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CHAPITRE PREMIER

AVANT-PROPOS

Du Transsaharien au Transafricain.

Si, devant la puissance du faisceau des preuves accumulées en faveur du Transsaharien par ses partisans, le nombre de ses adversaires décroît, il n’en reste pas moins qu’un nouveau facteur est venu, depuis peu d’années, peser de tout son poids, sur le fléau de la balance, en faveur de l’exécution immédiate de ce chemin de fer !

Ce facteur, c’est le projet de Transafricain, dont le Franssaharien ne serait que l’amorce (1).

Ce projet devrait suffire à départager partisans et adversaires, Car son ampleur même impose le respect et suscite l’enthousiasme (2). Nous verrons qu'il n’en est rien malheureusement et que, parfois, des polémistes de talent, au caractère et à la conviction desquels il convient de rendre hommage, ont aiguisé leur plume contre le Transafricain plus encore peut-être que contre le Transsaharien.

(1) Dans le projet de Transsaharien établi en 1922-1923, par M. Fonteneilles, il avait déjà paru « impossible dans l’examen d’un projet de tranissaharien de passer sous silence le rôle capital que pourrait jouer cette artère, voie d'accès à l’Afrique Centrale si on la prolonge à partir du Niger par la ligne transsoudanaise atteignant d’abord le lac Tchad et ensuite les rives de l’Oubanghi, principal affluent du Congo ». (2) Article paru dans le journal quotidien Le Petit Niçois du 23 juin 1933, :

Citons du moins, pour l'instant, ces phrases d’un converti, M. Georges Boussenot, dont il est interdit de nier l’autorité de spécialiste des questions coloniales (S) :

« La campagne faite très habilement dans le pays par le Comité du Transafricain a porté ses fruits. Il y a eu tout récemment des interventions qui, par la qualité, l’autorité et le prestige de ceux qui s’y sont livrés, sont évidemment impressionnantes sinon décisives : l’adoption de la motion de la Commission coloniale du parti radical et radicalsocialiste est de celles-là. »

« A l'origine, il faut bien le dire, l’ambiance ne fut pas très favorable. L'expression « transsaharien » avait été plutot malheureuse. On ne pouvait, en effet, prétendre galvaniser l'opinion publique avec un projet qui consistait à établir une voie ferrée dans le Sahara, c’est-à-dire dans une région connue pour sa stérilité. Et de fait, de l’avis même des protagonistes dudit projet, la ligne considérée devant unir le bassin du Niger à la Méditerranée n’est, dans les 9/10° de son parcours, qu'un simple instrument d'évacuation rapide des produits récoltés dans la région située au sud de son terminus méridional. Le train, dans ces conditions, n’est pas l'outil propre à la mise en valeur des espaces traversés, aujourd’hui incultes, c’est un véritable cargo du désert, rien de plus. »

Nous n'avons pas à discuter ici, à nouveau, cette conclusion, dont nous espérons avoir fait litière par ailleurs, dans la partie de l’ouvrage consacrée au Transsaharien.

Cependant, il convenait de donner ce passage pour faire ressortir davantage la transformation provoquée, dans l’esprit de l’auteur, par le projet de Transafricain branché sur le Transsaharien.

Laissons continuer M. Boussenot :

« C’est contre la réalisation de cette conception-là (du Transsaharien) que bien des gens — et j'en fus — se sont

(3) M. Boussenot est Président du Syndicat de la Presse coloniale. — Voir également, à ce sujet, article du général Messimy. Transsaharien cu Transafricain, dans /{lustration du 24 août 1929 et, en réponse à Pargamentation de M. Caillaux, celui de M. Pierre Mille : La charrue avant les bœufs, dans l'£re Nouvelle du 25 novembre 1933.

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