‹ Le travail dans l'Europe moderneChapitre 102 sur 151 · Voir d'Avenel, Paysans et ouvriers, p. -28-29 et 6o-C · texte numérisé non relu

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Paris, imposer uu maximum aux salaires ruraux, reuxei remontent jusqu'à J'avènement de Richelieu. Puis, jusqu'à la fm de la période glorieuse et prospère du règne de Louis XIV, une nouvelle baisse parait se marquer. La dépopulation relative qui se produit ensuite semble l'enrayer : dans la période 1685-1715 les manœuvres agricoles gagnent en moyenne 8 à 9 sous par jour ; mais ce léger relèvement du prix de leur journée, dont le bon marché de la vie Tehaussait la valeur, fut sans doute compensé par l'aggravation des impôts et par l'accroissement du chômage, qui diminuait encore le chiffre normal, lui-même déjà très réduit (180 environ par an), des jours de travail.

Sous la Régence et sous le ministère de Fleuri' une légère hausse continue à se marquer, analogue à celle qui s'était produite au temps de Henri IV et de la minorité de Louis XIII. Mais à partir du milieu du siècle, si le salaire nominal reste en .général stationnaire, le salaire réel diminue rapidement en raison du renchérissement des denrées, qui résulte lui-même de l'augmentation du nombre des consomniateurs. Contrairement aux affirmations tendancieuses des propriétaires et des riches cultivateurs qui se plaignaient de manquer de bras, le progrès de la population dépasse celui de l'agriculture ; la maind'œuvre doit «'offrir au rabais, sans tenir compte de l' élévation du coût de la vie.

Le prolétariat rural conserve-t-il au moins les ressources que lui offrait la vaine pâture ? Dans la plupart des pays, un usage immémorial autorisait le journaher sans terres à faire paître sur les terrains libres une vache et quelques brebis. Mais dès le xvi^ siècle, dans beaucoup de provinces, en Languedoc, en Provence, on réserve le droit d'envoyer des bestiaux chercher leur vie à travers champs aux seids propriétaires ou aux cultivateurs aisés, De même dans les forêts, les multiples droits de paisson, de glandée, de ramage, permettaient au tanneur de prendre des écorces.

au boulanger des taillis, au potier du charbon, à tout habitant de la paroisse le bois nécessaire à sa consommation : avec l'agrément du roi (1515 et 1518), les seigneurs prétendent réduire si jalousement cette jouissance traditionnelle que les plaintes des usagers lésés se font entendre jusqu'aux Etats Généraux (1576 et 1579). Le gouvernement de Henri IV et de Sully marque un temps d'arrêt dans cette dépossession progressive des campagnards : certains usages forestiers sont rétablis ; certaines communautés qui avaient aliéné les leurs sont autorisées à les racheter ; les intéressés défendent leur bien avec énergie, et la jurisprudence les favorisé. « Défense à l'évêque de Montpellier d'inféoder les terrains de pâture, lors même qu'ils pourraient être mis en culture. » Ailleurs, la mise en valeur et l'appropriation individuelles sont-elles déjà un fait accompli, les juges décident « qu'il sera vérifié par experts si, en dehors des landes nouvellement converties en prairies, les landes conservées suffisent à la dépaissance des bestiaux ^ ».

Mais bientôt les lourdes charges que les dépenses de la guerre de Trente Ans font peser sur les paroisses obligent nombre d'entre elles à vendre définitivement leurs droits : dans certains cantons de la Provence cet abandon forcé amène un exode général des cultivateurs. Un siècle plus tard les tribunaux, s'inspirant des intérêts de la sylviculture ou d'une économie agricole plus intensive, inchnent décidément vers la restriction des jouissances communautaires. « Naguère, écrit un curé normand en 1774, nos pauvres avaient la faculté de faire un fagot de bois dans la forêt ; elle leur est désormais totalement ôtée ^ » Dans le même temps, l'étendue de ces friches et marais dont on avait coutume de dire que « la nature les avait créés exprès pour servir en commun aux habitants du pays »

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