du reste, « le commerce extérieur de l’Europe centrale et orientale atteint à peine le dixième de celui de notre Occident. Il est évident qu’il se développe, mais pas au point cependant de nous restituer ce que la crise nous a fait perdre, non plus que d’assurer un débouché tant soit peu sûr, tant soit peu étendu aux produits français » (23).

Dans la voie de la mise en valeur de l’Afrique, qui sera si fructueuse, au contraire, pour l’Europe tout entière, celle-ci ne peut rien faire sans le concours de la France et de l’Angleterre, les deux principales puissances colonisatrices.

La France se doit de prendre la tête du mouvement qui sera suivi par les autres nations ayant des possessions en Afrique : la Grande-Bretagne, la Belgique, l'Italie, l'Espagne et le Portugal.

Le Transsaharien, amorce du Transafricain, sera la première manifestation de cet état d'esprit « eurafricain ».

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(23) E. Bérime. L’Heure de la France, ouvrage déjà cité, préfacé par M. de Monzie, Re Der F

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