Même ouvrage, p
n'a cessé de diminuer. Henri IV lui-même avait donné le signal des vastes dessèchements, et les entreprises de Bradley avaient soulevé les colères des riverains, privés de la pêche qui les faisait vivre. Les défrichements opérés pendant la seconde moitié du xviii® siècle provoquent des protestations encore plus vives : ce sont les riches qui s'emparent des meilleures terres vagues, et les compagnies concessionnaires vont jusqu'à dépouiller les paysans de terres qui leur appartiennent, mais que la misère les a forcés de laisser incultes, lorsqu'ils ne peuvent pas présenter leurs titres. Même la simple privation de l'usufruit collectif dont ils avaient joui pendant des siècles suffisait à rendre très précaire l'existence des pauvres gens des campagnes, et ce qui va aggraver encore leur condition, c'est que, pour emprunter les termes d'un contemporain, « les gros fermiers disposeront avec plus de tyrannie des journées des ouvriers», maintenant que ceux-ci sont écartés de toute participation directe aux productions de la terre ^
La transformation qui s'accomplit parallèlement dans le régime des communaux aboutit au même résultat. Déjà Louis XI avait autorisé les seigneurs à s'en approprier le tiers, pourvu qu'ils abandonnassent toute prétention sur le reste. Ces règlements en triage avaient donné heu à des abus auxquels la grande ordonnance des Eaux et Forêts de 1667 essaya de porter remède : elle spécifia que le seigneur n'aurait droit à cette appropriation partielle que lorsque la concession primitive du terrain aux habitants avait été gratuite, et à condition encore que les deux tiers restants fussent suffisants pour l'usage de la paroisse. Mais le plus souvent c'étaient les prétentions du seigneur qui triomphaient.
D'autre part, pendant les guerres de religion, maintes communautés s'étaient trouvées forcées d'aliéner leur