‹ Le travail dans l'Europe moderneChapitre 112 sur 151 · Voir Jannet, passage cité · texte numérisé non relu

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la banlieue. A la fin du xviii^ siècle, bien que la dépopulation générale du pays ait éclairci leurs rangs, si vaste était l'étendue des friches que le travail leur manquait pendant les deux tiers de l'année ; et dans le plein même de la saison, la concurrence entre eux était si vive que leurs salaires dépassaient rarement vingt sous par jour i.

Avec cela les seigneurs, qui pour la plupart sont d'origine étrangère, n'hésitent pas, pour soutenir leur luxe, à asseoir sur le commerce riu-al de scandaleux monopoles qui grèvent d'autant le labeur agricole et la vie même de& campagnards. Abusant de l'insécurité qui, par leur faute, règne dans le pays, ils contraignent les marchands à acheter très cher des saufs-conduits pour chaque troupeau qu'ils mènent de marché en marché, à tant par tête. Sur les chemins ils ne laissent subsister qu'un petit nombre d'auberges, qu'ils ont affermées, et dont les tenanciers se remboursent largement de leurs avances et de leurs risques en exploitant de leur mieux la chentèle forcée. Enfin, ils accaparent tous les prodmts du pays et ceux de l'étranger, de manière à acheter les uns aux plus bas prix et à revendre les autres au plus haut. Dès le règne de Charles- Quint, combien de paysans, exaspérés par ce système savant d'extorsions, préfèrent fuir .dans les montagnes, où ils mèneront la vie plus libre et à peine plus précaire des brigands !

Les commerçants des villes ne sont guère plus heureux. S'ils ne subissent que le contre-coup des exactions seigneuriales, ils sont les premières victimes de la fiscalité monarchique. Pierre de Tolède a beau les déhvrer de la concurrence des Juifs chassés d'Espagne, qui avaient cru trouver dans la vice-royauté un asile, ou encore instituer des Monts- de- Piété pour abaisser le taux de fin-, térêt. Comment leurs affaires pourraient-elles prospérer, quand toutes les marchandises, à l'entrée et à la sortie,

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