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Mouvement physiocratique, t. II, p

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domaine collectif ; les charges qu'entrame la gtierre de Trente Ans, laÀuisère que causent les troubles de la Frande, entraînent de nouvelles aliénations. Pour prévenir toute nouvelle usurpation et le gaspillage du patrimome des générations futures, Colbert prend le parti de les interdire absolument (1667 et 1669); mais, contre son désir, il arrive que les riches accaparent les fruits de la propriété commune. En Picardie, en Normandie, en Bretagne, le nombre des bestiaux que chacun est autorisé à envoyer sur le communal est proportionnel à l'étendue des terres qu'il possède ; en Artois les manoeuvres sans propriété n'ont pas le droit de pâture sur le pré paroissial.

Dans un grand nombre de pays cependant, la coutume fixe à un chiffre unifonne le nombre de têtes de bétail que chaque habitant peut y mener, et il est hors de doute que « la partie souffrante de l'humanité », comme s'exprime un arrêt du xvni^ siècle, en tire une bonne part de sa subsistance K Mais cette jouissance indivise*est trop directement contraire aux nécessités d'une production intensive pour qu'elle ne soulève pas alors de vives réclamations : dès 1750, dans les généralités d'Auch et de Pau, les communaux commencent à être partagé». Le gouvernement, une fois de plus, intervient pour défendre, autant qu'il est possible, les intérêts du menu peuple ; il décide (arrêt de 1769) que les tenues à partager seront réparties par portions égales entre tous les ménages, que les parts seront indivisibles, inaliénables, insaisissables, héréditaires en Mgne directe seulement, et que tout habitant n'en pourra réunir deux entre ses mains. Malgré tout, « dans beaucoup d'endroits, les grands propriétaires se poui^vurent largement. En Champagne, en Bourbonnais, en Franche-Comté, en Lorraine, en Barrois, en Béarn, des terres vagues ne sortent de l'indivision que pour passer à un seul propriétaire" )'.

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